8 Juillet 2026
Disclosure Day // De Steven Spielberg. Avec Emily Blunt, Josh O'Connor et Colin Firth.
On a tous un réalisateur fétiche, celui dont on défend les films envers et contre tout. Pour moi, c’est Steven Spielberg. Depuis mon enfance, son cinéma me fait vibrer, rêver, et m’embarque comme aucun autre. Alors forcément, quand j’ai entendu parler de Disclosure Day, son tout nouveau projet de science-fiction centré sur la révélation d’une vie extraterrestre, j’étais le premier dans la file d’attente, plein d'espoir et d'excitation. J'imaginais déjà retrouver la magie pure d'E.T. ou la fascination mystique de Rencontres du troisième type. Mais cette fois, la sauce n’a pas pris. Ce film m'a laissé une impression tenace de rendez-vous manqué. Pourtant, le point de départ de Disclosure Day avait tout pour plaire.
Si tu découvrais que nous ne sommes pas seuls ? Si on te le montrait, te le prouvait, ça te ferait peur ? Les gens ont droit à la vérité. Elle appartient à sept milliards de personnes. Chaque seconde nous rapproche de l’inévitable… Disclosure Day.
Imaginer l'impact global, politique et humain du jour où l'humanité apprend officiellement qu'elle n'est pas seule dans l'univers, c’est un pitch en or. On pouvait s'attendre à une œuvre profonde sur nos croyances, nos peurs et notre capacité à accepter l'inconnu. Mais au lieu de creuser cette piste fascinante, le scénario bascule rapidement dans quelque chose de beaucoup plus balisé et classique. Le récit s'enfonce dans une routine de courses-poursuites et de confrontations assez génériques. On a la désagréable sensation de regarder un film de science-fiction tout droit sorti d’une autre époque, qui essaie de copier l'ambiance des années 80 sans jamais en capter l'âme ni l'étincelle. Le gros point noir du film, c'est son rythme et, plus encore, son manque cruel d'émotion.
Pendant plus de deux heures, l'intrigue s'étire en longueur. Les scènes se succèdent sans que l'histoire n'avance vraiment, et la fameuse révélation promise par le titre reste bien trop longtemps au second plan. On tourne en rond. Mais le pire reste l'indifférence dans laquelle le film nous plonge. Je n'ai ressenti aucun attachement pour les personnages. Les acteurs font ce qu'ils peuvent et livrent des prestations correctes, mais leurs rôles manquent tellement de relief et de profondeur qu’on traverse leurs épreuves sans jamais trembler pour eux. Dans un film de Spielberg, l'humain est censé être le cœur battant de l'histoire. Ici, les protagonistes subissent les événements sans qu'on comprenne vraiment ce qui les anime, ce qui brise toute chance d'empathie.
Heureusement, tout n'est pas à jeter. Visuellement, le savoir-faire du réalisateur reste indiscutable. Spielberg sait toujours comment poser sa caméra, orchestrer le gigantisme d'une scène et capter des ambiances soignées. Quelques plans isolés rappellent le génie visuel de ses grands classiques. Mais la technique ne peut pas sauver un scénario aussi prévisible et bancal, qui s'emmêle les pinceaux en voulant mélanger le thriller politique, l'invasion extraterrestre et la réflexion spirituelle. De plus, les effets visuels s'avèrent parfois étonnamment datés pour une production de cette envergure, perdant de leur impact face à des œuvres pourtant bien plus anciennes du cinéaste. Il faut tout de même être juste : les vingt dernières minutes sauvent les meubles.
C'est à ce moment-là, enfin, que le film décolle et touche du doigt ce qu'il aurait dû être depuis le départ. Cette fin apporte de vraies réponses, gagne en intensité et pose de vraies questions sur notre rapport à l'inconnu et notre difficulté à appréhender ce qui nous dépasse. Pendant ce court laps de temps, j'ai retrouvé un aperçu de la patte du grand Spielberg, de celle qui donne le frisson et qui sait lier l'intime à l'universel. Malheureusement, ce sursaut arrive bien trop tard. Après deux heures de longueurs et de détours inutiles, le spectateur reste un simple observateur distant au lieu d'être pleinement impliqué.
Note : 4.5/10. En bref, Disclosure Day n'est pas un ratage technique complet, car la mise en scène conserve une certaine élégance, mais il manque cruellement de souffle, de générosité et d'identité. C'est une aventure correcte mais sans surprise, qui laissera sans doute les amoureux de la grande époque du cinéaste sur leur faim. Moi le premier, j'aurais tellement aimé l'aimer, mais le cœur n'y était pas.
Sorti le 10 juin 2026 au cinéma
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