Zodiaque (2026) (Saison 1, épisodes 3 et 4) : une intrigue qui progresse mais sans miracle

Zodiaque (2026) (Saison 1, épisodes 3 et 4) : une intrigue qui progresse mais sans miracle

Après un démarrage qui avait mis pas mal de temps à installer tout le monde, la nouvelle mouture de Zodiaque continue sa route avec deux épisodes qui font bouger les lignes. On sent que la série a passé le cap de l'exposition pure et dure. Ces épisodes 3 et 4 lâchent un peu la mise en place de l’univers pour plonger au cœur du problème. Le mystère complet reste entier, c'est évident, mais on commence enfin à comprendre ce qui fait courir les différents personnages. Pour autant, n'attendez pas le thriller du siècle. Sans réinventer la roue du polar de clan, cette deuxième soirée amène juste un peu plus de rythme. 

 

C’est globalement plus fluide, mais l’impression générale reste celle d’un divertissement estival correct, sans prise de tête, qui traîne encore les grosses ficelles du genre. Au début, on se posait surtout une question assez basique : qui a repris le costume du Zodiaque ? Cette fois, le scénario déplace le projecteur vers une autre interrogation un peu plus consistante : pourquoi cette famille-là est-elle visée par une telle vengeance ? Ce changement d'angle donne un peu de relief au récit. Au fil des révélations, on comprend que ce qui se passe aujourd'hui prend racine dans des vieilles histoires enfouies depuis des lustres. Les secrets que tout le monde s'efforce de cacher deviennent presque plus importants que les meurtres en eux-mêmes. 

 

Cela rappelle la grande époque des sagas de l'été, avec ses qualités et ses défauts. Les scénaristes ont au moins le mérite de poser un peu le jeu pour explorer les retombées de ce passé, même si les ficelles restent énormes et les rebondissements assez téléphonés par moments. La principale qualité de cette suite, c’est qu'on s'ennuie moins. Les deux premiers volets souffraient d'un trop-plein d'informations. Ici, l’histoire respire enfin. La série trouve un équilibre de croisière entre le travail de la police, les crises de nerfs au sein de la famille Escoffier et les secrets balancés au compte-gouttes. On n'a plus cette impression de surplace, chaque scène avance gentiment vers l'étape suivante. Cette fluidité retrouvée fait du bien aux visages de la série. 

 

Certains personnages qui faisaient de la figuration commencent à exister un peu plus et à trouver leur utilité dans l'engrenage. Côté dialogues, en revanche, c'est encore souvent très lourd et explicatif. Les personnages passent beaucoup de temps à se raconter ce que le spectateur a déjà compris, comme si la production avait peur de perdre quelqu'un en route. C'est dommage, ça manque cruellement de naturel. Garance Lombardi navigue depuis le départ dans une zone grise, coincée entre ses liens persos et sa posture d'observatrice face aux Escoffier. Cette dualité bouge un peu dans ces épisodes. Elle n'est plus la simple spectatrice qui subit les événements, elle s'impose comme un rouage de l'investigation. 

 

La bascule fonctionne plutôt bien à l'écran et évite que tout le poids de la série repose sur les seules épaules du commissaire. À côté de ça, Nadia fait son job de flic avec une vraie rigueur. Son binôme avec Keller tourne bien, mais on est sur un schéma vu et revu mille fois : l'expérience de l'ancien qui discute avec les méthodes modernes de la nouvelle génération. Le duo évite le naufrage des clichés grâce à l'efficacité des comédiens, mais cela n'apporte aucune surprise aux séquences purement policières. Le retour de Francis Huster était la grosse carte nostalgie de ce reboot. Après quatre épisodes, son personnage tient bien son rôle de pont avec la version d’origine, sans pour autant saturer l'écran. 

 

Keller est ici un flic plus posé, qui réfléchit plus qu'il n'agit. L'approche colle à ce qu'on attend de l'acteur, même si on aimerait parfois un peu plus d'énergie et de peps dans ses confrontations. Sa vraie valeur ajoutée reste sa mémoire, sa capacité à connecter les drames d'aujourd'hui aux fantômes d'hier. Ça donne une caution sympa à l'ensemble, à défaut d'être captivant. Ce qu'on retient de cette soirée, c'est que l'assassin n'est probablement que le prétexte pour sortir les squelettes du placard. L'écriture met en lumière les connexions entre plusieurs clans, les vieilles rancunes et les non-dits qui durent depuis des décennies. C'est la recette classique du genre, efficace mais sans aucune originalité. 

 

Les fameux quatrains inspirés de Nostradamus sont toujours là, mais ils font presque office de gadget pour donner une couleur locale au show, alors que le fond reste du mélo familial pur et dur. On regarde ça d'un œil distrait, curieux de voir la fin, mais sans passion dévorante. Derrière la caméra, pas de miracle pour ce Zodiaque version 2026. On reste sur une ligne visuelle très standard. Les décors de la Provence contrastent toujours aussi bien avec la noirceur de l'histoire, mais l'image manque cruellement de personnalité. La mise en scène fait le choix du strict minimum. Les amateurs de polars traditionnels de prime-time y trouveront leur compte, mais on peut regretter un vrai manque d'ambition esthétique. C'est plat, propre, et ça fait le boulot sans jamais chercher à marquer les esprits.

 

Ces épisodes 3 et 4 prouvent que la série a trouvé sa vitesse de croisière, mais cette vitesse reste modérée. Une fois le ménage fait dans les présentations, l'intrigue décolle gentiment grâce aux pièces du puzzle qui s'emboîtent. Les secrets de famille portent le récit, mais le show reste extrêmement classique, voire un peu paresseux dans sa forme. 

 

Note : 5/10. En bref, c’est le feuilleton estival typique : sympa à suivre un soir d'été, idéal pour se détendre sans se tordre les méninges, mais ça s'arrête là. On sent une petite progression par rapport au démarrage, ce qui donne envie de voir comment ils vont boucler tout ça, mais on oubliera probablement le tout une fois le générique de fin de saison passé.

Disponible sur TF1+

 

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