30 Juin 2026
The Vampire Lestat (Interview with the Vampire) // Saison 1. Episode 4. The Devil’s Road.
On change de rythme avec ce quatrième épisode de la saison 1 de The Vampire Lestat. "The Devil's Road" lâche complètement la narration linéaire pour nous plonger dans un joyeux bazar mental, calqué sur l’esprit totalement instable de notre cher Lestat de Lioncourt. Le titre de l'épisode résume parfaitement le programme. Ce n'est pas juste une tournée de concerts rock, c'est surtout un aller-retour permanent et épuisant entre ce qu'il a vécu, ce qu'il fuit, et ses propres illusions. Tout au long de l'épisode, Lestat bouge tout le temps. Il passe sa vie enfermé dans un bus de tournée qui ressemble plus à une prison ambulante qu'autre chose.
Ce voyage, au fond, ce n'est pas le début de la gloire. C'est juste le miroir de sa condition de vampire. Un mec condamné à bouger sans arrêt, qui traverse les siècles sans jamais réussir à se poser nulle part. Et sa façon de raconter sa propre histoire confirme le problème : Lestat n'existe que par procuration, à travers le regard des autres. C'est vraiment le gros point fort de cet épisode. On comprend vite que Lestat est incapable de savoir qui il est quand les projecteurs s'éteignent. Sa vie entière tourne autour des réactions qu'il provoque, que ce soit chez ses fans, ses amants ou ses pires ennemis. Même tout seul dans une pièce, on sent que le personnage joue un rôle. Il est en représentation permanente.
/image%2F1199205%2F20260630%2Fob_338209_vlcsnap-2026-06-30-12h42m01s692.png)
Cette dépendance toxique explose lors de ses retrouvailles avec Armand, toujours joué par le glaçant Assad Zaman. Leur face-à-face remet sur le tapis une vieille rancœur et une guerre psychologique qui dure depuis des plombies. Entre eux, chaque mot est une tentative de manipulation. Lestat ne cherche pas du tout à arranger les choses. Au contraire, il fait le show, provoque, et utilise son propre corps pour déstabiliser Armand. Le retour d'Armand n'est pas là juste pour faire avancer l'intrigue. Il vient secouer de vieux traumatismes, notamment tout ce qui touche à Louis de Pointe du Lac et aux horreurs de la cour des vampires. Armand incarne ce passé lourd et toxique.
Il passe l'épisode à essayer de se justifier ou de calmer le jeu, mais ça ne prend pas. On voit bien que la discussion ne sert plus à régler les problèmes, mais juste à maintenir un flou artistique bien malsain entre eux. Pendant ce temps, Louis vit son propre calvaire de son côté, de manière beaucoup plus silencieuse mais tout aussi flippante. Son obsession pour Regina nous montre un homme complètement bloqué dans son deuil. Louis essaie désespérément de reconstruire une image du passé à travers elle. Évidemment, ça ne marche pas. Ça ne guérit rien du tout. Ça crée juste une énorme confusion chez lui, où chaque instant passé avec elle lui rappelle surtout ce qu'il a perdu.
/image%2F1199205%2F20260630%2Fob_9f8fed_vlcsnap-2026-06-30-12h49m40s226.png)
De son côté, Daniel Molloy apporte la dose de réalisme dont la série a besoin. Sa confrontation avec Armand est d'une intensité rare, lourde de décennies de manipulation mentale. Daniel, c'est le seul qui refuse les histoires réécrites et les versions édulcorées de la réalité. Face à Armand, il cherche la vérité brute, mettant en lumière une relation ultra-complexe où l'on ne sait jamais vraiment où s'arrête l'affection et où commence le contrôle psychologique. On ne peut pas comprendre le chaos actuel de Lestat sans parler de Gabrielle de Lioncourt. Même absente, sa figure plane sur tout l'épisode. La série explore ici le traumatisme originel de Lestat : la peur viscérale de l'abandon.
Gabrielle est cette mère qui donne un peu pour mieux fuir ensuite, laissant son fils dans une insécurité affective totale. Ce schéma, Lestat le répète aujourd'hui avec tout le monde. Dès qu'un proche prend un peu de distance, il vrille complètement. La réalisation de cet épisode de The Vampire Lestat épouse parfaitement ce sentiment de désordre. Les époques se mélangent sans logique apparente, ce qui perd volontairement le spectateur. Le but n'est pas de livrer un récit propre, mais de nous faire ressentir l'état psychiatrique de Lestat. Le vampire devient le point de rencontre de toutes les névroses de la série. Impossible pour lui d'exister sans souffrir ou sans faire souffrir les autres.
Note : 7/10. En bref, ce quatrième épisode de la saison 1 est une vraie transition psychologique où toutes les intrigues s'emmêlent. La structure décousue montre parfaitement l'instabilité des personnages, tous coincés dans leurs souvenirs et leurs traumatismes. Entre la tournée rock de Lestat, ses comptes à régler avec Armand ou Louis, et les blessures d'enfance liées à Gabrielle, la série installe une ambiance lourde. L'histoire n'apporte aucune réponse magique et nous laisse avec des vampires condamnés à rejouer, encore et encore, les mêmes erreurs.
Prochainement en France
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog