3 Juillet 2026
Tu Yaa Main // De Bejoy Nambiar. Avec Adarsh Gourav et Shanaya Kapoor.
Quand j’ai vu que Bejoy Nambiar sortait un thriller de survie indien avec un crocodile, j’avoue que j’ai eu un petit élan de curiosité. Un survival animalier dans le cinéma de Bollywood, ça ne court pas les rues. Sur le papier, l'idée d'associer romance moderne, influenceurs et monstres aux dents acérées avait un côté décalé plutôt excitant. Mais dans la réalité, quelle purge. Je suis ressorti de là dépité. Le film essaie de jouer sur tous les tableaux et rate absolument tout ce qu'il entreprend. Tout commence par une romance interminable qui plombe direct l’ambiance. On fait la connaissance de Flow, un rappeur qui passe sa vie à essayer de percer sur les réseaux, et d’Avni, une influenceuse aux millions d’abonnés.
L'aventure de deux créateurs de contenu devient un jeu de survie mortel, les obligeant à affronter à la fois les dangers de la nature et leur propre rivalité.
Ils se croisent, et bam, c’est le coup de foudre instantané. Le problème, c’est que ça ne tient pas debout une seconde. Le réalisateur ne prend même pas le temps de construire leur histoire. On assiste juste à un enchaînement de séquences ultra superficielles, calibrées pour ressembler à des réels Instagram ou des vidéos TikTok. C’est censé nous faire vibrer, mais on s’ennuie ferme devant ce manque total de profondeur. Impossible de s'attacher à eux ou de croire à leur couple. Puis vient le moment où ils partent à Goa pour faire le point. C’est là que le film bascule enfin dans le vif du sujet : le fameux huis clos. Nos deux héros se retrouvent piégés au fond d'une piscine abandonnée.
Et comme si ce n’était pas déjà assez galère, un crocodile géant débarque. Puis deux. Franchement, le concept de la piscine désaffectée comme arène de survie, j’adhérais à fond. Il y avait de quoi créer une ambiance hyper étouffante, un truc viscéral où le spectateur retient son souffle à chaque mouvement. Mais l’espoir s'est vite envolé. Le gros problème, c’est que le scénario s'enfonce instantanément dans les pires clichés du genre. On voit venir chaque attaque à des kilomètres. C’est toujours la même mécanique prévisible : dès que la bête plonge sous l'eau, on sait exactement quand et où elle va ressurgir. Pour couronner le tout, le film abuse de ficelles scénaristiques grosses comme des maisons.
Le couple survit par miracle à des situations impossibles juste parce que le script l’a décidé, tandis que les personnages secondaires servent de chair à canon sans aucune logique. Ces incohérences permanentes finissent par tuer tout le suspense. On décroche complètement de leur lutte pour rester en vie. Cette écriture paresseuse bousille aussi tout l'enjeu émotionnel. Le film a passé une heure à nous imposer leur romance, probablement pour qu'on tremble pour eux ensuite. Spoiler : ça ne marche pas du tout. Les dialogues sonnent faux, les acteurs manquent cruellement de complicité et leurs échanges pendant qu'ils sont traqués sont d’un ridicule achevé. Quand le danger est là, on s’en fiche royalement.
On ne ressent aucune empathie pour ce couple en plastique, ce qui enlève toute tension aux scènes de survie. Pour ne rien arranger, la technique est à la ramasse. Pour qu’un thriller animalier fonctionne, il faut que la menace soit crédible. Ici, le crocodile en images de synthèse fait peine à voir. Les animations sont ultra rigides, les textures crient le manque de budget et certains plans brisent instantanément l’immersion. On dirait un effet visuel d’un jeu vidéo d'il y a dix ans. Même le design sonore est plat. Les attaques manquent cruellement d’impact et de brutalité, alors que le son aurait pu sauver les meubles en rendant l'eau oppressante. À la place, on regarde juste des pixels mal détourés s'agiter sans le moindre frisson. Du côté du casting, ce n'est pas la joie non plus.
Adarsh Gourav essaie tant bien que mal de sauver les meubles. On sent qu’il s’implique et donne un peu de sincérité à sa détresse, mais il est coincé par des lignes de texte catastrophiques. Quant à Shanaya Kapoor, elle est à l'aise pour jouer les influenceuses superficielles au début, mais dès qu'il faut exprimer la terreur pure ou le désespoir, ça sonne terriblement faux. Ses réactions semblent forcées et ne transmettent aucune vraie détresse. Pour couronner le tout, le film dure plus de deux heures. C’est une éternité pour une intrigue aussi mince. La première moitié s’étire en longueur pour une amourette bidon, et une fois dans la piscine, le scénario tourne en rond et recycle les mêmes idées en boucle. En coupant une bonne demi-heure de scènes répétitives, on aurait au moins pu avoir un truc rythmé et nerveux.
Note : 3/10. En bref, Tu Yaa Main est un beau gâchis. Vouloir renouveler le genre en Inde était une bonne intention, mais l'exécution est un ratage complet. Entre une romance niaise, un suspense inexistant, des effets spéciaux low-cost et des longueurs interminables, je me suis juste ennuyé. Si vous cherchez un vrai bon film de survie, passez votre chemin, celui-ci ne vaut vraiment pas le coup d'œil.
Sorti le 1er juillet 2026 directement sur Netflix
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