17 Août 2026
Ted Lasso // Saison 4. Episode 2. Curiouser and Curiouser!
Après un premier épisode qui servait surtout à boucler les valises aux États-Unis et à justifier le billet retour, ce deuxième chapitre rentre enfin dans le vif du sujet. Ted repose ses affaires à Richmond, retrouve ses marques, mais il ne revient pas pour refaire la même chose. Son nouveau défi ? Prendre les commandes de l’équipe féminine d’AFC Richmond. Le changement de décor fait du bien. L'esprit de la série est toujours là, mais il y a un vrai coup de frais. Entre la joie de recroiser les anciens, l'arrivée de nouvelles têtes et la confrontation directe avec les réalités du foot féminin, la saison 4 commence enfin à montrer ce qu'elle a dans le ventre.
Il suffit de voir Ted se réveiller dans son nouvel appartement pour comprendre qu'il est bel et bien de retour aux affaires. Installé juste au-dessus du pub de Mae, il reprend ses petites habitudes anglaises qui rappellent immédiatement les débuts. Flâner dans les rues de Richmond, recroiser des visages familiers, balancer deux ou trois clins d'œil au passé... L'épisode joue la carte de la nostalgie, et honnêtement, ça fonctionne. Mais Ted n'est plus tout à fait le même bonhomme. Les années ont passé, il a mûri, et sa façon d'aborder le terrain paraît un peu plus posée. Ça ne l'empêche pas de retrouver son énergie débordante dès qu'il franchit à nouveau le portail du club. Les retrouvailles avec Beard et Roy font plaisir à voir.
La chimie tourne toujours aussi bien, principalement parce que chaque personnage a continué d'évoluer de son côté pendant l'absence de Ted. La vraie bonne surprise de cette reprise vient d'Alice Chilton, jouée par Tanya Reynolds. Au début, elle ressemble au cliché de la coach froide, ultra-méthodique et totalement hermétique au charme texan de Ted. Pourtant, elle devient très vite l'un des personnages les plus captivants du groupe. Dégoûtée d'avoir été écartée du poste d'entraîneure principale, elle pose sa démission. Ce n'est pas juste une question d'amour-propre ou de plan de carrière : Alice veut comprendre pourquoi on ne l'a même pas considérée pour le job.
Cette décision met Rebecca face à ses propres contradictions. D'un côté, elle veut porter haut les couleurs du sport féminin, de l'autre, elle colle un coach masculin ultra médiatique à la tête de l'équipe. La série évite le piège du discours simpliste et préfère poser un vrai débat entre deux femmes qui n'ont pas la même vision de l'engagement. C'est clairement l'un des passages les plus réussis de l'épisode. Ted réalise rapidement où il a mis les pieds. Entre les vestiaires réduits, le manque de moyens criant, la couverture médiatique minimale et les écarts de traitement flagrants avec les hommes, le choc avec la réalité est brutal. Le constat n'est pas nouveau pour qui suit le sport, mais le voir à travers les yeux de Ted apporte quelque chose.
Son éternel optimisme se heurte à des problèmes structurels qu'on ne règle pas juste avec une tirade motivante ou une boîte de biscuits. Seul petit reproche : la série insiste parfois un peu trop lourdement sur des vérités que le spectateur avait déjà saisies. Un peu plus de subtilité aurait fait du bien. Mais le sujet est crucial et mérite amplement d'être au cœur de cette saison. L'épisode commence à façonner l'effectif. On découvre notamment les jumelles Siobhan et Niamh, à la relation électrique hilarante, ou encore Katie « Boots » Quinn, une gardienne au style complètement atypique. Même si les présentations sont plutôt rapides, le potentiel est bien là. Fidèle à lui-même, Ted ne cherche pas seulement à évaluer le niveau technique de ses joueuses, mais à capter ce qui se passe dans leur tête.
C'est d'ailleurs là que sa philosophie percute celle d'Alice. Pour elle, tout passe par la data et la tactique pure. Pour Ted, la clé reste l'humain. En parallèle, la relation entre Roy et Keeley continue de flotter dans une zone floue. Officiellement, ils sont simplement amis. Dans les faits, la moindre de leurs scènes partagées transpire la complicité non résolue. Sous ses airs d'ours mal léché, Roy montre une vraie sensibilité. On le voit s'investir concrètement pour retaper les installations de l'équipe féminine, tout en restant particulièrement à l'écoute dès que Keeley est dans les parages. Les scénaristes préparent clairement le terrain, reste à voir combien de temps ils vont faire durer ce suspense.
Un autre moment fort traite des risques physiques propres au football féminin, avec la grave blessure au genou de Josie, l'une des pièces maîtresses du vestiaire. Cette scène permet surtout d'enlever la carapace d'Alice. Derrière son air distant, elle est viscéralement attachée à ses joueuses. Sa détresse face au diagnostic médical saute aux yeux, et Ted ne s'y trompe pas : il voit immédiatement qu'elle a tout ce qu'il faut dans le ventre pour être une grande entraîneure. Cette prise de conscience débouche sur le meilleur dialogue de l'épisode, scellant une alliance inattendue.Si le season premiere ressemblait à une phase de chauffe, cet épisode 2 lance pour de bon la saison 4.
L'arrivée du vestiaire féminin amène une fraîcheur bienvenue, et le duo formé par Ted et Alice promet déjà de belles étincelles. J'ai vraiment aimé voir Ted naviguer dans cet univers qu'il ne maîtrise pas encore. Son énergie reste intacte, mais il doit faire face à des obstacles bien plus concrets que par le passé. Le football féminin n'est pas un simple décor de fond : c'est le moteur de la saison pour aborder la reconnaissance, la parité et la place des femmes dans le sport pro.
Note : 6.5/10. En bref, tout n'est pas parfait, certains dialogues sonnent un peu trop comme des leçons de morale explicatives, mais la série sait enfin où elle va. Et la décision de garder Alice aux côtés de Ted crée une dynamique de travail palpitante pour la suite. La saison est lancée, et ça fait du bien.
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