The Cage (2026) (Saison 1, 5 épisodes) : une bonne pioche qui finit en impasse

The Cage (2026) (Saison 1, 5 épisodes) : une bonne pioche qui finit en impasse

Quand on lance le premier épisode de The Cage, on a envie d'y croire. Le pitch a ce petit côté efficace qu’on aime bien : deux employés de casino, une arnaque interne qui dérape et un engrenage qui s'emballe. Et puis la présence de Sheridan Smith au casting, une actrice valeur sûre que j’aime beaucoup. C’est le genre de thriller social qui, s’il est bien dosé, peut vite devenir addictif. Pourtant, après avoir avalé les cinq épisodes de cette première saison, le constat est plus nuancé. La série a des idées, c’est certain, mais elle semble s'être un peu emmêlé les pinceaux en cours de route. Le principal souci, c'est l'urgence. Dès le départ, la série nous balance tout au visage. 

 

Deux employés de casino découvrent qu'ils volent tous les deux dans le même coffre, les mêlant l'un à l'autre, au gangster qu'ils cambriolent et à la police.

 

On nous présente les personnages, les enjeux et les premières galères sans nous laisser le temps de respirer. On a l’impression que les scénaristes avaient peur qu'on s'ennuie, alors ils ont blindé l'intro. Le problème, c’est qu'en voulant aller trop vite, on perd en profondeur. On voit les choses arriver, on suit le mouvement, mais on n'a pas vraiment le temps de comprendre ce qui fait vibrer les protagonistes. On se retrouve avec une narration un peu chargée qui tente de construire sur des fondations qui manquent de stabilité. Le duo central, Leanne et Matty, aurait dû être le point fort du show. C’est leur dynamique qui porte l’histoire, ou du moins, c'est ce qui était prévu. 

 

Mais voilà, l’alchimie met une éternité à s’installer. Leanne reste longtemps enfermée dans un rôle assez rigide, presque prévisible, ce qui empêche de vraiment ressentir ses dilemmes. De son côté, Matty change de cap un peu trop souvent. On ne sait jamais trop sur quel pied danser avec lui, et pas forcément dans le bon sens du terme. Au final, on regarde leurs mésaventures d’un œil un peu lointain, sans que notre petit cœur ne batte vraiment pour eux. Ce manque d'attachement vient aussi d'un choix d'écriture assez frustrant : les infos capitales sur leur passé tombent comme des cheveux sur la soupe. 

 

On dirait que la série réalise à mi-parcours qu’on ne s’intéresse pas assez à eux, alors elle nous balance des flashbacks ou des révélations tardives pour essayer de créer de l'empathie. C’est un peu comme essayer de réparer une fuite d'eau avec du ruban adhésif : ça se voit et ça ne règle pas le problème de fond. C’est d’autant plus dommage que le cadre du casino est sous-exploité. Il y avait de quoi faire un truc dingue avec cet univers clos, artificiel et un peu poisseux. Mais le décor finit par devenir un simple arrière-plan interchangeable. On oublie presque qu'ils bossent dans un casino, alors que ce lieu aurait pu (et dû) être un personnage à part entière, un moteur de tension permanente.

 

L’intrigue, elle, part un peu dans tous les sens. Mafia, dettes, flics, problèmes de famille... The Cage veut toucher à tout. On connaît ces codes, on les accepte, mais il manque ce liant qui fait qu'une série tient debout. Certaines scènes traînent en longueur pour rien, tandis que des moments clés sont expédiés en deux minutes. Ce déséquilibre casse le rythme. Après un début pied au plancher, la série commence à faire du surplace et les rebondissements tombent souvent à plat parce qu’on ne les a pas vus venir pour les bonnes raisons. Même chose pour les seconds rôles qui font acte de présence sans jamais vraiment exister. Ils sont là pour faire avancer le schmilblick, mais ils manquent cruellement de relief. 

 

Et ne parlons pas du ton général : la série hésite constamment entre le drame pur et dur et des petites pointes d'humour ironique. Pourquoi pas, mais ici, le mélange ne prend pas vraiment. On ne sait jamais trop si on doit prendre la situation au sérieux ou en rire. Visuellement et musicalement, c'est le même combat. On sent une volonté de créer une ambiance "signature", mais c'est parfois un peu trop appuyé. La musique nous dicte ce qu'on doit ressentir au lieu de souligner discrètement l'émotion. C’est un peu dommage, car ça renforce ce sentiment de "trop-plein" alors que la série aurait gagné à être plus épurée.

 

Le final vient confirmer cette impression de gâchis. La résolution arrive de manière assez abrupte, comme si les scénaristes devaient boucler l'affaire en un temps record. Des situations présentées comme inextricables se règlent avec une facilité déconcertante, ce qui laisse un petit goût d'inachevé. 

 

Note : 4.5/10. En bref, The Cage n'est pas une mauvaise série en soi, mais elle passe à côté de son potentiel. Il y a de bons ingrédients, des moments de tension qui fonctionnent et une envie de bien faire, mais l'exécution manque de finesse. C’est une saison qui se regarde, mais qui s’oublie malheureusement aussi vite qu’elle a été consommée.

Prochainement sur France Télévisions

 

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