12 Mai 2026
La Voix du Pardon 2 // De Brent McCorkle et Andrew Erwin. Avec J. Michael Finley, Milo Ventimiglia et Trace Adkins.
Huit ans plus tard, on prend les mêmes et on recommence. Enfin, pas tout à fait. La Voix du Pardon 2 débarque avec la ferme intention de nous faire sortir les mouchoirs, en utilisant exactement les mêmes ficelles que le premier volet. On y retrouve ce mélange de résilience, de chansons taillées pour les charts et de dialogues qui pèsent trois tonnes. Si vous avez connu l’époque des films Disney sur des personnalités américaines inspirantes qui sortaient directement en DVD dans les années 2000, vous voyez exactement le genre : c’est propre, c’est calibré, mais ça manque sérieusement de relief à force de vouloir plaire à tout le monde.
La suite du parcours inspirant de Bart Millard.
L’histoire reprend le fil de la vie de Bart Millard, le leader de MercyMe. Exit le traumatisme lié à son père, on se concentre cette fois sur sa vie de famille après le succès mondial de son titre phare. Le film tente de jongler entre ses difficultés à composer un nouveau tube et la maladie de son fils, Sam, atteint d'un diabète de type 1. Sur le papier, il y avait de quoi faire un truc vraiment intime et prenant. Mais le problème, c’est que le film ne nous laisse jamais ressentir les choses par nous-mêmes. Il nous dicte ce qu’on doit éprouver à chaque seconde.
Au lieu de laisser les scènes respirer, le scénario s'acharne à empiler les moments pensés pour faire réagir : une dispute qui éclate pile au mauvais moment, des regards mouillés de larmes, des silences qui durent une éternité et des grandes tirades sur la foi qui tombent un peu comme des cheveux sur la soupe. À force de vouloir mettre de la guimauve partout, on finit par perdre cette sincérité qui faisait la force du premier film. C’est dommage, parce qu’il y avait des pistes qui méritaient d’être creusées un peu plus intelligemment. On voit un Bart Millard épuisé par sa propre réussite, terrifié à l’idée de ne pas être à la hauteur en tant que père. Sa peur de reproduire les erreurs de son enfance est sans doute l'aspect le plus intéressant du récit.
Il y a des moments où l'on sent vraiment sa détresse et son besoin de tout contrôler par pure angoisse. Malheureusement, dès que le film touche du doigt un truc un peu inconfortable ou une tension un peu complexe, il s'empresse de lisser le tout avec une petite chanson inspirante ou un discours motivant. On ne reste jamais dans le dur, tout doit redevenir rassurant en un clin d'œil. C’est d’ailleurs là que le film assume son côté très américain. On est dans une succession de cartes postales émotionnelles. Heureusement, au milieu de ce casting un peu figé, il y a une lueur d'espoir : Milo Ventimiglia. Il incarne Tim Timmons et, honnêtement, il sauve pas mal de meubles.
Dès qu’il est à l’écran, le film prend soudainement vie. Il apporte une légèreté, un humour et un naturel qui manquent cruellement au reste de la distribution. Ses échanges avec le petit Sam ou ses interventions dans le bus de tournée font un bien fou. Le personnage de Tim a lui aussi ses propres galères de santé, mais le traitement est bien plus digeste. Il utilise l’humour comme une armure, ce qui rend ses scènes beaucoup plus humaines et moins artificielles que le reste du mélodrame. En face, John Michael Finley semble un peu coincé par l’écriture de son personnage. Il passe le film à avoir l’air soit inquiet, soit fermé. On comprend l’idée de montrer un homme sous pression, mais ça devient vite monotone.
On a l’impression de voir la même expression en boucle pendant deux heures. Techniquement, rien à dire, c’est du travail bien fait. La réalisation est propre, le son est aux petits oignons et les scènes de concert, surtout celle au Red Rocks Amphitheatre, ont de la gueule. On sent qu’il y a du budget et de l’ambition visuelle. Mais c’est presque trop soigné. Chaque cadrage, chaque lumière semble pensé pour déclencher une réaction précise chez le spectateur, ce qui renforce ce sentiment de film mécanique. Comme on pouvait s'y attendre, le côté religieux est omniprésent. On parle de foi et de pardon à longueur de temps, mais là encore, ça manque de nuances.
Les dialogues ressemblent parfois plus à des slogans pour posters de motivation qu’à de vraies conversations entre êtres humains. Résultat : le film est lisse, presque aseptisé. On devine tout ce qui va se passer trente minutes à l’avance. Les flashbacks, les traumatismes qui resurgissent, la chanson finale écrite dans la douleur... c’est une recette appliquée à la lettre. Au bout du compte, on finit le visionnage avec cette sensation d’avoir mangé un truc un peu trop sucré : c’est agréable sur le moment, mais on l'aura oublié d'ici demain matin.
Note : 4.5/10. En bref, ce n'est pas un mauvais film en soi. Ça se regarde, le rythme est correct et la musique fait son job pour les amateurs du genre. Mais ça reste une œuvre très sage qui ne prend aucun risque. À force de vouloir absolument être inspirant et rassurant, le récit oublie de nous raconter une histoire qui a vraiment du ventre.
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