Prisoner (2026) (Saison 1, épisodes 1 et 2) : un thriller sous haute tension qui fait le job ?

Prisoner (2026) (Saison 1, épisodes 1 et 2) : un thriller sous haute tension qui fait le job ?

On plonge directement dans le vif du sujet avec Prisoner, co-production entre Sky et Canal+. Si vous aimez les histoires de survie, les flics un peu dépassés et la corruption à tous les étages, vous devriez rapidement trouver votre compte ici. Le pitch se met en place en un claquement de doigts et installe une ambiance bien lourde, portée par une mise en scène nerveuse qui ne vous laisse pas vraiment le temps de souffler. L’histoire de départ ne réinvente pas la poudre. On est sur un classique transfert de témoin qui doit permettre de faire tomber un gros réseau criminel. 

 

Lorsqu'un convoi pénitentiaire est pris d’assaut sur une route isolée, Amber Todd, agente chargée du transfert, se retrouve prise au piège avec Tibor Stone - ancien tueur d’élite devenu témoin clé contre Pegasus, le réseau criminel qu’il a autrefois servi. Pourchassés par ce puissant conglomérat du crime et par des autorités corrompues, Amber et Tibor, deux inconnus que tout oppose, sont forcés de fuir ensemble…

Sauf que la série choisit de rendre tout ça beaucoup plus humain grâce à son duo de tête. Oubliez les super-héroïnes badass qui savent déjà tout faire. Amber Todd, notre agente du transport pénitentiaire, sort tout juste de congé maternité. Elle reprend le boulot dans un climat déjà pesant et se retrouve projetée au cœur d’une galère monumentale qui la dépasse complètement. Ce parti pris fonctionne vraiment bien pour poser les bases de l’histoire. Le premier épisode prend le temps de filmer sa routine normale avant que tout bascule dans le chaos le plus total au milieu d’un tunnel. L’attaque du convoi change complètement la donne et bascule la série en mode thriller urbain pur et dur. 

 

Entre l’utilisation des drones, les fusillades intenses et les explosions, on ressent une vraie sensation d’insécurité permanente. Visuellement, l'influence des productions britanniques récentes sur le crime organisé se fait bien sentir. La réalisation joue beaucoup sur les espaces confinés, les couloirs étroits et des jeux de lumières très froids. Tout n’est pas encore parfait au niveau technique, surtout quand on regarde de près certains effets numériques durant l’attaque du fourgon, mais l’ensemble reste hyper cohérent avec l’univers sombre que les créateurs veulent installer. Le personnage de Tibor Stone vient bousculer la dynamique un peu plus tard. 

Cet ancien homme de main du syndicat Pegasus reste difficile à cerner et c’est tant mieux. Le scénario s'amuse avec son ambiguïté. Il se montre ultra violent et calculateur, mais on devine aussi des fêlures plus intimes. Les quelques lignes de dialogue sur son passé familial montrent bien comment Pegasus utilise les proches de ses membres pour faire régner la terreur et s'assurer de leur silence. Le cœur de cette saison repose clairement sur le duo forcé entre Amber et Tibor. Leur cavale commune crée une électricité palpable parce que leurs codes moraux s'affrontent en permanence. Amber essaie de s'accrocher à ses principes de flic malgré le danger de mort, alors que Tibor bascule en mode survie pure. 

 

Le deuxième épisode l'illustre parfaitement lorsque la violence devient inévitable pour s'en sortir. En parallèle, la série installe une paranoïa étouffante au sein du National Crime Unit. Dès le départ, le spectre d'une taupe interne plane au-dessus des bureaux et transforme le moindre collègue en suspect idéal. Josephine Campbell gère l’enquête d'une main de fer, tandis qu’Alex Tebbit perd peu à peu les pédales face aux événements. C’est d’ailleurs là que Prisoner montre ses premières limites en termes d'écriture. Certaines décisions prises par l'état-major de cette unité d'élite interpellent franchement au cours de l'épisode deux. 

Les conflits entre collègues tombent parfois comme un cheveu sur la soupe, donnant l'impression que les personnages se disputent juste pour rajouter du drama artificiel plutôt que par pure logique professionnelle. Ça entache un peu la crédibilité d'un service qu'on nous présente pourtant comme le haut du panier. Heureusement, le rythme soutenu permet de balayer ces défauts et de garder les yeux fixés sur l'écran. Ce deuxième volet accélère le côté traque et montre Amber et Tibor cernés par les menaces. Leur passage dans un entrepôt clandestin géré par Pegasus apporte des détails assez captivants sur le fonctionnement de l'organisation, notamment avec l’utilisation d’armes fabriquées en impression 3D, mais aussi sur les rivalités internes qui opposent Harrison Dempsey à son fils Declan.

 

Cette guerre d'ego au sein de la famille Dempsey s'annonce d'ailleurs cruciale pour la suite de l'intrigue. Harrison gère son business avec une froideur presque mathématique, alors que Declan veut absolument prouver ce qu'il vaut sans anticiper les retombées de ses actes irréfléchis. La série sous-entend que les vieilles erreurs impliquant Tibor viennent de lui, ce qui épaissit encore un peu plus le mystère autour de notre fugitif. On croise aussi Nina, une tueuse à gages lancée aux trousses de notre duo. Silencieuse et implacable, elle incarne une menace physique constante qu'il semble impossible de semer, ce qui maintient une pression bienvenue sur les épaules des protagonistes.

La trajectoire d'Amber reste pour l'instant le point fort de cette entrée en matière. En seulement deux heures de programme, la jeune femme change radicalement de posture. D'abord victime impuissante d'un engrenage qui la dépasse, elle intègre petit à petit le fait que les règles du jeu ont changé et qu'il va falloir s'adapter pour rester en vie. Ses moments de vulnérabilité, notamment quand elle flippe pour la sécurité de sa famille, évitent de la transformer trop vite en une héroïne invincible, ce qui la rend d'autant plus attachante. Pour le moment, Prisoner cherche encore sa voie entre le réalisisme brut d'un polar et le grand spectacle un peu plus artificiel. 

 

Si la tension psychologique fonctionne à plein régime, certaines ficelles scénaristiques sont un peu grosses. Les dialogues explicatifs manquent parfois de finesse et plusieurs figures secondaires manquent cruellement de relief pour qu'on s'y attache vraiment à ce stade. Pourtant, le show réussit à poser des fondations assez solides pour donner envie de lancer l’épisode suivant sans hésiter. Le tandem improbable entre la flic et le criminel, l'enquête interne pour débusquer le traître et la traque orchestrée par Pegasus offrent suffisamment de matière pour tenir la route sur toute la longueur de la saison.

 

Note : 6.5/10. En bref, ce lancement de Prisoner ne vient pas bouleverser le genre du thriller d'action, mais il délivre une tension de tous les instants et des enjeux bien ficelés. Il faudra maintenant observer si la suite de la saison choisit d’approfondir ses personnages ou si elle se contentera de privilégier l’action pure, tant les zones d'ombre autour de l'organisation criminelle restent encore nombreuses.

Prochainement sur Canal+

 

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