1 Juillet 2026
On ne compte plus les fictions anglophones qui essaient de nous refaire le coup de la satire sociale chez les ultra-riches. The Season débarque sur ce créneau déjà bien saturé avec une première saison en six épisodes. L'idée de départ est vue et revue, mais elle fonctionne souvent : nous plonger dans un panier de crabes doré où tout le monde se déteste, où chaque relation est guidée par le fric et la réputation. Sauf qu'entre la promesse de départ et le résultat final à l'écran, il y a un gouffre. La série essaie de se donner des airs de thriller psychologique chic, mais elle passe complètement à côté de son sujet. L'histoire nous parachute à Hong Kong aux côtés de Cola, jouée par Jessie Mei Li.
Un groupe d'amis de l'élite nautique de Hong Kong voit son escapade estivale virer à la trahison et aux luttes de pouvoir lorsque des agendas cachés émergent.
C'est une étudiante en économie venue de Chicago, censée passer un entretien d'embauche pour gérer la fortune d'une famille hyper influente. Très vite, le côté professionnel passe au second plan. Pour s'intégrer, Cola doit enchaîner les soirées mondaines, naviguer de yacht en yacht et squatter des réceptions privées. Le problème, c'est que ce milieu est censé être un club ultra-fermé, mais que notre étudiante y entre comme dans un moulin, sans que cela ne choque personne. Au cœur de ce petit monde, on trouve les Hext, une famille de la haute menée par Fiona Hext. Autour d'elle, c'est le festival des clichés : un mari ruiné qui panique, une nièce perdue dans des amourettes toxiques et des seconds rôles qui complotent dans les coins.
Les épisodes s'enchaînent et empilent les personnages comme des briques, mais sans jamais prendre le temps d'expliquer clairement leurs liens ni leurs véritables buts. On se retrouve vite face à une galerie de portraits superficiels qui s'agitent dans le vide. Heureusement que le personnage de Cola apporte un semblant d'intérêt, car on comprend vite qu'elle n'est pas là par hasard. Son passé resurgit par petits morceaux et on devine une envie de vengeance ou de règlement de comptes. La série tente alors de bifurquer vers le récit d’infiltration. C’est le seul fil conducteur un peu solide du show, même si le scénario avance à deux à l'heure et refuse de formuler clairement les enjeux dramatiques avant les derniers épisodes.
Visuellement, le décor de Hong Kong sauve un peu les meubles. La réalisation abuse des plans sur la skyline, les ports et les immenses tours de verre. C'est hyper propre, très lumineux, et cela tranche plutôt bien avec la noirceur des personnages. Mais de jolies images ne suffisent pas à faire une bonne série, et le vernis craque très vite dès que les personnages ouvrent la bouche. Le principal naufrage de The Season vient en effet de son écriture, qui est d'une lourdeur assez pénible. Les dialogues ne sont absolument pas naturels. Les personnages passent leur temps à s'expliquer la vie, à rappeler qui est qui et à verbaliser leurs intentions. Au lieu de nous montrer les tensions, la série choisit de nous les dicter.
Forcément, les scènes perdent toute leur spontanéité. On a constamment l'impression d'écouter des personnages qui lisent le script à haute voix pour être sûrs que le spectateur ne perde pas le fil. Cette lourdeur est aggravée par un éparpillage permanent. Le scénario veut trop en faire et multiplie les sous-intrigues inutiles, entre les histoires de cœur bidon et les rivalités de bureau secondaires. En seulement six épisodes, il est impossible de traiter autant de pistes correctement. Résultat, l'ensemble paraît totalement fragmenté. Chaque personnage mène sa petite barque de son côté, et les différentes lignes narratives ne convergent jamais vers une direction commune ou un final percutant.
Certains moments un peu plus intimistes essaient de sauver le meuble en se concentrant sur des conflits plus humains, loin des histoires de gros sous. Ces scènes apportent une respiration bienvenue, mais elles arrivent trop tard et restent bien trop superficielles pour qu'on s'attache vraiment aux protagonistes. Le rythme général de la saison souffre aussi d'un terrible manque d'ambition. On ronronne gentiment entre deux fêtes, une scène d'explication et une confrontation timide. L'intensité dramatique reste plate du début à la fin. La série préfère accumuler les secrets plutôt que de proposer de vrais rebondissements ou des ruptures de ton capables de relancer la machine. On s'ennuie ferme devant cette progression linéaire et sans saveur.
Note : 3.5/10. En bref, cette première saison de The Season est une vraie déception. Elle se contente d'aligner les clichés des drames mondains sans jamais y apporter la moindre originalité ni la moindre profondeur. L'intrigue de l'infiltration est gâchée par des dialogues explicatifs indigestes et une narration qui s'éparpille dans tous les sens. C'est une série superficielle qui ne parvient jamais à trouver son identité ni à justifier ses six épisodes. Vous pouvez passer votre chemin sans regret.
Disponible sur Disney+
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