Elle (Saison 1, épisodes 1 et 2) : un début centré sur l'adaptation et les premiers obstacles

Elle (Saison 1, épisodes 1 et 2) : un début centré sur l'adaptation et les premiers obstacles

Quand on pense à Elle Woods, l'héroïne culte des films La Revanche d'une blonde, on imagine tout de suite les tailleurs roses flashy, le sourire ultra-bright et une assurance à toute épreuve. Autant dire que ces deux premiers épisodes de la série Elle prennent le contre-pied total de nos attentes. Cette préquelle fait le choix audacieux de nous plonger dans une époque où rien n'est encore gagné pour elle. L'assurance légendaire du personnage laisse ici la place aux doutes d'une adolescente parachutée dans un univers où elle ne connaît personne et où le regard des autres est impitoyable. Ces deux chapitres introductifs prennent le temps de poser les bases. 

 

Retour sur les années lycée d'Elle Woods et les expériences de vie qui l'ont façonnée. Avant qu’elle ne se retrouve comme un poisson hors de l’eau à Harvard, Elle doit s'adapter - en 1995 - aux eaux tumultueuses du lycée de Seattle, où elle fait face à des amitiés compliquées, une romance interdite et des choix vestimentaires discutables. À travers tout cela, Elle s'appuie sur sa famille et tisse un lien encore plus fort avec sa mère, prouvant qu'elles peuvent surmonter tout ce que la vie leur réserve tant qu'elles sont là l'une pour l'autre. À chaque défi qu'elle relève, Elle se rapproche de plus en plus de la Elle Woods que nous connaissons et aimons aujourd'hui.

L'intrigue ne cherche pas à brûler les étapes, ce qui permet de prendre la mesure des obstacles qui attendent notre héroïne tout au long de cette première saison. Le premier épisode démarre fort en bousculant radicalement le quotidien de la jeune fille. Alors qu'elle menait une vie parfaite et paisible à Bel-Air, entourée de ses proches et de ses amies, tout s'effondre lorsque ses parents annoncent un déménagement soudain pour Seattle. Ce départ n'a rien d'une aventure choisie ou d'un nouveau départ enthousiasmant. C'est la conséquence directe des erreurs financières et des mauvais choix de son père. Dès les premières minutes, la série nous montre une héroïne vulnérable qui perd brutalement tous ses repères.

 

L'arrivée à Seattle marque une vraie rupture. Le changement ne se résume pas seulement au climat plus pluvieux. Elle débarque dans un lycée public où son look, sa façon de s'exprimer et sa personnalité solaire détonnent complètement et s'attirent immédiatement des critiques acerbes. En Californie, elle s'était construit un statut. Ici, sa réputation passée ne lui sert strictement à rien. Elle doit tout reconstruire et repartir de zéro. Ce que je trouve vraiment réussi dans cette transition, c'est que le scénario ne cherche pas à lui faciliter la tâche de manière artificielle. Chaque tentative d'intégration se prend les pieds dans le tapis. Qu'elle essaie de s'approcher du groupe des élèves populaires ou de nouer des liens avec des camarades plus discrets, Elle galère à trouver sa place. 

Le script insiste intelligemment sur le poids du jugement des autres plutôt que sur d'éventuelles gaffes qu'elle aurait commises. Heureusement, la jeune fille croise la route de personnages secondaires qui apportent une belle nuance au récit. Dustin, par exemple, propose une vision du lycée très différente grâce à son engagement dans diverses causes associatives. De son côté, Liz reste mystérieuse et difficile à cerner, mais on sent déjà poindre une vraie complexité sous sa carapace. La bonne surprise vient surtout de Donna, la secrétaire de l'établissement, qui devient la toute première adulte à accueillir Elle avec bienveillance et sans aucun a priori. Cette relation devient rapidement le cœur émotionnel de ce début de saison. Donna s'impose comme le premier point d'ancrage de l'héroïne dans cette ville hostile. 

