Sugarcreek Amish Mysteries (Saison 1, épisodes 1 et 2) : entre douceur bucolique et manque de peps

Sugarcreek Amish Mysteries (Saison 1, épisodes 1 et 2) : entre douceur bucolique et manque de peps

Si vous avez l'habitude de traîner sur UP Faith & Family, vous savez exactement où vous mettez les pieds avec Sugarcreek Amish Mysteries. Dès les deux premiers épisodes, la couleur est annoncée. C’est du pur divertissement familial, très calme, presque trop. Pour tout vous dire, on a l'impression d'être devant un téléfilm Hallmark qui aurait décidé de réduire encore un peu plus son budget et son rythme. C’est mignon, certes, mais ça manque parfois cruellement de relief. Le premier épisode nous sert une introduction vue et revue. Cheryl Cooper plaque sa vie citadine après une rupture pour se poser à Sugarcreek. 

 

Après une rupture, Cheryl reprend une boutique de cadeaux Amish à Sugarcreek. D'étranges animaux en peluche, un enlèvement et des querelles cachées la forcent, Naomi et Levi à se lancer dans une quête palpitante.

Ce n'est pas l'idée du siècle, mais ça permet de poser le décor. Sa boutique devient vite le quartier général de la série, le lieu où tout le monde se croise et où les petites histoires du coin se dévoilent. On comprend vite que le magasin est surtout un prétexte pour nous présenter les locaux. Côté intrigue, on commence doucement avec des histoires de petits vols et un mystérieux intrus. Le souci, ce n'est pas que l'enjeu soit minime, c'est surtout que le traitement traîne en longueur. On se retrouve avec des dialogues qui s'éternisent sans vraiment faire avancer l'enquête. L'ambiance est volontairement zen, mais à force de vouloir être apaisant, le récit finit par faire du surplace. 

 

Là où Hallmark arrive généralement à garder un minimum de tension sous la couche de sucre, ici, on cherche encore le petit frisson ou l'envie de savoir la suite. Cheryl joue son rôle de pièce rapportée face à la communauté Amish. Sa relation avec Naomi est sans doute ce qu'il y a de plus intéressant au début, car elle apporte un petit quelque chose en plus, même si ça reste très sage. Quant à la résolution de l'enquête, elle arrive sans aucune résistance. On voit tout venir de loin, et c’est un peu dommage pour l'implication émotionnelle. Heureusement, le deuxième épisode redresse un peu la barre. On bascule sur quelque chose de plus intime, avec une disparition liée au passé et des messages cryptiques. 

Ça donne un peu plus de corps à l'histoire. Cheryl semble aussi plus à l'aise dans ses baskets, ce qui rend ses échanges avec les autres plus fluides. La relation avec Naomi gagne en épaisseur et on commence à voir pointer le personnage de Levi. Une petite romance se dessine en arrière-plan, mais comme tout le reste, c’est traité avec une pudeur extrême. On ne risque pas d'être bousculé. Pourtant, le problème du rythme persiste. Même quand l'histoire est plus solide sur le papier, la mise en scène refuse la moindre tension. Les révélations s'enchaînent de façon très linéaire, sans que l'on ressente de véritable impact ou de surprise. La série semble avoir peur du conflit, ce qui finit par lisser totalement le récit.

 

Visuellement, on est sur du très classique. Les paysages ruraux sont jolis, les intérieurs sont chaleureux, mais on oublie tout à peine l'écran éteint. C’est une esthétique confortable qui renforce ce sentiment de petite production. Il manque une signature visuelle, un truc qui ferait sortir Sugarcreek du lot des fictions génériques. On n'échappe pas non plus aux thèmes de la foi, du pardon et de la solidarité. C’est le cœur du programme et ça s'intègre plutôt bien, même si la subtilité n'est pas toujours au rendez-vous. La série reste dans sa zone de confort absolue. Elle ne veut froisser personne et propose une vision très idéalisée, presque féerique, de la vie Amish. Les rapports avec le monde moderne sont simplifiés à l'extrême, ce qui nous éloigne parfois un peu de la réalité, mais c'est le genre qui veut ça.

Au final, si on compare ces deux épisodes, il y a quand même un petit mieux sur le second. On sent que le potentiel est là, tapis sous la surface, si seulement les scénaristes acceptaient de prendre un tout petit peu plus de risques. Pour l'instant, Sugarcreek Amish Mysteries ressemble à une version light de ce qu'on connaît déjà par cœur. C'est idéal pour débrancher le cerveau après une grosse journée, mais il manque encore l'étincelle pour qu'on devienne vraiment accro à ces mystères de campagne. On attend de voir si la suite saura nous surprendre davantage ou si elle continuera tranquillement son petit bonhomme de chemin.

 

Note : 3.5/10. En bref, pour l'instant, Sugarcreek Amish Mysteries ressemble à une version light de ce qu'on connaît déjà par cœur. C'est idéal pour débrancher le cerveau après une grosse journée, mais il manque encore l'étincelle pour qu'on devienne vraiment accro à ces mystères de campagne. 

Prochainement en France

 

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