15 Juin 2026
Find Your Friends // De Izabel Pakzad. Avec Helena Howard, Bella Thorne et Chloe Cherry.
Le point de départ de Find Your Friends est classique mais fonctionne toujours sur le papier : une bande de copines part en vacances, la fête bat son plein, puis un événement traumatisant fait basculer le séjour dans le cauchemar. On s’attendait à un thriller psychologique efficace doublé d'un portrait de génération percutant. Malheureusement, le résultat à l'écran s'avère brouillon, fatiguant, et la tension ne décolle jamais vraiment. Dès les premières minutes, le film fait un choix radical qui s’avère rapidement payant dans le mauvais sens du terme. La musique est omniprésente, poussée à fond, sans la moindre coupure pendant la première demi-heure.
Amber et ses quatre meilleures amies partent à Joshua Tree pour le week-end. A leur arrivée, elles réalisent rapidement que les habitants ne veulent pas d'elles...
C’est une agression sonore permanente qui sature l'espace au lieu de créer une véritable ambiance de fête. Au lieu de nous installer confortablement avec les personnages, la réalisation enchaîne les plans dans un mouvement perpétuel et épuisant, sans jamais nous laisser respirer. Cette ouverture crée une barrière immédiate entre le spectateur et l'image. On regarde ce groupe s'agiter sans comprendre où elles sont ni ce qu'elles partagent. Les décors restent flous, presque abstraits. Toutes les scènes nocturnes finissent par se ressembler, comme si l'équipe avait tourné l'intégralité des séquences dans un studio unique et sombre, sans la moindre identité visuelle.
Le plus gros point noir du long-métrage réside pourtant dans l'écriture de ses protagonistes. Elles sont cinq à l'écran, mais pendant une bonne heure, il est quasiment impossible de faire la différence entre elles. Mêmes looks, mêmes attitudes, mêmes façons de parler. Les dialogues n'aident jamais à cerner qui est qui. Le réalisateur oublie les bases de l'attachement au cinéma : nous donner un instant d'intimité, un plan volé sur un visage, une scène de calme pour comprendre le rôle de chacune au sein de ce groupe. Ici, tout le monde crie au même niveau, ce qui empêche d'éprouver la moindre empathie pour elles. Même Amber, qui est censée porter le récit et nous guider à travers ce cauchemar, a un mal fou à sortir du lot.
Le film ne lui accorde aucun traitement de faveur, aucune scène suspendue qui nous permettrait de comprendre ses peurs ou ses failles. Dès lors, lorsque le piège se referme sur elle, ses réactions nous laissent de marbre. L'intrigue tente bien de redresser la barre lors du pivot de l'histoire, quand la violence fait irruption et qu'une menace extérieure commence à traquer les filles. Mais ce basculement se fait sans aucune transition logique. Les agresseurs débarquent de nulle part, avec des motivations totalement floues et peu crédibles. Leurs décisions défient le bon sens, ce qui ruine instantanément l'effet de peur recherché. On finit par sourire devant des comportements censés nous terrifier.
Il faut tout de même sauver quelques morceaux de bravoure au milieu de ce naufrage scénaristique. Un accident de voiture plutôt bien chorégraphié et deux ou trois confrontations physiques parviennent à réveiller l'intérêt du spectateur. On sent que la mise en scène s'applique un peu plus durant ces éclats de violence. Mais ces moments restent de simples parenthèses isolées, sans aucune suite logique sur le plan de l'émotion. Cette irrégularité vient d'un problème flagrant de positionnement. Le film ne sait jamais s'il veut être un slasher pur et dur, une chronique de vacances qui tourne mal ou une critique sociale sur la jeunesse actuelle.
À force de courir tous les lièvres à la fois, le scénario perd son fil conducteur et use jusqu'à la corde des dialogues répétitifs et ultra-bruyants. Les filles passent leur temps à se crier dessus avec un langage cru qui vire rapidement à la caricature et lasse profondément. Visuellement, le constat n'est guère plus réjouissant. La caméra adopte un style standardisé et rigide, sans aucune recherche dans les angles ou les mouvements. L'absence de profondeur nous donne constamment l'impression que les actrices évoluent dans un espace clos. Même les scènes en extérieur ne parviennent pas à offrir l'évasion ou la sensation de liberté que l'on attend d'un film de vacances. Les grands coupables de ce manque de tension restent les méchants de l'histoire.
Leur écriture est si superficielle qu'ils n'inspirent jamais le danger. Le film essaie de les imposer comme des figures terrifiantes, mais sans construire leur progression. Sans nuance, ces antagonistes de pacotille rendent le dénouement ultra-prévisible. Pourtant, Find Your Friends avait de belles cartes en main, notamment l'exploration du traumatisme au sein d'un groupe d'amies. Mais le traitement reste désespérément en surface. Le réalisateur préfère enchaîner les péripéties mécaniques plutôt que de s'arrêter sur le contre-coup émotionnel vécu par les personnages. En fin de compte, ce thriller souffre d'une exécution trop fragile pour convaincre. Un bruit permanent, des héroïnes interchangeables et une réalisation sans relief viennent gâcher un concept de base qui était pourtant prometteur.
Note : 2/10. En bref, Find Your Friends gâche un concept prometteur de thriller estival à cause d’une réalisation agressive, d'un scénario décousu et de personnages interchangeables auxquels on ne s'attache jamais. Malgré quelques rares scènes d'action réussies, le film s'enfonce dans un vacarme continu et une monotonie qui tuent le moindre sentiment de tension.
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