24 Août 2026
Un enfant à moi // De Maite Alberdi. Avec Ana Celeste, Armando Espitia et Ángeles Cruz.
Avec Un enfant à moi, la réalisatrice Maite Alberdi s’attaque à un fait divers pesant, du genre pas facile à digérer ni à résumer. On y suit Ale, une femme brisée par des fausses couches à répétition, qui s’enfonce dans le mensonge en simulant une grossesse. Un engrenage qui finit par prendre une tournure criminelle. Le film tente de mélanger drame et style documentaire pour dépasser le simple fait divers et décortiquer ce qui a pu pousser cette femme à aller aussi loin. L’idée était bonne sur le papier, mais à visionner, c'est une autre histoire. On sent que le sujet en a sous le pied, sauf que le film choisit systématiquement de rester sur la réserve.
Une femme qui rêve de devenir mère simule une grossesse. Alors que le mensonge lui échappe complètement, un scandale médical éclate et secoue tout le pays.
Plusieurs fois, je me suis dit que la scène allait enfin basculer, me foutre une claque ou creuser la psychologie à fond. Et puis non. La caméra recule, la tension retombe et on reste sur notre faim. Le point de départ reste dramatique. Enchaîner les fausses couches pour finir par faire croire à tout le monde qu’on attend un bébé, c’est dur. Ale construit une réalité de toutes pièces : son corps change en apparence, l’entourage organise des fêtes, et la spirale s'accélère. Plus le temps passe, plus faire marche arrière devient impossible. Ce qui évite au film d'être une pure purge sordide, c'est la façon dont Alberdi aborde la pression sociale. Le besoin d'exister à travers la maternité et le poids de la famille sont plutôt bien retranscrits.
La douleur des fausses couches n'est pas juste un prétexte scénaristique, elle explique en partie pourquoi cette femme en arrive là. Si l'ensemble m'a paru assez tiède, la prestation d'Ana Celeste relève le niveau. Elle aurait pu tomber dans le gros mélodrame surjoué, mais elle reste très juste. Son personnage est coincé dans son propre piège, entre la panique de se faire attraper et le besoin d'attention qui la soulage un instant. C'est cette dualité qui offre les rares bons moments du long-métrage. Ale sait qu'elle ment, mais elle doit tenir son rôle jour et nuit. Les scènes reconstituées accentuent ce côté artificiel, comme si on visitait son monde imaginaire, avant que les vrais témoignages ne nous ramènent brutalement au drame réel.
Le film hésite constamment sur son format. On n'est pas face à un documentaire true crime basique. Les passages joués prennent de la place pour nous faire entrer dans la tête d'Ale, tandis que les vraies personnes interrogées viennent contredire sa version. Ce jeu de miroir est plutôt bien vu. La parole d'Ale n'est pas prise pour une vérité absolue. Et quand Mayra, la mère biologique du bébé, intervient, le château de cartes s'effondre. Le problème, c'est que cette mécanique intelligente ne suffit pas à rendre le visionnage captivant. C’est sans doute ce qui m’a le plus dérangé : Mayra est complètement mise de côté. Vu la gravité des faits, ça fait tache. Je comprends l'envie d'analyser la psychologie de l’accusée et la pression de la société sur les femmes.
Mais faire ça au détriment de celle qui a perdu son enfant, ça déséquilibre complètement le propos. Le récit manque cruellement de place pour la vraie victime, alors que c'est là que résidait toute l'émotion brutale du sujet. Au final, Un enfant à moi ne m'a pas emballé. C'était pas du tout ma came et j'ai trouvé l'ensemble très médiocre. Les intentions sont là, l'actrice principale fait ce qu'elle peut et la forme hybride propose deux-trois trucs corrects, mais le film manque de hargne. Dès qu'une scène s'approche d'une vraie tension, la réalisation freine des quatre fers. À force de vouloir rester propre et mesuré, le récit perd toute sa force et glisse sur l'écran sans jamais vraiment accrocher. Les sujets de fond sont survolés et les personnages secondaires restent des figurants.
Note : 4.5/10. En bref, Un enfant à moi pose des questions pertinentes sur le deuil et les attentes familiales, mais le résultat reste plat. Ça se regarde, mais ça s'oublie aussitôt. Une proposition trop sage qui passe à côté de son sujet.
Sorti le 13 août 2026 directement sur Netflix
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