 

C'est pour cette raison que la fin du premier épisode frappe un grand coup. En voulant rendre service et en pensant bien faire, Elle déclenche une série d'événements qui mènent au licenciement injuste de la secrétaire. Ce dénouement inattendu apporte une touche dramatique touchante qui tranche avec la légèreté du début. Le deuxième épisode embraye directement sur cette lancée. Là où d'autres personnages auraient baissé les bras ou tourné la page, Elle refuse d'abandonner. Persuadée qu'elle est responsable de cette situation, elle se met en tête de tout faire pour laver le nom de Donna et lui faire retrouver son poste. Cette décision marque un premier tournant majeur pour le personnage. 

Si son but initial dans le pilote était simplement de se faire accepter et de retrouver sa popularité perdue, sa priorité bascule vers la justice et la défense d'une personne victime d'un système injuste. Ce choix donne immédiatement plus d'épaisseur et de maturité à notre héroïne. En parallèle, l'intrigue tisse un mystère plutôt intrigant autour de l'administration du lycée. On comprend vite que les accusations contre Donna cachent quelque chose de beaucoup plus gros qu'une simple sanction disciplinaire. Sans basculer pour autant dans le thriller sombre, ces révélations apportent un fil rouge accrocheur qui promet de se développer par la suite. Pour être tout à fait honnête, je reste un peu partagé sur ce dosage. 

 

L'enquête autour de Donna est bien menée, mais elle prend parfois le pas sur ce qui me plaisait le plus : la découverte progressive de Seattle par Elle et ses efforts pour s'adapter à sa nouvelle vie. J'espère que la série saura rééquilibrer les choses dans les prochains épisodes. Du côté des relations amicales et amoureuses, les lignes bougent aussi. Liz commence tout doucement à revoir ses préjugés sur Elle, même si leur complicité reste encore très fragile. Une nouvelle venue, Shannon, apparaît comme une alliée potentielle. Elle partage pas mal de points communs avec l'héroïne, ce qui permet de souffler un peu et d'amener une vraie bouffée d'air frais au milieu de toutes ces galères. Le cas de Miles est plus complexe. 

Alors que les premiers échanges laissaient présager une romance lycéenne classique et naturelle, la toute dernière scène de l'épisode 2 vient bousculer cette certitude. Ce rebondissement bien placé pique notre curiosité pour la suite sans pour autant saturer l'histoire de drames inutiles. Ce que je l'on retient surtout après ces deux heures passées devant l'écran, c'est la force de caractère d'Elle Woods. Malgré les portes closes et les déceptions, elle refuse de se travestir ou de changer qui elle est pour plaire au groupe. Elle essaie parfois de s'adapter aux codes locaux, mais sa vraie nature reprend toujours le dessus. C'est grâce à cette cohérence d'écriture que l'on commence à retrouver les traits de caractère de la Elle adulte que l'on aime tant.

 

La série prend le soin de nous rappeler que cette version adolescente n'a pas encore l'armure de confiance en soi qu'elle arborera plus tard. Elle doute, elle fait des erreurs de jugement et agit souvent sur un coup de tête. C'est justement ce cheminement qui rend le visionnage intéressant : on assiste à la genèse d'une icône. Sur le plan visuel, l'ambiance pourra surprendre les puristes. La réalisation filme Seattle de manière très sobre, loin des filtres chauds et acidulés de Bel-Air. Ce contraste visuel souligne parfaitement le sentiment d'isolement et de décalage de l'héroïne, même si cette atmosphère un peu plus terne demande un petit temps d'adaptation.

 

Note : 6/10. En bref, ces deux premiers épisodes de Elle font un bon travail de mise en place. Entre une intégration compliquée, le combat pour sauver Donna, les rivalités naissantes et les secrets du lycée, les pistes pour la suite de la saison sont nombreuses. Le rythme prend son temps, mais la métamorphose de cette ado superficielle en une jeune femme prête à se battre pour ses convictions donne clairement envie de voir la suite.

Disponible sur Amazon Prime Video

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article