9 Mai 2026
CIA // Saison 1. Episode 10. Rare Earth.
La première saison de CIA continue de creuser son sillon autour de cette fameuse taupe infiltrée chez Fusion Cell. Avec l’épisode 10, baptisé "Rare Earth", on sent que les scénaristes ont enfin décidé de passer la seconde. Jusqu’ici, on tournait un peu en rond avec des soupçons qui n’aboutissaient à rien, mais cette fois, le rythme change. Ce qui frappe surtout, c'est l'évolution de la dynamique entre Bill Goodman et Colin Glass. Depuis le lancement de la série, le duo FBI/CIA ressemblait plus à un mariage forcé qu’à une véritable collaboration. On restait souvent en surface. Dans cet épisode, les deux mondes s'entrechoquent enfin pour de vrai.
Bill, le puriste du FBI accro aux procédures, commence à piger que pour avancer dans ce panier de crabes, il va devoir salir un peu son badge. De l’autre côté, Colin met ses vannes de côté. Il est plus direct, plus investi, et ça fait du bien de voir un peu de sincérité chez lui. Cette alliance fonctionne parce qu’elle est construite sur des sables mouvants. La confiance est loin d'être totale, mais Bill commence à se dire que Colin n'est peut-être pas le méchant de l'histoire. Bon, on ne va pas se mentir (oups, réflexe), c'est un peu rapide. On nous demande d'accepter cette nouvelle fraternité sans qu'il y ait eu la grosse explication de texte qu'on attendait.
/image%2F1199205%2F20260509%2Fob_0fde7f_vlcsnap-2026-05-08-14h47m57s991.png)
C’est efficace, certes, mais un poil facile scénaristiquement parlant. L’enquête du jour nous emmène sur un terrain original : le trafic de minerais rares impliquant des diplomates d’Amérique centrale et un cartel aux méthodes radicales. C'est un changement de décor sympa par rapport aux affaires criminelles classiques qu'on bouffe à longueur de journée dans les séries procédurales. Parler de ressources stratégiques et de géopolitique apporte une vraie plus-value à l'épisode, sans que ça devienne un cours magistral indigeste. Le récit reste fluide. On ne perd pas de temps en bavardages inutiles. Entre la surveillance illégale, les diplomates qui tombent comme des mouches et cet agent de la NSA dont la famille est prise en otage, les enjeux sont là.
Alors oui, certains rebondissements se voient venir à des kilomètres, mais l’alchimie entre les personnages sauve les meubles et maintient l'intérêt. L'introduction de Robert Davis rajoute aussi une couche de stress bienvenue. Le pauvre gars est coincé entre le marteau (le cartel) et l'enclume (les autorités). Sa panique est communicative et illustre bien les dommages collatéraux de ces guerres de l'ombre. C’est juste dommage que son temps à l’écran soit un peu limité, on aurait aimé creuser davantage sa détresse. Le vrai gros morceau de l’épisode, c'est de voir Bill basculer doucement vers le côté obscur, ou du moins vers les zones grises. La série a toujours misé sur le contraste entre la rigueur du FBI et le côté cowboy de la CIA.
/image%2F1199205%2F20260509%2Fob_0c6b46_vlcsnap-2026-05-08-14h48m43s427.png)
Ici, Bill lâche prise. Il laisse Colin gérer un interrogatoire avec des méthodes franchement discutables sur le plan moral. C’est un tournant majeur pour lui. Il ne devient pas un ripou pour autant, mais il réalise que les règles du jeu ont changé. La vérité a un prix, et parfois, il faut s'asseoir sur le règlement pour l'obtenir. Cette adaptation de Bill à son environnement rend le personnage beaucoup plus intéressant et moins prévisible que dans les premiers épisodes. Quant à Colin, il gagne en épaisseur. Sous ses airs de mec qui s'en fout, on voit qu'il est encore hanté par ce qui est arrivé à Toni.
La scène où l'on découvre son tableau de bord clandestin est capitale : on comprend qu'il mène sa propre guerre en solo depuis une éternité. Ça lui donne une dimension de justicier solitaire qui lui va plutôt bien. Par contre, là où le bât blesse, c'est sur l'identité de la taupe. La série semble pointer Nikki du doigt avec la délicatesse d'un bulldozer. Entre les clins d'œil insistants sur le Montana, son comportement bizarre quand Gina fouine dans les serveurs et ses discussions louches avec Jubal, le suspense en prend un coup. C’est le principal défaut de l'écriture actuelle : ça manque de finesse. Dans un thriller d'espionnage, on aime être baladé, on veut des fausses pistes crédibles.
/image%2F1199205%2F20260509%2Fob_bd861f_vlcsnap-2026-05-08-14h49m30s148.png)
Ici, on a l'impression que la production veut boucler l'intrigue au plus vite avant le final de la saison, quitte à sacrifier la surprise. Les révélations s'enchaînent de manière un peu artificielle. Il reste aussi des zones d'ombre sur la chronologie de l'enquête de Colin. Si la taupe est dans le viseur depuis la mort de Toni, pourquoi certaines recherches semblent-elles démarrer seulement maintenant ? C’est un peu flou et ça crée des petites incohérences qui pourraient faire tiquer les spectateurs les plus attentifs.
Note : 5/10. En bref, ce dixième épisode de CIA ne révolutionne pas la série, mais il pose des bases solides pour la suite. L'équilibre entre action pure et psychologie des personnages commence à prendre forme. On a enfin un duo qui fonctionne et des enjeux qui dépassent le simple cadre du bureau. Il reste quelques épisodes pour transformer l'essai et nous offrir un final à la hauteur, en espérant qu'ils gardent quelques cartes dans leur manche pour nous surprendre vraiment.
Prochainement en France
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog