12 Mai 2026
On a tous déjà ressenti cette petite paranoïa : l’idée que nos smartphones et les caméras nous suivent à la trace. C’est sur ce filon que surfe Intraçables. Cette mini-série de six épisodes arrive avec une promesse d'actualité : est-il encore vraiment possible de disparaître dans un monde ultra-connecté ? L’histoire nous plonge dans le quotidien de Giulia, une chauffeuse de taxi qui mène une vie tranquille avec son fils ado depuis la mort de son mari, David. Tout bascule quand un client ravive des secrets que l'on pensait enterrés. À partir de là, la série bascule en mode cavale.
Il y a cinq ans, Giulia a perdu son mari David dans un accident de voiture. Alors qu’elle tente de reconstruire sa vie avec son fils Achille, un passager monte un soir dans son taxi : son visage réveille un souvenir enfoui de l’accident qu’elle avait oublié. Poursuivie par un mystérieux hacker qui veut la faire taire, Giulia est obligée de disparaître avec son fils en mode « mort numérique » : plus de téléphone, plus de cartes, seulement la vieille voiture de David. Ensemble, ils fuient à travers le pays tout en découvrant que la clé de cette traque se cache dans le passé secret de l’homme qu’ils pensaient connaître.
Le point fort, c’est le traitement de la technologie. Ici, pas de gadgets de science-fiction, mais une menace invisible et très concrète. Giulia et son fils tentent de s'arracher au monde moderne, mais la série montre bien que chaque paiement par carte ou chaque caméra de surveillance est un fil à la patte. Cette traque numérique installe une tension plutôt réussie au départ. Sofia Essaïdi porte vraiment le projet. Elle incarne une mère vulnérable mais déterminée, loin du cliché de l'héroïne invincible. Sa relation avec son fils apporte une touche humaine bienvenue au milieu des codes classiques du thriller.
Le cadre des montagnes suisses, avec ses routes enneigées et isolées, finit de poser une ambiance road trip mélancolique assez esthétique. Cependant, tout n'est pas fluide. Si les deux premiers épisodes accrochent bien, la série souffre d'un sérieux coup de mou dans sa partie centrale. Les épisodes 3 et 4 s'embourbent un peu, rallongent inutilement certaines situations et perdent en intensité. On a l'impression que le récit fait du surplace pour remplir le format de six épisodes. Heureusement, les deux derniers chapitres redressent la barre et relancent les enjeux de manière plus directe pour conclure l'histoire. Le scénario n'évite pas non plus quelques facilités.
Vers la fin, certains rebondissements sont un peu gros et les explications sur les motivations des personnages manquent parfois de finesse. On sent que la série veut absolument surprendre, quitte à sacrifier un peu de crédibilité au passage. Les dialogues, eux aussi, tombent parfois dans une certaine lourdeur explicative. Au final, Intraçables est un thriller qui fait le job sans pour autant transformer le genre. C’est une série correcte, portée par de bons acteurs (notamment Alexis Michalik qui reste impeccable dans l'ambiguïté), mais qui aurait sans doute gagné à être plus resserrée.
On passe un moment honnête devant, malgré un ventre mou au milieu de la course. C’est une proposition qui se laisse regarder, idéale pour un week-end, mais qui ne laissera pas forcément un souvenir impérissable.
Note : 5.5/10. En bref, portée par une Sofia Essaïdi convaincante, Intraçables exploite bien la paranoïa de la surveillance numérique avant de s'essouffler sérieusement dans un milieu de saison trop statique. Malgré ce ventre mou et un final parfois tiré par les cheveux, le récit se rattrape sur la fin pour offrir un thriller de cavale correct, à défaut d'être mémorable.
Disponible sur Amazon Prime Video
Prochainement sur TF1 et TF1+
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