Critiques Séries : Life, Larry and the Pursuit of Unhappiness: an Almost History of America. Saison 1. Episode 3.

Critiques Séries : Life, Larry and the Pursuit of Unhappiness: an Almost History of America. Saison 1. Episode 3.

Life, Larry and the Pursuit of Unhappiness: an Almost History of America // Saison 1. Episode 3. McCarthy.

 

Après un deuxième épisode qui laissait entrevoir une jolie progression, Life, Larry and the Pursuit of Unhappiness: An Almost History of America continue son petit bonhomme de chemin à travers l'histoire américaine. Ce troisième chapitre reste très fidèle à la recette de départ. Le concept ne bouge pas d'un poil : Larry David voyage dans le temps pour imposer ses petites manies, ses obsessions du quotidien et sa fâcheuse tendance à rendre compliquées les situations les plus simples de l'histoire. Pourtant, ce nouvel épisode laisse une impression un peu différente des précédents. Le rythme semble plus linéaire d’un sketch à l’autre, même si l’efficacité n’est pas toujours la même partout. 

 

Si certaines idées font mouche tout de suite, d'autres donnent un sérieux sentiment de déjà-vu pour quiconque connaît un peu l'univers de l'humoriste. On commence à bien comprendre la formule après trois épisodes. La grande Histoire n'est qu'un immense terrain de jeu pour Larry David. Les événements majeurs des États-Unis servent surtout de prétexte pour jeter un homme inadapté aux conventions sociales au milieu de figures historiques qui essaient juste de faire leur boulot. C’est ce décalage permanent entre la gravité des événements et les préoccupations hyper futiles de Larry qui fait avancer la machine. Peu importe le siècle, il trouve toujours le moyen de pinailler sur une règle de politesse ou de contester une décision logique. C’est clairement la grande force de la série, mais cela devient aussi sa principale limite.

L’épisode enchaîne les époques sans sourciller. On commence par exemple avec une relecture de la Boston Tea Party assez surprenante. Au lieu de se concentrer sur l'impact politique de la révolte, l'intrigue s'attarde sur les frustrations d'un type vexé de ne pas avoir reçu son invitation. C'est absurde, plutôt bien trouvé, et les dialogues fonctionnent vraiment bien. Juste après, la série s'attaque aux frères Wright et à l'invention de l'aviation. Là encore, la dimension historique s'efface vite au profit d'une série de discussions lunaires. Larry ramène tout à lui et à ses petits problèmes de confort. Le problème, c’est que certaines répliques résonnent un peu trop comme des observations qu'il a déjà formulées dix fois dans ses anciens projets.

 

Heureusement, le segment sur l'Underground Railroad vient secouer un peu tout ça. C'est le grand moment de l'épisode, notamment parce qu'il marque le retour de JB Smoove. La connexion entre les deux acteurs est immédiate et ravira les nostalgiques de Curb Your Enthusiasm. On a moins l'impression de regarder un sketch écrit à l'avance que d'assister à une vraie discussion improvisée entre deux potes. Cette spontanéité fait un bien fou à la série. Les vannes s'enchaînent naturellement, sans forcer. C’est une vraie bouffée d'oxygène qui repose sur l'alchimie des comédiens plutôt que sur des références historiques un peu forcées. Cela pose d'ailleurs une vraie question qui plane sur la série depuis le début : jusqu'où Larry David peut-il cloner le style de Curb sans donner l'impression de faire du surplace ? 

Cet épisode 3 montre bien la frontière. Par moments, l'écriture se montre originale et s'adapte parfaitement au contexte d'époque. À d'autres moments, on sent que Larry recycle ses obsessions habituelles sur les manières à table ou les non-dits sociaux. Si cela s'intègre bien dans l'époque visitée, ça passe tout seul. Mais quand les dialogues pourraient être transposés dans un café moderne sans changer un mot, le charme de la nouveauté s'estompe un peu. Le passage sur le maccarthysme illustre bien ce problème et reste pour moi le moins réussi. L'idée de confronter Larry David aux commissions d'enquête de McCarthy avait un énorme potentiel satirique. Malheureusement, la scène s'étire en longueur et répète un peu les mêmes mécanismes en boucle. 

 

Même si la conclusion propose un twist plutôt rigolo, le sketch manque de rythme et donne une vraie sensation de surplace. Malgré ces quelques bas, la série garde un fond de satire contemporaine assez efficace. En grattant un peu, on comprend que ces voyages temporels servent surtout à montrer que les travers humains ne changent jamais. Les guerres d'ego, la bêtise administrative et les débats stériles traversent les âges sans prendre une ride.

 

Note : 7/10. En bref, ce troisième épisode confirme que la série est bien meilleure quand elle mise sur l'échange spontané plutôt que sur de longs monologues centrés sur les manies de Larry. Même si le sentiment de recyclage pointe parfois son nez, l'ensemble reste très agréable à suivre et bourré de bonnes idées. La série a trouvé son rythme de croisière : elle ne fait pas de l'histoire, elle fait du Larry David historique, et ça suffit souvent à notre bonheur.

Disponible sur HBO max

 

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