31 Mai 2026
Avec ses huit épisodes, Crookhaven débarquait avec une promesse plutôt excitante : nous plonger dans une école britannique secrète où le piratage informatique, le vol à la tire et le crochetage de serrures remplacent les maths et l'histoire. Une sorte de Poudlard pour ados criminels. Précision utile : je n'ai pas lu les romans originaux, donc mon avis repose uniquement sur ce qui nous est balancé à l'écran. Et autant le dire tout de suite, le voyage ne vaut pas franchement le détour. On se retrouve face à une production adolescente très moyenne qui passe à côté de son sujet. Pourtant, le point de départ avait du potentiel.
Des jeunes voleurs apprennent à utiliser leurs compétences pour de bon dans une école secrète dirigée par Caspian Lockett. Le jeune pickpocket Gabriel Avery rejoint The Crooked Network pour combattre "The Nameless" et découvrir son destin.
On suit Gabriel, un pickpocket de rue solitaire, recruté par cet établissement hors norme. L'idée de structurer ces jeunes talents pour en faire une équipe de choc tenait la route sur le papier. Malheureusement, l'exécution ne suit pas. La série essaie de mélanger une intrigue globale avec des missions indépendantes à chaque épisode, mais la sauce ne prend pas vraiment. Au lieu d'être captivé par les examens ou les mystères de l'école, on se surprend à regarder l'heure face à un rythme qui s'embourbe rapidement. Gabriel, le personnage principal, peine à porter la série sur ses épaules.
Ses secrets de famille et son passé mystérieux sont censés nous tenir en haleine, mais les révélations sont tellement prévisibles qu'elles tombent à plat. Les scénaristes tentent bien d'intégrer quelques rebondissements pour feinter le spectateur, mais ces twists arrivent souvent de manière artificielle pour masquer un manque flagrant d'originalité. Le constat est tout aussi frustrant concernant la relation entre Gabriel et Penelope. La série mise énormément sur leur dynamique de rivaux forcés de collaborer. Si les acteurs font ce qu'ils peuvent, l'évolution de leur duo tourne en rond. On passe huit épisodes à subir une tension amoureuse qui n'ose jamais s'assumer.
Ce choix de maintenir une ambiguïté permanente n'a rien de subtil, c'est juste une technique paresseuse pour étirer l'intrigue en longueur et frustrer le public pour rien. Du côté des personnages secondaires, ce n'est pas la joie non plus. Ils sont là pour cocher les cases habituelles de la bande de potes de série pour ados : le rigolo de service, le geek de service, etc. Ils apportent une touche d'humour qui tombe souvent à côté et sert surtout à meubler entre deux scènes sérieuses. Difficile de s'attacher à un groupe qui manque cruellement de profondeur et de relief. Le plus gros raté de cette saison reste sans doute la fameuse organisation mystérieuse qui opère dans l'ombre.
On nous la présente comme une menace terrible dès le premier épisode, mais après huit heures de visionnage, on n'a strictement rien appris de concret. Ses motivations restent floues, ses plans n'ont aucun sens et l'écriture est d'une paresse infinie. Utiliser le mystère pour créer du suspense est une chose, s'en servir pour éviter de développer un vrai scénario en est une autre. Le jeu sur les apparences et les trahisons d'alliances vire lui aussi à la caricature. Les scénaristes s'emmêlent les pinceaux dans le dernier tiers de la saison en multipliant les retournements de situation improbables, au point que plus rien ne semble crédible ou logique. Visuellement, Crookhaven sauve un peu les meubles avec des décors d'école assez soignés et des uniformes stylisés, mais l'illusion s'arrête là.
La réalisation technique vient alourdir le tableau, notamment à cause d'une bande-son omniprésente et agaçante. La musique se veut épique ou stressante à la moindre discussion banale dans un couloir, ce qui ruine totalement les rares moments de vraie tension. Enfin, pour une série sur des as du cambriolage, le manque d'action est flagrant. Crookhaven passe son temps à bavarder, à planifier des infiltrations molles et à résoudre des énigmes dignes d'un escape game pour enfants. Je m’attendais à des séquences nerveuses, à du danger et à du grand spectacle, on se retrouve avec des ados qui chuchotent dans des pièces sombres.
Note : 4.5/10. En bref, cette première saison de Crookhaven est une franche déception. Malgré une idée de base séduisante, la série s'enfonce dans les clichés du genre sans jamais réussir à décoller. Scénario prévisible, manque d'action et mystères bidons.
Prochainement en France
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