2 Juillet 2026
Vingt ans après avoir scotché des millions de téléspectateurs devant TF1, la célèbre saga d’été Zodiaque fait son grand retour. Pour cette version 2026, la chaîne nous propose une nouvelle intrigue en six épisodes. Le pari est osé puisqu'on s’éloigne presque totalement des visages de l’époque pour se concentrer sur une nouvelle famille. Le seul vrai fil conducteur avec le passé, c'est le retour du commissaire Antoine Keller. Ces deux premiers épisodes avaient donc une mission super délicate : séduire les nostalgiques de la première heure tout en embarquant un public plus jeune qui n'a jamais connu les grandes sagas des années 2000.
Les enfants paieront pour les crimes de leurs parents... À Aix-en-Provence, la riche famille Escoffier est frappée par une série de meurtres mystérieux qui portent la marque du Zodiaque, un tueur en série qui a sévi dans la région vingt ans plus tôt, mais que tous croyaient mort...
Après avoir visionné ce lancement, je ressors de là avec un sentiment assez partagé. La série pose des bases prometteuses, c'est indéniable. En revanche, elle passe énormément de temps à installer ses pions, à présenter une tonne de personnages et à démêler des liens complexes. Autant dire qu'il faut s'accrocher et être bien concentré dès les premières minutes pour ne pas perdre le fil. Le tout premier épisode met le paquet sur la présentation de la famille Escoffier. Tout commence par un mariage, le décor idéal pour réunir tout le monde, mais surtout pour faire éclater les premières tensions. Très vite, les rivalités de longue date, les vieilles rancœurs et les secrets enfouis refont surface et gâchent la fête.
C'est alors qu'un meurtre brutal vient bousculer cette réunion de famille. Ce drame réveille immédiatement le fantôme du Zodiaque, un tueur en série que tout le monde pensait pourtant hors d'état de nuire depuis des décennies. Rejouer la carte de cette menace historique fonctionne plutôt bien. Cela apporte instantanément une vraie dose de mystère et une ambiance pesante à l'intrigue. Le vrai problème de cette introduction, c'est sa densité. Le scénario déborde d'informations. Entre le nombre incalculable de cousins, d'oncles et de tantes, les histoires d'amour secrètes et les intrigues secondaires qui s'entremêlent, on frôle parfois l'indigestion.
Ce genre de feuilleton demande toujours un petit temps d'adaptation, mais ici, le premier épisode accumule un peu trop de données en un minimum de temps. Heureusement, une fois que les présentations officielles sont faites, le deuxième épisode se révèle beaucoup plus fluide et agréable à suivre. L'enquête policière s'installe pour de bon et permet enfin au récit de respirer. Les scénaristes commencent à lâcher les premiers indices et plusieurs pistes sérieuses se dessinent autour des motivations réelles du tueur. Cette montée en puissance rappelle ce qui faisait le succès des sagas d'été à l'ancienne. On retrouve cette mécanique efficace où chaque réponse cache en fait une nouvelle question.
Sans pour autant révolutionner le genre du thriller télévisuel, la série devient tout de suite plus addictive. La bonne idée de cette version 2026 est d'intégrer les quatrains de Nostradamus. Cela donne une identité visuelle et narrative différente. On s'éloigne des traditionnels signes astrologiques de la série originale pour glisser vers une ambiance ésotérique inédite qui colle parfaitement à la mise en scène des crimes. Là où Zodiaque (2026) marque des points, c'est dans son refus de céder aux effets de style trop modernes ou tape-à-l'œil. La réalisation reste classique mais très soignée. Les paysages magnifiques de la Provence offrent un cadre lumineux et chaleureux qui tranche radicalement avec la noirceur des drames vécus par les protagonistes.
Les immenses propriétés familiales, les falaises des calanques et les décors naturels du Sud de la France jouent un rôle à part entière. Ils renforcent cette atmosphère typique des drames familiaux où chaque membre du clan semble porter un masque et dissimuler une part de vérité. Certains spectateurs trouveront peut-être cette mise en scène un brin trop sage ou académique. De mon côté, je trouve qu'elle respecte pleinement l'ADN de la franchise. Le but ici n'est pas de réinventer le polar sombre à la Scandinave, mais de renouer avec le plaisir du grand feuilleton populaire qui repose avant tout sur les secrets de famille. La présence de Francis Huster au générique est une excellente chose pour assurer la continuité.
Son personnage du commissaire Keller a pris de la bouteille. Il apporte une vraie sagesse, une expérience du terrain et une stabilité indispensable au milieu de cette tempête. À ses côtés, Erika Sainte s'en sort remarquablement bien dans le rôle de Garance Lombardi. Elle porte une grande partie de la charge émotionnelle de la série. Son personnage se retrouve impliqué de manière très personnelle dans l'enquête, ce qui permet de créer un lien d'empathie immédiat avec le public, sans jamais en faire trop. Le reste de la distribution regorge de visages bien connus de la télévision française qui incarnent cette famille au bord de l'implosion. Les affrontements entre les différentes générations fonctionnent bien et donnent assez de matière pour tenir le spectateur en haleine pour la suite.
Je regrette juste que certains personnages secondaires soient encore un peu effacés, mais les prochains épisodes devraient leur laisser plus d'espace pour s'exprimer. On ne peut pas regarder cette version sans faire la comparaison avec l'œuvre d'origine. Pourtant, cette cuvée 2026 ne se contente pas de copier-coller la recette d'autrefois. Le rythme global est nettement plus soutenu, les dialogues s'avèrent plus percutants et l'omniprésence de la technologie change la donne dans la manière de mener les investigations. Les messages anonymes reçus directement sur les smartphones remplacent les lettres de l'époque, ce qui modernise l'intrigue sans pour autant trahir l'esprit de départ.
Cette évolution montre une vraie volonté de s'adapter aux codes actuels de la télévision. Trouver le bon équilibre entre la nostalgie pure et les attentes d'un public de 2026 est un exercice difficile. Sur ce point, ces deux premiers épisodes s'en sortent honorablement. Au-delà de la simple traque du tueur, plusieurs thématiques profondes se dessinent. La série aborde le poids du passé, la transmission des traumatismes d'une génération à l'autre et les ravages des non-dits au sein d'une communauté. Pour le moment, ces sujets sont à peine esquissés. L'intrigue privilégie l'action et la mise en place du suspense avant de creuser la psychologie des personnages. C'est précisément sur ce terrain que la suite de la saison sera attendue au tournant.
Si les scénaristes se contentent d'enchaîner les rebondissements faciles, la série pourrait vite tourner en rond. Si au contraire, ils prennent le temps de développer les failles des Escoffier, la série gagnera en intérêt. Pour résumer, ce lancement remplit son contrat de base. Le premier épisode demande un peu de patience car l'exposition est lourde, mais le second redresse la barre en trouvant le bon tempo entre les révélations et la tension dramatique. Le suspense fonctionne, les pistes sont assez mystérieuses pour donner envie de voir la suite et le casting tient la route.
Note : 5.5/10. En bref, il manque encore à ce Zodiaque une petite touche d'originalité pour se démarquer vraiment des autres thrillers familiaux qui inondent nos écrans depuis des années. Le projet reste un peu trop prudent dans ses choix pour l'instant. Ce démarrage est assez solide pour que je reste devant ma télé la semaine prochaine, même si j'attends que la suite lève mes dernières réserves.
Disponible sur TF1+
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