3 Juillet 2026
Star City // Saison 1. Episode 7. Plow Deep.
Après la claque visuelle et émotionnelle du précédent chapitre, Star City ralentit le tempo. Ce septième épisode choisit de poser les bases de son grand final en se concentrant sur les retombées des derniers drames. C’est un choix audacieux mais payant. Au lieu d'enchaîner les rebondissements à toute vitesse, la série prend le temps d'observer comment les personnages encaissent les coups et comment le programme spatial soviétique réorganise ses pions. L'épisode s'ouvre sur une ellipse temporelle de plusieurs mois qui bouscule immédiatement nos repères. On réalise vite que la machine étatique n'attend personne.
Les projets changent de cap, des têtes tombent, de nouveaux visages apparaissent dans les bureaux, et le système continue de tourner comme si de rien n'était. C’est le coeur même de la série qui s'exprime ici : cette volonté froide du pouvoir de faire passer l'institution avant l'humain. Pourtant, les scénaristes réussissent à montrer que tout ne s'efface pas si facilement. Les fantômes du passé hantent encore les couloirs, et les liens invisibles entre les survivants apportent une vraie touche d’émotion, tout en subtilité. On suit notamment Anastasia, prisonnière d’un quotidien qui sonne faux. La série appuie là où ça fait mal en montrant le gouffre immense entre la propagande glorieuse vendue au public et la solitude réelle de son héroïne.
C’est un contraste récurrent dans Star City, mais qui prend ici une dimension particulièrement touchante. En parallèle, les coulisses de la cité scientifique s'assombrissent. Les luttes de pouvoir autour de la station Saliout s’intensifient, et la science pure s'efface de plus en plus derrière des impératifs purement géopolitiques. À ce jeu-là, l’ancien directeur du programme reste fascinant. Même mis au placard, son ombre plane sur chaque décision. Le régime a beau vouloir l'écarter, il se heurte à une réalité concrète : on ne remplace pas un génie par un simple décret administratif. Ces face-à-face silencieux montrent bien toute l'absurdité du système. La dynamique entre Irina et Lyudmilla passe elle aussi à la vitesse supérieure. Leurs échanges sont un modèle de tension psychologique.
Irina navigue en eaux troubles, constamment tiraillée entre sa conscience et ce qu'on exige d'elle. Sa trajectoire est hyper crédible car on sent le poids de chaque choix dans un monde où la paranoïa est la règle. En face, Lyudmilla incarne la ligne dure et le contrôle absolu. Pour autant, la série évite le piège du personnage tout noir ou tout blanc. On entrevoit des morceaux de son passé qui éclairent ses méthodes sans pour autant les excuser, ce qui donne une vraie belle épaisseur à leur face-à-face. L'atmosphère générale de cet épisode est étouffante. Pas besoin de grandes explosions pour nous faire stresser : la simple idée que chaque pièce puisse être sur écoute et que chaque collègue puisse être un informateur suffit à installer un climat de thriller permanent.
Visuellement, la mise en scène exploite à merveille la monotonie des décors. Les bureaux gris, les couloirs interminables et l'architecture soviétique renforcent cette sensation d'enfermement. Ironiquement, même les cosmonautes en orbite semblent privés de liberté, surveillés à des centaines de kilomètres de la Terre. Ce rythme plus posé ne plaira peut-être pas à tout le monde, mais il est indispensable. Après les secousses des semaines passées, il fallait ce moment de respiration pour mesurer l'impact psychologique et politique des derniers événements. C'est ce qui donne du relief aux dilemmes des protagonistes, souvent coincés entre l'éthique et la simple survie.
Le coup de maître vient dans les dernières minutes avec un retournement de situation totalement inattendu. Cette révélation change complètement notre lecture des intrigues précédentes et relance les enjeux d'un coup sec. On termine l'épisode avec une tonne de questions et une envie folle de lancer la suite.
Note : 8.5/10. En bref, ce septième épisode remplit son contrat à 100 %. En refusant la surenchère d'action pour privilégier l'humain et la stratégie, il consolide l'identité de Star City. Plus qu'une simple série sur la conquête de l'espace, le show s'impose comme un drame psychologique captivant sur des hommes et des femmes qui tentent de garder leur âme dans un monde qui veut la leur prendre. Le final est désormais sur les rails, et il s'annonce explosif.
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