8 Juillet 2026
One Last Deal // De Brendan Muldowney. Avec Danny Dyer, Elliott Rogers et Carlos Bardem.
Le concept du huis clos est un exercice de style ultra casse-gueule au cinéma. Enfermer un mec sous pression dans une seule pièce en pariant tout sur son énergie et ses dialogues, c’est quitte ou double. Quand l’écriture est solide, ça donne des pépites de tension. Quand ça coince, on regarde sa montre. Avec One Last Deal, le résultat se situe pile au milieu. Danny Dyer fait le job et balance ses répliques avec l'efficacité qu'on lui connaît, mais le film a un mal fou à décoller et reste bloqué sur son idée de départ. L'histoire nous plonge dans le quotidien de Jimmy Banks, un agent de foot londonien habitué aux négociations tendues et aux coups de bluff.
Un agent sportif chevronné se bat pour décrocher un dernier contrat lucratif pour sa star, alors que leurs carrières et leurs vies sont en jeu.
Son business est déjà sur un fil, mais une galère va tout faire basculer. Son plus gros client, une star du ballon rond, attend le verdict d’un procès qui peut flinguer sa carrière en deux secondes. Le problème, c’est que si le joueur plonge, le contrat en or que Jimmy négocie depuis des mois s'envole avec lui. Coincé entre les quatre murs de son bureau, le casque vissé sur les oreilles, Jimmy passe en mode gestion de crise. Il enchaîne les coups de fil, cherche des failles, manipule son monde et tente de sauver les meubles. Sauf que les emmerdes adorent voyager en groupe. En plus de sa survie professionnelle, il doit gérer une vie de famille en miettes, des tensions explosives avec son ex, et les appels flippants d'un mystérieux correspondant anonyme à la voix trafiquée.
Rapidement, la façade commence à se fissurer. Le vrai point fort du film, c'est clairement Danny Dyer. L’acteur est totalement dans son élément en costume d'homme d’affaires ultra confiant, un brin arrogant, toujours prêt à dégainer la punchline qui calme tout le monde pour garder le contrôle. C’est le profil typique du cinéma britannique que l'on aime voir : un mec qui joue les durs en surface mais qui crève de trouille à l'idée de tout perdre. Dyer donne un vrai coup de fouet au rythme, évitant au film de sombrer dans une monotonie mortelle. Son débit ultra rapide, son accent londonien à couper au couteau et son côté grande gueule font mouche pendant une bonne partie de l'histoire. C'est même plutôt plaisant de le voir négocier son avenir financier comme s’il jouait sa vie sur un dernier terrain.
Le souci, c'est que la mise en scène se repose beaucoup trop sur lui. Une fois qu'on a compris le truc, One Last Deal commence à tourner sérieusement en rond. Le choix d’un décor unique crée une ambiance confinée, mais il bloque aussi l'évolution du récit. On passe une heure et demie enfermés avec Jimmy, et les conversations téléphoniques deviennent le seul et unique moteur de l'action. Sur le papier, l'option était intéressante pour faire monter la sauce psychologique. À l'écran, le réalisateur ne réussit pas à transformer cette contrainte en force. Les appels se succèdent, les infos tombent au compte-gouttes, mais on ne ressent jamais le vrai sentiment d’urgence qu'on attend d'un bon thriller.
Pourtant, le scénario effleure des thèmes super intéressants sur les coulisses du foot business moderne, l’oseille, la gestion d’image et le cynisme de certains agents prêts à tout sacrifier pour un chèque. Jimmy Banks est un personnage intéressant, tout en nuances de gris. Ce n'est ni un enfant de chœur, ni un monstre absolu. C'est juste un mec qui sait que dans son milieu, les sentiments se font bouffer par les clauses contractuelles. Malheureusement, le film reste à la surface et refuse de creuser. La relation complexe entre Jimmy et son joueur, ses dilemmes moraux ou ses galères familiales passent au second plan, alors qu’il y avait de quoi donner une vraie profondeur psychologique à l'histoire.
Même constat pour le corbeau qui le menace au téléphone. L'idée apporte un peu de suspense, mais l'intrigue devient vite prévisible. Le film tente de nous amener vers un gros twist final, sauf que les indices sont tellement gros qu’on devine la conclusion bien avant le dénouement.
Note : 4.5/10. En bref, One Last Deal s'en sort grâce à l’énergie brute de Danny Dyer, qui sauve le projet de l'ennui. Les fans de l'acteur y trouveront leur compte. Mais pour un thriller censé nous faire transpirer, le film manque cruellement de mordant et s'avère un peu trop sage. Ça se regarde sans déplaisir un dimanche soir, mais ça s'oublie aussi vite après le générique de fin.
Prochainement en France en SVOD
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