15 Juin 2026
Unconditional // Saison 1. Episode 7. #1.7.
Depuis le lancement de Unconditional, une chose me chiffonnait régulièrement avec Orna : cette fâcheuse tendance à avancer complètement à l'aveugle, en se reposant uniquement sur son instinct plutôt que sur une vraie lecture des événements. Forcément, à force de la voir enchaîner les décisions risquées et se jeter dans la gueule du loup sans réfléchir, le personnage finissait par devenir un brin frustrant. Mais avec ce septième épisode, les choses bougent enfin. On sent un vrai déclic, une évolution qui fait du bien et qui prouve qu'elle commence à retenir les leçons du passé. Après la longue parenthèse du dernier épisode centrée sur les flash-backs de Gali, la série revient au présent.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'enquête prend un virage à 180 degrés. La recherche pure et simple de la jeune femme passe presque au second plan. Désormais, tout le monde court après un prototype de technologie militaire. Un enjeu énorme, dont la valeur dépasse de très loin les petits secrets et les intérêts personnels des différents personnages. En début d'épisode, Orna semble pourtant encore engluée dans les filets de ceux qui la manipulent depuis le départ. Face à un Antonovitch fidèle à lui-même, elle refuse de lâcher le morceau. Pour elle, aucun doute possible : sa fille est vivante. Malgré les coups de pression, les menaces à peine voilées et l'intimidation ambiante, sa certitude reste inébranlable.
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C'est viscéral, et c'est ce qui continue de la pousser à agir, coûte que coûte. Au milieu de tout ça, un personnage gagne en relief : Kyril. Jusqu'ici, on le prenait pour le simple bras armé du camp d'en face, un exécutant sans état d'âme. Cet épisode montre qu'il est beaucoup plus complexe que ça. Sans devenir son meilleur ami pour autant, il commence à jouer un double jeu assez fin. Il lâche juste assez d'infos à Orna pour la mettre sur une nouvelle piste. Direction Mumbai, en Inde, pour creuser le rôle d'Efi, qui s'impose de plus en plus comme l'un des cerveaux de toute cette histoire. Cette escale en Inde permet d'ailleurs de recoller les morceaux avec ce qu'on a appris dans l'épisode précédent.
Les pièces du puzzle s'emboîtent enfin autour du projet Raven et de ce fameux système de guidage militaire. Plus on avance dans les révélations, plus le portrait de Gali change. Difficile de continuer à la voir comme une pauvre victime innocente dépassée par les événements. La réalité est bien plus sombre. C'est d'ailleurs le gros point fort de cette fin de saison. Au début, on voyait l'histoire uniquement à travers les yeux d'Orna, persuadée que sa fille s'était fait piéger dans un complot politique qui la dépassait. Maintenant, chaque secret exposé détruit cette image idéale. Orna se retrouve face à un mur et doit accepter une vérité bien plus dérangeante sur la vraie nature de Gali.
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Tout n'est pas parfait pour autant. L'épisode s'offre une scène qui va faire hurler pas mal de monde devant son écran. Quand Orna ouvre tranquillement sa porte de chambre d'hôtel à un inconnu au milieu de la nuit, on a tous envie de lever les yeux au ciel. Après toutes les trahisons qu'elle a subies, cette naïveté frôle l'inconscience. Les scénaristes aiment visiblement jouer avec son manque de prudence, mais là, le signal d'alarme était trop gros pour être ignoré. Heureusement, la suite rattrape largement ce petit faux pas scénaristique en offrant au personnage sa plus belle trajectoire. Depuis le début, Rita, l'attachée israélienne, passait pour la seule bouée de sauvetage d'Orna.
Les masques tombent enfin et ses vraies motivations éclatent au grand jour. Ce n'est pas une surprise totale pour ceux qui surveillaient ses mouvements, car Rita a toujours donné l'impression de rouler pour elle-même. On comprend vite que récupérer le prototype militaire compte beaucoup plus pour elle que de retrouver Gali saine et sauve. Le déclic se produit à ce moment précis. Orna réalise qu'elle n'est qu'un pion qu'on déplace sur un échiquier. La dynamique entre les deux femmes explose. Pour la toute première fois, Orna refuse de suivre les directives et de subir le plan d'un autre. Elle prend les rênes. La scène finale est un pur régal d'écriture.
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En choisissant de droguer Rita pour lui voler le prototype avant de s'évanouir dans la nature, Orna retourne les armes de ses adversaires contre eux. Elle adopte les méthodes de ceux qui l'ont manipulée pendant des semaines. Le contraste avec la mère de famille perdue et paniquée des premiers épisodes est total. Elle ne subit plus, elle cogne. Cette transformation crée un écho magnifique avec le parcours de Gali. Même si Orna découvre que sa fille a trempé dans des affaires louches, qu'elle a menti et fait des choix moraux très discutables, cela ne change rien à sa mission. Elle est prête à franchir la ligne rouge et à bousculer ses propres valeurs pour la ramener.
C'est là que le titre de la série, Unconditional, prend tout son sens. L'amour d'une mère ne s'arrête pas quand les illusions s'effondrent. Bien au contraire, il pousse à faire des choses qu'on aurait cru totalement impossibles. À l'approche du dénouement, toutes les certitudes volent en éclats. Les alliances se font et se défont, tout le monde joue sa propre carte, et la frontière entre la raison d'État, les ambitions personnelles et le pur banditisme devient complètement invisible.
Note : 7/10. En bref, cet épisode 7 remplit parfaitement son rôle de tremplin pour le final. En redonnant le contrôle à Orna, la série gagne en intensité. Reste à savoir si ce coup de poker lui permettra de sauver sa fille, ou si cette bascule vers le côté obscur va lui coûter très cher dans l'ultime épisode.
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