Critiques Séries : Reacher. Saison 4. Episode 5.

Critiques Séries : Reacher. Saison 4. Episode 5.

Reacher // Saison 4. Episode 5. Bridge.

 

Cet épisode 5 de la saison 4 de Reacher marque un vrai tournant dans la dynamique de la saison. Après un début de parcours assez tranquille, axé sur l'installation de l'enquête et la présentation des forces en présence, la série décide enfin d'appuyer sur l'accélérateur. Poursuites infernales, fusillades qui arrosent dans tous les sens, évasion totalement improbable et bastons bien lourdes : on est clairement sur un rythme de long-métrage calibré pour le grand écran. Pour être tout à fait honnête, c'est exactement le coup de fouet dont l'intrigue avait besoin à ce stade. Dès les premières minutes, Jack Reacher se retrouve piégé dans un bâtiment, cerné par la police. 

 

Autant dire que le problème semble insoluble pour n'importe quel humain normal. Mais Reacher n'a rien d'un type ordinaire. La série joue une fois de plus avec les limites du plausible, offrant à Alan Ritchson un terrain de jeu parfait pour étaler toute sa puissance physique. L'évasion via la gaine à linge frôle le ridicule sur le papier, mais à l'écran, ça passe tout seul. La mise en scène ne cherche même pas à vous faire croire que c'est réaliste : elle vend du spectacle brut, et cette honnêteté fait un bien fou. Une fois dehors, le héros devient la cible numéro un de toute la ville. Sa tête tourne en boucle aux informations et les forces de l'ordre de Philadelphie ratissent le secteur. Évidemment, Reacher a toujours un coup d'avance. 

Accompagné de Tamara, il traverse la ville à toute vitesse pour tenter de semer ses poursuivants, grimpant sur les toits et traversant les immeubles. La scène de la verrière reste sans doute mon moment préféré de cette séquence. La situation atteint un niveau de surenchère tel qu'il faut poser son cerveau cinq minutes pour en profiter. Le colosse chute, encaisse l'impact, se relève et repart comme si de rien n'était. Dans un autre show, j'aurais probablement levé les yeux au ciel devant un tel manque de crédibilité. Mais ici, c'est l'essence même de la franchise. Le duo avec Tamara apporte d'ailleurs un vrai plus : elle ne se contente pas de jouer les utilités ou de courir derrière lui, elle prend activement part à l'action et insuffle une vraie dynamique aux scènes de fuite.

 

Pendant que Reacher occupe les forces de l'ordre, le reste du groupe avance sur les indices laissés par Anna. Les données extraites du téléphone et de la clé USB permettent enfin de comprendre les enjeux de cette affaire sanglante. La clé révèle une ancienne photo liée au passé militaire de Sampson. En apparence, c'est assez maigre, mais un détail caché en arrière-plan vient complètement relancer les hypothèses. C'est surtout le contenu du téléphone d'Anna qui frappe fort. Les preuves de la violence subie par son entourage font basculer l'intrigue pour Jacob. Ce n'est plus une simple recherche de la vérité, c'est une affaire personnelle qui vire à l'obsession. Le personnage pète littéralement les plombs, guidé par une rage et une envie de vengeance qui prennent le dessus sur la raison. 

Sa crispation sur le pont, alors que tout s'effondre autour de lui, montre bien qu'il est prêt à tout cramer pour aller au bout. Face à lui, Tamara joue les garde-fous avec beaucoup de justesse, sans nier sa souffrance mais en l'empêchant de se détruire. Ça apporte une touche d'humanité très bienvenue au milieu du chaos. En face, Lila et Amisha ne sont pas venues pour enfiler des perles. Leur intervention transforme une simple recherche de preuves en véritable affrontement armé. La fusillade en pleine zone résidentielle est complètement disproportionnée : ça tire dans tous les coins pendant que nos héros essaient juste d'éviter les balles. Là encore, l'immunités aux projectiles dont semblent bénéficier certains personnages demande une petite suspension d'incrédulité, mais l'efficacité visuelle est bien là. 

 

L'intensité reste constante et le montage ne laisse aucun répit. Ces deux tueuses passent enfin du statut de figures mystérieuses à celui de menaces bien concrètes. Impossible de ne pas revenir sur la scène de la cellule. Alors que Reacher est sous verrou, un ancien ennemi vient lui rendre une petite visite d'intimidation. La séquence dérape en quelques secondes. En utilisant la structure même de la pièce et les barreaux, Reacher retourne la situation d'une manière particulièrement brutale. C'est brut, c'est expéditif, et c'est le parfait résumé de ce qu'est la série : un divertissement assumé, sans fioritures, qui privilégie l'impact visuel à la finesse.

Au final, cet épisode 5 met un peu de côté la réflexion pour offrir un festival d'action particulièrement bien rythmé. L'enquête autour de la photo conserve ses zones d'ombre, mais le divertissement est tel que cela passe au second plan. La gestion de la tension, l'enchaînement des affrontements et le basculement final (avec Jacob capturé et Tamara dans une posture critique) préparent idéalement le terrain pour l'épisode 6. On retrouve ce sentiment propre aux bons films d'action des années 80 et 90 : ça déménage, c'est généreux, et ça ne s'excuse jamais d'en faire trop. Un très bon moment de télévision.

 

Note : 7/10. En bref, cet épisode 5 met un peu de côté la réflexion pour offrir un festival d'action particulièrement bien rythmé.

Disponible sur Amazon Prime Video

 

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