29 Avril 2026
CIA // Saison 1. Episode 9. Blood Money.
On arrive doucement vers la fin de cette première saison de CIA et l'étau est censé se resserrer autour de la fameuse taupe. Sur le papier, la recette fonctionne toujours. On nous vend de la paranoïa, des regards en coin dans les couloirs de l'agence et cette petite musique du tout le monde suspecte tout le monde. Mais voilà, après quarante-cinq minutes de visionnage, je reste sur ma faim. J'ai eu l'impression de regarder un train avancer sur des rails bien droits : c'est propre, mais il n'y a aucun frisson. Dès l'ouverture, j'ai senti un parfum de déjà-vu assez tenace. L'enquête de la semaine nous plonge au cœur d'une famille liée à un réseau terroriste.
Classique. On y trouve des secrets de famille, des engueulades et des trahisons internes. Le souci, c'est que le scénario est tellement balisé qu'on devine la suite trois scènes à l'avance. Quand les indices sont balancés avec la subtilité d'un coup de massue, l'intérêt chute forcément. Pour un thriller d'espionnage, c'est quand même dommage de ne jamais être pris à contrepied. En regardant cet épisode, j'ai eu la sensation de revenir vingt ans en arrière. Le ton, la mise en scène, la façon dont les agents infiltrent les lieux... tout rappelle ces séries des années 2000. Ce n'est pas un crime en soi, mais en 2026, on attend peut-être un peu plus de modernité ou au moins un petit grain de folie.
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Là, tout est très scolaire. Les motivations des méchants sont claires comme de l'eau de roche et les rebondissements tombent à plat parce qu'on les voit venir de loin. C’est là que le bât blesse : dans une histoire d'espions, on a besoin de douter. On a besoin de se dire "Ah, je ne l'avais pas vu venir celui-là !". Ici, l'épisode semble surtout là pour cocher des cases et remplir le quota de minutes avant le grand final. C'est plus utilitaire que vraiment passionnant. Le gros morceau de la saison, c'est l'identité de la taupe. L'épisode 9 tente de nous faire douter de Colin. Il est bizarre, il agit en solo, il a des secrets... bref, tout est fait pour qu'on le pointe du doigt. Mais honnêtement, qui va y croire ?
C’est une ficelle un peu trop grosse. Faire d'un des personnages principaux le traître à ce moment précis de l'histoire, ce serait un suicide scénaristique ou un coup de génie que la série n'a pas l'air prête à assumer. Du coup, au lieu de stresser pour Colin, on finit par s'agacer. Si ce n'est pas lui, on sait que la série nous balade pour rien. On finit par décrocher de l'enjeu principal pour se demander qui, parmi les seconds couteaux, va finalement endosser le rôle du méchant. Le manque de subtilité rend le tout un peu prévisible, et c'est bien ça le problème. S'il y a un point positif à retenir, c'est l'évolution de la relation entre Colin et Bill. C'est peut-être la partie la plus humaine et la mieux écrite de l'épisode.
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On sent que leur dynamique bouge. Colin commence à lâcher du lest et accepte que Bill mette son nez dans ses affaires. Ce n'est pas une révolution, mais c'est une progression crédible. Bill gagne aussi en épaisseur. Il n'est plus juste le spectateur des événements, il devient un acteur actif de l'enquête interne. C'est discret, ça prend son temps, mais c'est ce qui permet de rester un minimum investi dans l'histoire. On espère juste que cette complicité naissante servira à quelque chose de concret dans les prochains épisodes. Pour être honnête, cet épisode 9 ressemble beaucoup à ce qu'on appelle un épisode de remplissage, un épisode de remplissage.
L'affaire de la semaine ne laisse pas un souvenir impérissable et l'intrigue de fond n'avance que par petits pas de fourmi. Certaines scènes d'action ou d'infiltration manquent aussi de crédibilité. Par moments, on décroche parce que les situations semblent forcées, presque artificielles. Même la fin de l'épisode, qui devrait normalement nous laisser sur un cliffhanger insoutenable, est assez plate. Les révélations ne changent pas vraiment la donne. On reste sur une ligne droite, sans choc narratif. Alors, faut-il lâcher l'affaire ? Pas forcément. Il reste encore quelques épisodes pour relever le niveau. La base est solide et le duo de tête fonctionne bien.
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Si les scénaristes décident enfin de prendre des risques et de sortir des sentiers battus, la fin de saison pourrait nous surprendre. Mais pour l'instant, CIA joue un peu trop la sécurité. C'est un épisode moyen, qui se regarde sans déplaisir mais qui s'oublie aussitôt le générique terminé. On attend clairement le déclic pour la suite.
Note : 4/10. En bref, un épisode de transition décevant qui s'enclenche en pilotage automatique, avec une intrigue policière cousue de fil blanc et des rebondissements bien trop prévisibles. Si l'évolution du duo Colin/Bill sauve les meubles, le manque d'audace général fait perdre au thriller sa tension au pire moment de la saison.
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