3 Juin 2026
Avis aux amoureux de cinéma de genre : l'éditeur Roboto Films frappe un grand coup en sortant, pour la toute première fois en France, l'intégrale en coffret 3 Blu-ray de la saga culte Le Vaurien. Portés par l'énergie brute et la classe folle de Tetsuya Watari, ces six films emblématiques des années 60 nous plongent dans les dilemmes tragiques d'un yakuza au grand cœur. L'heure est venue de passer cette édition collector au microscope pour voir si la restauration technique est à la hauteur de cette légende du cinéma japonais !
Ca parle de quoi ?
Après avoir passé 3 ans en prison, Goro, jeune yakuza respectueux d'un code d'honneur en désuétude, cherche à prendre un nouveau départ. Sa rencontre avec la belle Yukiko renforcera sa volonté, mais les liens avec la pègre ne se coupent pas si facilement...Tetsuya Watari, joue un vaurien au grand cœur dans cette série à succès de six épisodes. Son duo avec la grande Chieko Matsubara (Dolls), toujours en activité aujourd'hui, résonne encore aujourd'hui.
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Si vous êtes un mordu de cinéma de genre asiatique, l'annonce de l'éditeur Roboto Films a dû faire bondir votre cœur de cinéphile : la sortie pour la toute première fois en France de l'intégrale Le Vaurien (Outlaw: Gangster VIP) en coffret 3 Blu-ray. Cette saga culte de la Nikkatsu, qui a déferlé sur le Japon à la fin des années 1960, est un monument brut, fiévreux et pourtant curieusement méconnu du grand public. Loin d’être un simple enchaînement de films de gangsters interchangeables, cette série de six longs-métrages (dont quatre sont sortis pour la seule année 1968 !) pose les fondations d'un genre en pleine mutation.
Elle fait le pont entre le classicisme théâtral des anciens films de yakuzas (ninkyo eiga) et le réalisme sanglant, presque documentaire, qui fera plus tard la gloire d'un Kinji Fukasaku. Que vaut ce voyage immersif dans les bas-fonds d’un Japon en pleine reconstruction économique mais en pleine crise morale ? Voici notre analyse complète de cette œuvre majeure portée par un duo d’acteurs légendaires. Au centre de ce tourbillon de violence et de tragédie, on trouve un homme : Tetsuya Watari. Déjà auréolé du succès du flamboyant Le Vagabond de Tokyo de Seijun Suzuki, Watari troque ici son costume bleu électrique pour le blouson de cuir et le couteau de Gorō Fujikawa.
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Gorō est l'incarnation parfaite du "vaurien" magnifique. Marqué dès l'enfance par la tragédie, la pauvreté et un passage par la case prison, il est le pur produit d'une société marginale. Pourtant, au milieu de la fange, il s'accroche désespérément à un code de l'honneur féodal et obsolète qui causera sa perte. Watari crève l'écran par son charisme ténébreux, sa démarche féline et ce regard lourd d'une mélancolie infinie. Face à lui, la présence lumineuse de Chieko Matsubara apporte un contrepoint émotionnel indispensable.
Qu’elle incarne Yukiko (le grand amour de Gorō qui tente de l’extirper de la pègre) ou d'autres figures féminines au fil de la saga, son visage perpétuellement triste et sa grâce fragile incarnent la pureté sacrifiée sur l'autel de la violence. Leur alchimie à l'écran traverse les six films et insuffle une véritable âme humaine à ce qui aurait pu n'être qu'un festival de bastons.
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Le premier opus reste, et de loin, le sommet artistique de la saga. Dès sa sortie de prison, Gorō retrouve son clan d'origine affaibli et dominé par des rivaux sans scrupules. Le film frappe par sa rigueur de mise en scène et sa superbe photographie semi-expressionniste, jouant sur des contrastes saisissants. Ce qui marque ici, c'est la cassure narrative : le film ose des morceaux de bravoure visuels d'une violence inouïe (notamment une scène de meurtre mémorable sur un quai de gare, d'une tension folle) tout en s'attardant sur la détresse sociale de ses personnages. Une introduction parfaite, brute et mélancolique.
Prenant la suite directe du premier volet, ce second film est pour beaucoup encore plus réussi sur le plan dramatique. Gorō tente de se ranger et de mener une vie honnête par le travail manuel. Mais la pauvreté et la maladie de ses proches le rattrapent. Le film brille par sa peinture sociale sans concession du milieu de la prostitution et de la misère à Yokohama. On y croise des figures marquantes du cinéma nippon, comme la jeune Meiko Kaji (future Lady Snowblood) ou le génial Kunie Tanaka. La tragédie y est plus intime, rendant la folie meurtrière finale de Gorō d'autant plus cathartique.
