Critiques Séries : The Vampire Lestat (Interview with the Vampire). Saison 1. Episode 1.

Critiques Séries : The Vampire Lestat (Interview with the Vampire). Saison 1. Episode 1.

The Vampire Lestat // Saison 1. Episode 1. Detroit.

 

On change totalement de point de vue, et franchement, ça fait du bien. Après deux saisons passées à voir l’histoire à travers les yeux souvent sombres et mélancoliques de Louis, la série Interview with the Vampire opère un virage à 180 degrés. Cette fois, c’est Lestat de Lioncourt qui s'empare de la narration pour nous raconter sa propre version des faits. Dès les premières minutes de ce premier épisode, on comprend que l’ambiance feutrée et introspective laisse la place à quelque chose de beaucoup plus électrique, de plus théâtral, bref, de profondément vivant. Le point de départ est malin et pose tout de suite les bases de cette nouvelle ère. 

 

Tout commence autour d'une vente aux enchères assez mystérieuse où s'arrachent des objets ayant appartenu au vampire. C'est une excellente manière d’intriguer le spectateur et d’installer une atmosphère de mystère sans perdre de temps. Mais le vrai déclic pour Lestat est bien plus intime, et surtout beaucoup plus lié à son ego légendaire. Le blond ténébreux découvre qu’un livre racontant sa vie a été publié sans son accord. Pour un personnage qui passe son temps à vouloir tout contrôler, en particulier son image, c’est la pire des insultes. Sa fierté en prend un coup, et c’est précisément cette blessure d’orgueil qui va lancer toute l’intrigue. Pour répondre à cet affront et reprendre le contrôle de son histoire, Lestat ne fait pas les choses à moitié. 

Il décide de monter un groupe de rock, sobrement baptisé The Vampire Lestat. Le choix de la musique comme exutoire colle parfaitement à sa personnalité. On le sait depuis le début, Lestat a un besoin viscéral d'exister dans le regard des autres, d'être écouté, adoré, et enfin compris. Monter sur scène devient pour lui le moyen ultime de crier sa vérité à la face du monde. Ce qui rend cet épisode vraiment solide, c'est qu'il ne tombe pas dans le piège de la caricature. Sous ses airs de rockstar arrogante et provocatrice, Lestat montre d'immenses fissures. Derrière le showman se cache un être profondément vulnérable, en quête perpétuelle d’amour et de reconnaissance. Cette dualité éclate notamment lors de ses face-à-face avec Daniel Molloy.

 

Le journaliste, désormais transformé en vampire, réalise un documentaire sur la carrière musicale de la star. Les deux personnages ont une dynamique incroyable. Daniel ne se démonte jamais, il pousse Lestat dans ses retranchements, gratte là où ça fait mal et refuse de se contenter de la version officielle. Mais s'afficher en pleine lumière quand on est un vampire comporte de gros risques. En brisant le secret de son espèce à travers ses chansons et ses clips, Lestat s'attire les foudres d'autres clans de vampires. Pour eux, cette célébrité soudaine est une menace directe pour leur survie. La série nous rappelle ainsi que, malgré son côté paillettes et rock'n'roll, son univers reste extrêmement violent et dangereux. 

Les coulisses de la gloire ne sont jamais très loin du bain de sang. Lestat doit aussi composer avec ses propres démons. Tout au long de l'épisode, on sent qu’il est hanté par son passé. Les souvenirs de Louis, de la jeune Claudia et de tous ceux qu’il a aimés ou détruits reviennent le harceler. Cela donne des scènes de concert assez fascinantes où la performance scénique bascule dans la transe émotionnelle. La frontière entre le spectacle et la vraie souffrance du vampire devient totalement floue, offrant des moments visuellement très forts. La suite de la saison s'annonce d'ailleurs très riche avec l'arrivée de nouvelles têtes, comme le personnage de Baby Jenks, qui apporte une touche d'étrangeté bienvenue. 

 

L'épisode joue constamment avec les perceptions de Lestat, entre hallucinations et réalité, ce qui maintient une tension constante. C'est pourtant le twist final qui redistribue totalement les cartes. On passe une bonne partie de l'épisode à penser que toute cette mise en scène n'est qu'une tentative désespérée de Lestat pour reconquérir Louis ou attirer son attention. La fin de l’épisode prouve que la réalité est tout autre, un contre-pied parfait qui relance l'intérêt de la série et promet de bousculer nos certitudes pour les semaines à venir. En fin de compte, ce retour est une vraie réussite. La série réussit à se moderniser et à s'alléger un peu dans la forme, sans pour autant trahir l'essence de l'œuvre d'Anne Rice. 

On y retrouve toujours les grands thèmes de l'autrice : la solitude éternelle, la culpabilité et le poids des erreurs passées. Ce changement de rythme pourra peut-être déstabiliser les fans de la première heure, mais il est totalement cohérent avec son nouveau narrateur. Lestat est bruyant, imprévisible et fascinant. Une chose est sûre, cette saison ne va pas se contenter de recycler le passé, elle va laisser une liberté totale au vampire pour qu'il écrive sa propre légende, et on a hâte de voir la suite.

 

Note : 8/10. En bref, ce retour est une vraie réussite. La série réussit à se moderniser et à s'alléger un peu dans la forme, sans pour autant trahir l'essence de l'œuvre d'Anne Rice. On y retrouve toujours les grands thèmes de l'autrice : la solitude éternelle, la culpabilité et le poids des erreurs passées. Ce changement de rythme pourra peut-être déstabiliser les fans de la première heure, mais il est totalement cohérent avec son nouveau narrateur.

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