19 Mai 2026
CIA // Saison 1. Episode 12. Broken Glass.
SEASON FINALE
On arrive enfin au bout de cette première saison de CIA. Après des semaines à tourner autour du pot avec l’histoire de la taupe et le passé mystérieux de Colin, cet épisode 12 avait la lourde tâche de boucler la boucle. Le contrat est rempli sur le papier car on obtient de vraies réponses, surtout concernant Toni. Sa survie, balancée un peu plus tôt, redistribue d'ailleurs les cartes du scénario. Pourtant, l'impression générale reste mitigée. Ce final fait le job, mais sans jamais vraiment transcender son sujet. L’épisode fait le choix de s'ouvrir sur un long flashback situé un an en arrière pour lever le voile sur ce qui est arrivé à Toni aux Philippines.
C’est plutôt une bonne idée parce que sa disparition restait très floue. Le vrai problème, c'est que toutes les révélations tombent un peu à plat tant elles manquent d'originalité. Dès que la série a sous-entendu que Toni n’était pas morte, on se doutait bien qu’on aurait droit à un épisode explicatif. CIA prend donc son temps pour décortiquer ses liens avec Pyramid Security et les raisons de sa cavale. L’idée de départ tient la route. Toni n'est pas une simple victime collatérale, c’est une agente prise dans un engrenage qui la dépasse. Cela donne enfin un peu de relief à son personnage, même si cette profondeur débarque beaucoup trop tard. Le traitement de l'intrigue manque cruellement de surprise.
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Chaque révélation se devine dix minutes à l’avance. La série déroule le cahier des charges classique du thriller d’espionnage, sans jamais chercher à bousculer le spectateur. Même Colin, vendu comme un agent d'élite hyper expérimenté, gobe certaines explications avec une facilité déconcertante. Sa certitude absolue concernant la mort de Toni posait déjà question, et ce final ne règle pas l’incohérence. On a du mal à piger pourquoi personne n’a cherché à creuser l’affaire plus tôt. Heureusement, le développement de la relation entre Colin et Toni sauve une partie de l'épisode. Jusqu’ici, la série se contentait d’évoquer leur passé par petites touches.
Ce final apporte enfin la dose d'émotion qui manquait grâce à des flashbacks bienvenus et des dialogues plus intimes. On se dit d'ailleurs que CIA aurait dû intégrer ces moments beaucoup plus tôt. Balancer tout cela maintenant réduit forcément l’impact émotionnel, alors qu’il y avait un vrai potentiel dramatique à exploiter autour de leur duo. Ce rapprochement permet au moins de mieux comprendre l’obsession de Colin et rend plus humain ce personnage souvent bloqué dans son rôle d’espion froid. Du côté de Pyramid Security, les scénaristes exploitent une idée intéressante mais sans aller jusqu’au bout. L’organisation flottait en arrière-plan depuis un moment, et cet épisode dévoile enfin ses méthodes.
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Le positionnement de Pyramid est bien trouvé. Ils ne se voient pas comme des criminels, mais comme une boîte privée qui utilise les mêmes leviers que l'État. Cette frontière floue entre espionnage officiel et business de l'ombre fonctionne bien. Le personnage de Joanna apporte aussi un vent de fraîcheur. Contrairement aux méchants habituels qui rasent les murs, elle assume totalement ses actes. Cette franchise donne des confrontations piquantes avec Nikki. Dommage que la série reste aussi frileuse et n'explore pas davantage les retombées politiques et humaines d’une telle structure. La résolution de l'intrigue de la taupe souffre du même syndrome.
C'était le fil rouge de la saison, mais le dénouement manque totalement de tension. À force de semer des indices gros comme des maisons, le suspense s'était évaporé bien avant ce final. Le problème ne vient pas de l’identité du coupable, mais de la mise en scène de la révélation. Cette sensation de facilité résume assez bien les faiblesses d’écriture de cette saison. La série a d'excellentes idées de départ, mais elle ne sait pas les rendre imprévisibles. Au milieu de tout cela, Bill reste la valeur sûre de la série. Son évolution est la plus cohérente de toute la saison. Ses motivations sont claires et l’épisode insiste intelligemment sur son dilemme moral face aux mensonges de l’agence.
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Sa relation avec Katie mériterait plus de place, et la série semble enfin s’en rendre compte. Là encore, on ressent une pointe de frustration. Après douze épisodes, on connaît à peine la vie privée de l'un des personnages principaux. Ce final est à l’image de toute la saison 1. CIA oscille en permanence entre de bonnes intuitions et des facilités d’écriture agaçantes. Le potentiel est là, l'univers de l'espionnage fonctionne bien, mais la construction globale manque de maîtrise. Le rythme a souvent été en dents de scie, avec des épisodes qui gagnaient du temps pour retarder les échéances.
Note : 5/10. En bref, malgré ses défauts, ce dernier épisode pose des bases solides pour la suite. Le retour de Toni, l’évolution de Bill et l'ombre de Pyramid Security offrent des pistes excitantes pour la saison 2. Les scénaristes devront simplement muscler l'écriture pour offrir des intrigues moins prévisibles. Ce final ne restera pas dans les annales, mais il donne quand même envie de voir comment la série va corriger le tir l'année prochaine.
Prochainement en France
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