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Dans ce troisième volet, la formule se cristallise. Gorō se retrouve pris en étau entre des syndicats du crime rivaux qui se disputent des territoires. Obligé de jouer du couteau pour protéger les siens, il devient le jouet d'enjeux politiques et financiers qui le dépassent. Le rythme s'accélère, laissant de côté une partie de la poésie du début pour se concentrer sur l'action pure.
Le quatrième film s'ouvre à nouveau sur une sortie de prison, mais le ton se fait nettement plus sombre et désabusé. Gorō doit délivrer un message posthume à la sœur d'un compagnon d'armes décédé. Le film dresse le portrait d'un homme usé, incapable de s'insérer dans un monde légal qui le rejette systématiquement. Un opus profondément pessimiste, sauvé du nihilisme par le sens du devoir indécrottable de son héros.
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Le cinquième volet confronte notre anti-héros à une nouvelle génération de yakuzas, plus modernes, plus corporate et d'une cruauté froide. Pour faire face à ce clan ambitieux, Gorō multiplie les alliances éphémères et les romances sans lendemain. Si la structure narrative commence à se répéter, l'efficacité des chorégraphies à l'arme blanche reste totale.
Le chant du cygne de la saga assume pleinement son virage pop et graphique. Sur fond de musique rock psychédélique typique de la fin des sixties japonaises, ce dernier opus lâche les freins. Très influencé par le western (notamment dans sa gestion de l'espace et ses face-à-face), le film recycle certes les grands poncifs de la série (trahisons, sacrifices, amour impossible), mais s'impose visuellement comme l'un des segments les plus sanglants et les plus dynamiques de l'intégrale.
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Suivre les aventures de Gorō Fujikawa sur six films permet de comprendre l'évolution sociologique du Japon de l'après-guerre. Ce que raconte Le Vaurien, c’est la fin d'une époque : celle où le crime organisé feignait encore d'obéir à des valeurs chevaleresques. À mesure que la saga avance, le capitalisme sauvage dévore le milieu, transformant les yakuzas en businessmen cyniques et laissant les idéalistes comme Gorō sur le carreau.
La force de la série réside également dans sa générosité visuelle. Même si les scénarios tendent parfois à répéter la même boucle tragique (provocation, tentative de rédemption, massacre final au couteau), la mise en scène se renouvelle constamment à travers l'utilisation de décors urbains réels, de cadrages audacieux et d'une gestion de la couleur typique de la grande époque de la Nikkatsu.
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Et les Blu-ray ?
Ce coffret proposé par Roboto Films est un indispensable pour les collectionneurs. Le traitement réservé à cette œuvre montre un véritable respect du support physique. L'intégrale bénéficie d'un master Haute Définition (1920 x 1080p) qui redonne enfin leurs lettres de noblesse aux contrastes noir et blanc du premier film et aux explosions de couleurs des opus suivants. Le grain cinéma est préservé, évitant l'écueil d'un lissage numérique excessif. Côté audio, la piste VO originale en DTS HD Master Audio offre une belle clarté, indispensable pour apprécier les ambiances sonores de l'époque et les thèmes musicaux mémorables.
L'éditeur ne s'est pas contenté du strict minimum. L'édition physique se présente sous la forme d'un superbe boîtier rigide comprenant un digipack à trois volets et des cartes postales de collection. Mais le clou du spectacle reste le contenu éditorial : un livret exclusif enrichi d'essais pointus signés par des spécialistes reconnus du cinéma asiatique, notamment Pauline Martyn, Mohamed Bouaouina et Stéphane du Mesnildot. Le module vidéo "Le vaurien" par Stéphane du Mesnildot, qui permet de contextualiser l'œuvre et de comprendre son impact sur l'industrie cinématographique japonaise.
Verdict : Un indispensable du cinéma de genre ? Oui, sans l'ombre d'un doute. Le Vaurien est une œuvre pivot, une fresque urbaine et humaine d'une puissance rare qui captive du premier au sixième film. Portée par la classe intersidérale de Tetsuya Watari et la sensibilité de Chieko Matsubara, la saga passe du drame social poignant au film d'action chirurgical avec une aisance déconcertante. Grâce au travail de Roboto Films, ce jalon majeur du cinéma d'exploitation japonais trouve enfin l'écrin qu'il méritait en France. Que vous soyez un aficionado des lames japonaises ou un curieux avide de sensations cinématographiques rétro, ce coffret collector mérite amplement sa place au centre de votre vidéothèque. Hautement recommandé !
Caractéristiques techniques
Durée : 94/97/92/87/86/86 min.
- Langues : VO 2.0 - Sous-titres : Français
Master Haute Définition 1920 x 1080p – Couleur – Son DTS HD Master Audio
Bonus : Livret avec essais de Pauline Martyn, Mohamed Bouaouina, Stéphane du Mesnildot
& photos d'exploitation - "Le vaurien" par Stéphane du Mesnildot - Bande-annonces
Prix public conseillé : 69,90 € TTC le coffret 3 Blu-Ray
À retrouver sur Roboto Films
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