Critiques Séries : CIA. Saison 1. Episode 11.

Critiques Séries : CIA. Saison 1. Episode 11.

CIA // Saison 1. Episode 11. Forbidden Eye.

 

À un cheveu du final de cette première saison de CIA, l’épisode 11 avait une feuille de route bien précise : arrêter de tourner autour du pot, débusquer la taupe et faire monter la pression avant le grand final. Après une série d'épisodes qui patinaient un peu dans la semoule, le rythme s'accélère enfin. On sent que les scénaristes ont décidé de lâcher les freins, et même si tout n'est pas parfait, ça fait du bien de voir l'intrigue se décanter. Au début, l'épisode nous embarque sur une piste qui semble presque anecdotique. On suit Sandy, un vieux contact de Colin. 

 

Sur le coup, on a l’impression d’un simple détour pour étoffer le lore ou donner un peu de consistance au passé du héros. Mais au fil des minutes, les points commencent à se relier. Ce petit détour nous rappelle surtout que Colin n'est pas né de la dernière pluie et que son passif est bien plus lourd que ce qu'on nous avait vendu jusqu'ici. L'intérêt grimpe d'un cran quand tout ce beau monde finit par se cogner contre Pyramid Securities. On le sait depuis le début de la saison : cette boîte est au cœur de toutes les magouilles. L’épisode 11 fait un effort louable pour recoller les morceaux éparpillés, même si on ne va pas se voiler la face. 

Certains liens arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe, un peu tard dans la partie. Le scénario joue sur un ressort que j'aime bien dans les séries d'espionnage : le quiproquo linguistique. Tout part d'une erreur de traduction et d'un nom de code mal compris. C'est le genre de petit détail qui apporte du réalisme. Ça nous rappelle que dans ce métier, une info de travers ou une mauvaise interprétation peut foutre en l'air des mois de boulot. C’est par ce bout de ficelle que l’affaire Sandy rejoint la trame principale. Mais au-delà de l'enquête, c'est Colin qui m'a marqué dans cet épisode. Le gars a toujours été une porte close, une sorte de bloc de glace émotionnel. Ici, on commence enfin à voir les fissures. 

 

Sa confrontation avec Sarah est d'ailleurs assez marquante par sa froideur. Là où n'importe quelle série de network nous aurait servi un mélo dégoulinant de non-dits, Colin choisit la vérité qui tâche. Il lui balance en pleine figure que leur relation n’était qu’une partie du job. C’est brutal, c’est dur à encaisser pour elle, mais c’est terriblement cohérent avec le personnage. On comprend qu'en étant infiltré, la frontière entre le pro et le perso n'existe simplement plus. Le gros morceau, c’était évidemment de mettre un nom sur la taupe. Après avoir passé des plombes à nous faire douter de Nikki, la série change de braquet. 

Bill et Colin sortent la vieille méthode : donner une version différente d’une même info à plusieurs suspects pour voir laquelle ressort chez l'ennemi. C’est un classique du genre, mais ça fonctionne toujours pour créer de la tension. On attend de voir qui va mordre à l'hameçon. Et le verdict tombe : c'est Turner. Pour le coup, c’est une vraie surprise, mais pas forcément pour les bonnes raisons. Le problème n'est pas que Turner soit coupable, c’est qu’on ne s’en soucie pas vraiment. Le personnage a été tellement transparent jusque-là que la révélation manque d’impact émotionnel. 

 

On a un peu l'impression que les scénaristes ont choisi le gars le moins soupçonnable juste pour nous prendre à revers, sans avoir pris le temps de construire son importance. Heureusement, la suite de la scène sauve le truc. Une fois grillé, Turner ne joue plus les figurants et l'affrontement avec Colin devient physique, nerveux, immédiat. On sort enfin des discussions de bureau pour rentrer dans le vif du sujet. Si la révélation de Turner vous a laissé de marbre, les dernières minutes ont dû vous réveiller. On arrive au cœur du traumatisme de Colin : la mort de son ancienne partenaire, Toni. C'était son moteur, sa raison d'avancer et de tout cramer sur son passage. Et là, bam : Toni apparaît dans une chambre d’hôpital.

Ce retournement de situation change absolument tout. Si Toni est vivante, c'est que toute la quête de Colin repose sur un mensonge orchestré. Pour un mec qui a déjà un mal fou à faire confiance à son propre reflet dans le miroir, la pilule va être très dure à avaler. Ce twist fonctionne bien parce qu'il ne s'agit pas juste d'un choc gratuit ; il vient bousculer toute la psychologie du héros juste avant le final.

 

Note : 6/10. En bref, cet épisode 11 de CIA redresse bien la barre. Malgré quelques ficelles un peu épaisses et une taupe qui manque de charisme, la série a réussi à créer une vraie attente. Entre la chute de Turner, les zones d'ombre de Pyramid et le retour de Toni, le terrain est miné pour le dernier épisode. Et c’est exactement ce qu’on attendait.

Prochainement en France

 

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