22 Août 2026
Sur le papier, The Rapture avait tous les arguments pour captiver. Imaginez une adolescente internée en unité psychiatrique sécurisée après le meurtre de sa mère. Sa particularité ? Elle affirme prédire l’avenir à travers des dessins macabres. Autour d'elle, une vague de chaleur extrême écrase le pays, instaurant une tension poisseuse et étouffante. Mélanger drame psychologique, mystère fantastique, enquête criminelle et crise environnementale : la proposition de la BBC s'annonçait prometteuse. Mais après avoir visionné les cinq épisodes de cette première saison, mon constat reste très partagé. La série aligne d'excellentes intentions et un duo d'actrices convaincant, mais elle s'éparpille rapidement avant de livrer un dénouement frustrant.
Se remettant d'un accident de voiture qui l'a laissée paralysée, Gabrielle Fox, psychologue judiciaire, accepte de travailler dans une prison pour mineurs. Elle y rencontre Bethany Krall, une détenue de 16 ans, qui a été reconnue coupable du meurtre de sa mère et qui révèle à Gabrielle qu'elle a des pouvoirs psychiques. Est-elle une psychopathe ou dit-elle la vérité lorsqu'elle affirme pouvoir prédire une catastrophe naturelle ?
Le point fort de ce début de saison repose clairement sur le personnage de Bethany, jouée par India Amarteifio. Suspicieuse, fuyante et constamment sur la défensive, la jeune fille intrigue immédiatement. Elle soutient n'avoir aucun souvenir du meurtre de sa mère, tout en affirmant que ses croquis annoncent des drames futurs. Est-elle manipulatrice, atteinte de troubles psychiatriques profonds, ou véritablement presciente ? La série installe un doute très efficace. Face à elle, Gabs Fox (interprétée par Ruth Madeley) est la psychothérapeute chargée de son suivi. En reconstruction après un accident qui l'a laissée paraplégique, elle cherche à percer à jour la psyché de l'adolescente.
La dynamique entre ces deux femmes forme le véritable cœur émotionnel du récit. Leurs échanges, tout en retenue et en méfiance réciproque, fonctionnent particulièrement bien lorsqu'ils restent centrés sur l'aspect humain et thérapeutique. Il faut d'ailleurs saluer l'écriture du personnage de Gabs. Son handicap est intégré avec naturel au quotidien sans jamais définir l'intégralité de son identité. Elle a une vie professionnelle, amoureuse et personnelle bien remplie, ce qui fait du bien dans ce type de production. C’est lorsque The Rapture choisit d'élargir ses horizons que les choses se gâtent. En seulement cinq épisodes, la série tente d'embrasser beaucoup trop de sujets à la fois.
Le récit mélange un drame familial et criminel, une dérive sectaire, l'action de militants écologistes radicaux, des complots liés à une firme d'énergies fossiles, sans oublier les tribulations d'un journaliste en quête de scoop et des batailles politiques. À vouloir courir plusieurs lièvres en même temps, le récit perd son cap. Le cadre climatique (cette chaleur étouffante qui pèse sur chaque scène) apportait pourtant une ambiance lourde très réussie. Malheureusement, le sous-texte écologique devient vite pesant, asséné à travers des dialogues démonstratifs où les personnages récitent des thèses sur l'avenir de la planète au lieu de simplement vivre l'histoire. Les thèmes de la culpabilité, de la peur collective et de la manipulation sont effleurés sans jamais être approfondis.
Du côté des personnages secondaires, le constat est similaire. La plupart ne servent que de rouages mécaniques pour faire avancer l'enquête. Ils apparaissent, livrent un indice ou un élément d'explication, puis disparaissent sans avoir eu le temps d'exister à l'écran. La plus grande déception vient malheureusement du dernier épisode. Durant toute la saison, le scénario repose sur un moteur simple : comprendre le don ou la folie de Bethany. Une telle montée en tension exigeait un final à la hauteur, capable de donner du sens à l'ensemble. Au lieu de cela, la conclusion laisse un goût d'inachevé. La capacité de l'adolescente à anticiper les événements reste floue, et les révélations tombent à plat, sans véritable impact dramatique.
Le final donne le sentiment désagréable que les scénaristes ont cherché à refermer précipitamment toutes les portes ouvertes plutôt qu'à offrir des réponses travaillées. Conserver une part d'ombre dans une œuvre fantastique n'est pas un problème en soi. Mais ici, le manque de clarté ressemble davantage à une esquive narrative. Après avoir instauré une atmosphère lourde et pessimiste pendant quatre heures, la série opte soudain pour des résolutions faciles et consensuelles qui jurent avec le ton initial. En résumé, The Rapture n'est pas une mauvaise série, mais elle passe à côté de son sujet. Le point de départ était excellent, l'ambiance visuelle fonctionne et le duo composé par India Amarteifio et Ruth Madeley porte le show avec conviction.
Cependant, le surplus d'intrigues secondaires et la faiblesse du dénouement gâchent le plaisir global. En voulant aborder tous les faits de société actuels en seulement cinq épisodes, la série oublie de soigner son mystère principal. C'est un divertissement correct pour les amateurs du genre, mais qui laisse surtout le regret d'un beau potentiel gâché.
Note : 4.5/10. En bref, The Rapture n'est pas une mauvaise série, mais elle passe à côté de son sujet. Le point de départ était excellent, l'ambiance visuelle fonctionne et le duo composé par India Amarteifio et Ruth Madeley porte le show avec conviction. Cependant, le surplus d'intrigues secondaires et la faiblesse du dénouement gâchent le plaisir global.
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