Critiques Séries : The Vampire Lestat (Interview with the Vampire). Saison 1. Episode 2.

Critiques Séries : The Vampire Lestat (Interview with the Vampire). Saison 1. Episode 2.

The Vampire Lestat (Interview with the Vampire) // Saison 1. Episode 2. Toledo.

 

Avec ce deuxième épisode de la saison 3 d'Interview with the Vampire (qui bascule sur la chronique The Vampire Lestat), la série confirme sa trajectoire. On plonge la tête la première dans le cerveau de Lestat de Lioncourt. Si le premier épisode posait les bases de sa nouvelle vie, ce deuxième chapitre, souvent appelé "Toledo", va beaucoup plus loin. On découvre un vampire en pleine crise existentielle, coincé entre sa célébrité de rockstar et ses vieux démons qui refont surface. Lestat ne gère plus grand-moi, sa façade se fissure, et c’est passionnant à regarder. Le choix de transformer Lestat en icône du rock change complètement la donne par rapport aux saisons précédentes. 

 

On oublie l'ambiance feutrée et gothique de la Nouvelle-Orléans. Place aux stroboscopes, à la sueur et au bruit. Mais derrière le showman flamboyant, la fatigue psychologique est immense. Lestat joue trop de rôles en même temps. Il essaie d'être un artiste, un monstre, un conteur et un dieu vivant. Forcement, ça coince. Son groupe de musique commence d'ailleurs à paniquer. Réaliser que votre leader est un vrai buveur de sang, ça calme. La tension en coulisses est palpable, et on sent que tout peut exploser à la moindre fausse note. Le gros morceau de cet épisode, c'est le retour de Gabriella de Lioncourt. Sa relation avec Lestat est tout sauf simple. 

Les flashbacks nous ramènent dans son enfance, au sein d'une famille noble française d'une violence rare, écrasée par des figures paternelles brutales. Au milieu de ce chaos, Gabriella n'a jamais été une mère protectrice. C’était une femme distante, froide, plus intéressée par ses livres et sa propre liberté que par son fils. Lestat a grandi en cherchant désespérément son amour, une habitude dont il ne s'est jamais débarrassé. Devenus vampires tous les deux, leur dynamique vire au grand n’importe quoi. Ils ne sont plus vraiment mère et fils. L’immortalité a tout mélangé. Gabriella réapparaît incognito pour suivre la tournée de Lestat. On sent un attachement viscéral entre eux, mais aussi une dépendance toxique. 

 

Ils se cherchent, se repoussent, s'aiment et se détestent avec la même intensité. L'épisode en profite pour enrichir la mythologie de la série en introduisant le concept de la Great Conversion (la Grande Conversion). L'idée derrière ? Une prolifération massive et incontrôlée de vampires qui pourrait menacer l'humanité. Gabriella adore cette théorie et l'analyse de manière très froide, presque scientifique, ce qui tranche avec l'approche purement émotionnelle de Lestat. Pour ne rien arranger, on comprend vite que le duo est surveillé par une organisation secrète. L'univers d'Anne Rice s'agrandit, et on sent que les choses sérieuses commencent. Même si Lestat monopolise le micro, Louis de Pointe du Lac n’est jamais loin. Son retour sous une nouvelle identité dynamite l’épisode. 

Leur première scène ensemble est un modèle du genre. Officiellement, ils se voient pour régler des détails administratifs et financiers. Officieusement, l’électricité entre eux pourrait alimenter un stade. Leur relation reste une montagne russe infernale. La rancœur accumulée depuis des décennies n'efface pas l'attraction magnétique qui les pousse l'un vers l'autre. Le point culminant arrive pendant un concert, où Lestat utilise la scène et ses chansons pour hurler ses sentiments directement à Louis. Chez ces deux-là, on ne se parle pas franchement, on se donne en spectacle. Au milieu de ce grand cirque, Daniel Molloy fait un bien fou. Désormais vampire lui aussi, il garde son esprit de journaliste cynique. 

 

Il observe Lestat avec un recul salutaire et refuse de gober sa version de l'histoire sans poser de questions. Sa présence permet de rappeler que la mémoire de Lestat est hautement sélective et souvent déformée par son ego ou ses blessures. La structure de cet épisode 2 est volontairement décousue. On saute du présent au passé, des coulisses d'un stade aux souvenirs de la France du XVIIIe siècle. Ce flou narratif est une excellente idée de mise en scène. Il reflète parfaitement l'état d'esprit de Lestat : un vampire brisé qui reconstruit son histoire comme ça l'arrange, au fil de ses émotions du moment. En résumé, ce début de saison confirme que la série a réussi son pari en changeant de point de vue. 

 

Note : 7.5/10. En bref, entre crises familiales, retrouvailles électriques avec Louis et paranoïa ambiante, Lestat avance sur un fil rouge. C'est instable, c'est excessif, et c'est exactement pour ça qu'on aime.

Prochainement sur Canal+

 

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