Prisoner (2026) (Saison 1, épisodes 5 et 6) : fin de saison

Prisoner (2026) (Saison 1, épisodes 5 et 6) : fin de saison

On arrive au bout de cette première saison de Prisoner, et le moins que l'on puisse dire, c'est que les épisodes 5 et 6 bousculent sérieusement la dynamique installée depuis le départ. On avait commencé avec un thriller de fuite hyper tendu, nerveux, presque intimiste. Là, d’un coup, la série tente le tout pour le tout en élargissant ses horizons : conspiration politique d'envergure, trahisons dans tous les coins et explosions de violence. Le problème, c'est qu'en voulant changer de braquet si tard, Prisoner donne un peu l'impression de perdre son identité en cours de route. 

 

La force des premiers épisodes reposait sur la survie pure, cette méfiance viscérale et la relation ultra-complexe entre Amber et Tibor. Ces deux derniers épisodes essaient de garder ce fil conducteur, mais ils y greffent tellement de sous-intrigues que le récit commence à déborder de partout. L’épisode 5 nous plonge direct dans le bain après le kidnapping de Mia. Amber essaie de ne pas sombrer, alors qu’Olly est entre la vie et la mort. Elle pige vite que Pegasus utilise sa fille comme un vulgaire moyen de pression. C’est sans doute le moment où le personnage d'Amber fonctionne le mieux. Son armure se fissure. Coincée entre son devoir de flic et son instinct de mère, elle est poussée à bout, et cette collision de trajectoires fait enfin des étincelles.

 

À côté de ça, sa relation avec Tibor devient de plus en plus toxique et floue. Elle s'obstine à vouloir l'amener vivant au tribunal pour faire tomber Pegasus, quitte à sacrifier la sécurité de sa propre famille. C'est difficile à capter par moments, mais c'est aussi ce qui rend cette fin de saison intéressante : sans s'en rendre compte, Amber commence à adopter la même logique froide et calculatrice que Tibor. Tibor, parlons-en. C'est clairement lui qui sauve les meubles et maintient l'intérêt de ces deux derniers épisodes. La série a super bien géré l'ambiguïté du personnage depuis le début. Est-ce qu'il cherche vraiment à se racheter, ou est-ce qu'il manipule Amber pour sauver sa peau ? 

 

Le show s'amuse avec nos nerfs sur cette question jusqu'aux dernières minutes. Là où le bât blesse, c'est quand la série cherche à en faire trop en nous dévoilant les coulisses de Pegasus. L'histoire du « Day of Action » avec ce trafic d’armes destiné à des réseaux extrémistes en Europe, ça fait joli sur le papier. Ça pose des enjeux massifs. Mais ça débarque comme un cheveu sur la soupe, bien trop tard dans la saison pour que l'on s'y investisse vraiment. C’est là que Prisoner perd l’équilibre. On aimait la série pour son côté direct, brut, sans fioritures. En accumulant les révélations de dernière minute, elle s'embourbe un peu. 

 

Prenez le retournement de veste de Josephine : on est censé prendre une claque, mais on l'avait vu venir à des kilomètres. Si la série avait pris le temps d'installer une vraie relation de confiance avec elle auparavant, la trahison aurait fait mal. Là, ça tombe un peu à plat. Heureusement, la mort d’Alex redonne un coup de fouet dramatique. Il était le seul à capter l'ensemble du réseau Pegasus. En l'éliminant, les scénaristes isolent complètement Amber et Tibor avant le grand final, et graphiquement, ça fonctionne. L’épisode 5 s’offre d'ailleurs un super moment visuel avec la séquence de la patinoire pour l'échange entre Tibor et Mia. 

 

Ça change des éternels motels miteux et des entrepôts désaffectés qu'on bouffe depuis le début de la saison. Par contre, niveau crédibilité, on repassera. Voir des mecs se balader armés jusqu'aux dents au milieu d'une foule sans que personne ne bronche, ça casse un peu le réalisme cru auquel la série nous avait habitués. Cette sensation de précipitation se confirme avec le grand final. L'épisode 6 court après le temps pour boucler toutes les intrigues. Amber se fait arrêter puis relâcher en un claquement de doigts, tout le monde converge vers le tribunal à Mach 2, et les twists s'enchaînent jusqu'à plus soif.

 

Le point d'orgue de la saison devait être le procès de Harrison Dempsey. Sauf que Prisoner décide de prendre un virage à 180 degrés avec un énième revirement de Tibor. C’est raccord avec sa personnalité imprévisible, d'accord, mais ça donne aussi la désagréable impression que toute cette longue cavale n’a servi à rien. C’est le gros point noir qui risque de diviser les spectateurs. Amber a mis sa vie et les siens en miettes pour que Tibor témoigne. Et au final, ce témoignage passe au second plan parce que d'autres preuves sortent de nulle part. Le script écarte brutalement Tibor pour filer les clés du camion à des seconds couteaux. C'est Nancy qui devient le pivot de la chute de Pegasus. 

 

Pourquoi pas, mais ça gâche un peu le voyage émotionnel qu'on a partagé avec notre duo principal. Tout n'est pas à jeter pour autant. Le bras de fer psychologique entre Declan et Harrison Dempsey tient ses promesses, surtout quand le père commence enfin à respecter son fils. De son côté, Nina reste une menace flippante et efficace jusqu'au bout. Le face-à-face final offre une conclusion hyper sombre à la trajectoire de Tibor. Pas de rédemption hollywoodienne ici, et c'est tant mieux. La série rappelle avec cynisme que ces gens-là sont condamnés à rester bloqués dans un cycle de violence infini.

 

Note : 5/10. En bref, cette première saison de Prisoner laisse un goût d'inachevé. Les débuts étaient super prometteurs, portés par une ambiance urbaine étouffante et un duo fort. La seconde moitié s'est pris les pieds dans le tapis à cause d'une écriture trop gourmande et de grosses facilités scénaristiques. Reste la performance d'Amber, solide de bout en bout, qui nous retient par la manche. Le final est chaotique, mais l'univers est posé. Reste à voir si une saison 2 saura corriger le tir.

Prochainement sur Canal+

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article