Sugarcreek Amish Mysteries (Saison 1, 8 épisodes) : un cozy mystery qui patine

Sugarcreek Amish Mysteries (Saison 1, 8 épisodes) : un cozy mystery qui patine

Je me suis lancé dans la première saison de Sugarcreek Amish Mysteries avec pas mal de curiosité. Sur le papier, huit épisodes de cozy mystery au cœur d'une communauté amish dans l'Ohio, ça changeait des polars sombres et sanglants dont on est abreuvés. Le concept de l'enquête tranquille, sans violence visuelle, dans un cadre ultra-traditionnel, était plutôt tentant. Mais après avoir bouclé la saison, je dois avouer que le voyage a été laborieux et que le résultat me laisse un goût d'inachevé. L'histoire nous plonge aux côtés de Cheryl Cooper. Cette ancienne citadine de Chicago plaque tout après un gros coup dur pour repartir de zéro. 

 

Elle atterrit à Sugarcreek, reprend la boutique de souvenirs de sa tante et commence à s'habituer au rythme local. La tranquillité ne dure pas : très vite, Cheryl se retrouve mêlée aux histoires des habitants. Disparitions, vols mystérieux, vieux secrets de famille enfouis depuis des décennies... La voilà transformée en détective improvisée au milieu d'une communauté qui n'aime pas trop qu'on fouille dans ses affaires. Si le pitch fonctionne, le gros point noir de cette saison reste le rythme. C'est lent, parfois beaucoup trop lent. On sent que la série veut installer une atmosphère paisible et reposante, propre au genre, mais elle tombe trop souvent dans la monotonie. Plusieurs épisodes donnent l'impression de tourner en rond pendant trois quarts d'heure pour pas grand-chose, avant d'apporter enfin un élément concret à la toute fin. 

 

À force d'hésiter entre pure enquête policière et chronique de la vie quotidienne, la série finit par s'endormir, et nous avec. Du côté des intrigues, ce n'est pas foncièrement mauvais, mais on ne peut pas dire qu'on soit scotché au canapé. Les mystères manquent cruellement de peps et de surprise. Les révélations tombent à plat, sans qu'on ait ressenti la moindre montée de tension. Et puis, il faut bien le dire, les résolutions sont souvent téléphonées. La série utilise jusqu'à la corde la recette des secrets de famille et des vieilles rancœurs locales. Ça passe sur un ou deux épisodes, mais sur une saison entière de huit chapitres, cette formule montre vite ses limites et devient ultra-répétitive.

 

Ce qui m'a aussi marqué, c'est cette sensation bizarre d'être face à une production le cul entre deux chaises. D'un côté, la série calque son style sur les vieilles fictions familiales américaines des années 90, avec une réalisation très sage, des dialogues ultra-explicatifs où les personnages racontent tout ce qu'ils ressentent, et un calme plat permanent. De l'autre, on sent quelques tentatives de modernité, que ce soit à travers le caractère plus affirmé de Cheryl ou certaines thématiques un peu plus actuelles. Ce mélange donne une identité étrange à l'ensemble, comme si le show ne savait pas s'il devait plaire aux nostalgiques ou à un public d'aujourd'hui. Pour ce qui est des personnages, Cheryl fait le job, elle est plutôt sympathique, mais elle manque d'un petit truc pour être vraiment marquante. 

 

Son statut d'outsider permet de découvrir le mode de vie amish sans préjugés, ce qui est une bonne chose, mais son évolution reste très convenue. Même chose pour sa relation avec Levi : tout est tellement mesuré et plein de retenue qu'on a du mal à vibrer ou à ressentir une vraie alchimie. Heureusement, le personnage de Naomi apporte un peu de chaleur. C'est la figure bienveillante de la communauté, et ses discussions avec Cheryl font partie des meilleurs moments de la saison. Dommage que le reste de la distribution secondaire soit si peu exploité. La série n'hésite pas non plus à intégrer la foi chrétienne, le pardon et l'entraide au cœur de son récit. C'est logique vu le décor, et pour être honnête, cela ne m'a pas dérangé. 

 

Ce n'est pas fait de manière trop agressive, même si certains dialogues enfoncent parfois des portes ouvertes. Visuellement, les paysages ruraux offrent un cadre plutôt joli, mais la mise en scène reste très plate, digne d'un téléfilm d'après-midi. Les deux derniers épisodes relèvent un peu le niveau en proposant des enjeux plus personnels et des enquêtes mieux ficelées, mais le train est déjà passé. Au final, cette première saison de Sugarcreek Amish Mysteries ne m'a pas convaincu. Si vous cherchez un programme ultra-doudou, sans aucune violence, pour déconnecter sans réfléchir, ça peut passer. 

 

Note : 4/10. En bref, si vous espériez un cozy mystery un minimum dynamique, passez votre chemin.

Prochainement en France

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article