20 Août 2026
Disponible à partir du 9 septembre, le DVD de Vade Retro, édité par Blaq Out, marque le retour du cinéaste Antonin Peretjatko (La Fille du 14 juillet, La Loi de la jungle) à son genre de prédilection : la comédie burlesque et irrévérencieuse. Porté par un casting loufoque réunissant Estéban, Pascal Tagnati et Yolène Gontrand, le film s'empare des mythes du cinéma fantastique pour les passer au criblage d'une satire sociale bien frappée. Entre réinvention du film de vampires et pérégrinations insulaires absurdes, cette sortie en DVD promet un moment de cinéma réjouissant et résolument décalé.
Ca parle de quoi ?
Norbert, vampire de bonne famille aristo-réac, doit trouver une femme de sang pur à mordre et à épouser s’il veut survivre et ne pas être renié par ses parents. Envoyé en bateau au Japon, accompagné de son valet gardien de musée, il fait naufrage sur l’île de Boulet Rouge.
Quand un cinéaste décide de secouer le cocotier de la comédie française, il ne fait généralement pas les choses à moitié. Avec Vade Retro, Antonin Peretjatko signe un retour remarqué en s’emparant d’un genre bien particulier : la parodie de film de vampires à la sauce série Z. Après des projets remarqués pour leur liberté de ton, ce nouveau long-métrage s’avance comme une expérience cinématographique à part entière. Entre charge sociale, effets spéciaux sanglants et humour absurde, voici mon analyse détaillée d'un projet qui ne laisse personne indifférent. Le pitch de départ pose immédiatement les bases d'un délire assumé.
On suit les mésaventures d’un aristocrate buveur de sang coincé dans une chaîne d’événements totalement rocrambolesques. Très vite, l'histoire prend la direction d’un hommage appuyé au cinéma bis des années 70 et 80. On pense immédiatement aux ambiances fantastiques d'un Jean Rollin ou à la liberté irrévérencieuse d'un Jean-Pierre Mocky. La grande force du récit réside dans sa volonté d'utiliser le grotesque pour faire passer ses messages. Derrière les blagues potaches et les situations surréalistes, le réalisateur égratigne joyeusement les travers de notre époque, les querelles sociétales modernes et le poids des institutions. Le scénario refuse la rigueur classique pour privilégier une succession de gags visuels et de répliques décalées.
Si la logique narrative s'avère parfois secondaire, la générosité de la proposition fait plaisir à voir. Sur le plan de la réalisation, le projet revendique fièrement son esthétique de série B à petit budget. Loin des productions lissées et calibrées du cinéma industriel, la caméra capte des décors naturels hauts en couleur, notamment lors de séquences tournées à la Réunion. L'image conserve une texture brute qui colle parfaitement à cette atmosphère de farce macabre. Les amateurs d'hémoglobine et de cinéma d'horreur artisanal trouvent largement leur compte. Le métrage multiplie les séquences comico-gores où les projections de faux sang et les prothèses exagérées s'enchaînent sans retenue.
Cette approche physique et presque théâtrale des effets spéciaux rappelle les débuts d'un certain cinéma fantastique débridé. Le rythme s'avère parfois inégal, oscillant entre des moments de pure jubilation et des passages un peu plus laborieux, mais l'ensemble conserve une énergie communicative. Pour donner vie à cet univers farfelu, la distribution réunit des visages familiers et des figures originales qui s'en donnent à cœur joie. Les comédiens jouent la carte de la surintensité dramatique avec une honnêteté évidente. Chaque membre du casting semble parfaitement conscient des limites du projet et joue le jeu du second degré sans chercher à briller de manière individuelle.
Vade Retro est un objet filmique singulier qui divise nécessairement. On peut regretter un scénario qui a tendance à s'éparpiller ou des blagues parfois poussives, mais l'intention générale reste rafraîchissante. Face à la prudence habituelle des productions grand public, ce long-métrage fait le pari de la fantaisie pure, de l'excès et de l'expérimentation. Ce n'est clairement pas un film qui cherche à faire l'unanimité. En revanche, pour peu que l'on apprécie le troisième degré, l'humour absurde et les petites séries B sans prétention, ce voyage au pays du nanar assumé offre un divertissement curieux et stimulant. Une proposition imparfaite mais audacieuse qui rappelle que le cinéma de genre français peut encore réserver de jolies surprises décalées.
Et le DVD ?
Sortie le 9 septembre chez l'éditeur Blaq Out, l'édition DVD de Vade Retro s'impose comme une bien belle surprise pour tous les amateurs de comédie décalée et de cinéma d'auteur irréférencieux. Même sans pressage Haute Définition, cette galette au format PAL restitue à la perfection l'énergie visuelle si particulière et colorée d'Antonin Peretjatko. Visuellement, le transfert propose un rendu d'une grande propreté. Les couleurs vives qui caractérisent la mise en scène du réalisateur sont impeccablement gérées, offrant une image fluide et lumineuse. Les contrastes restent bien définis, ce qui s'avère essentiel pour apprécier le soin apporté à la photographie et aux décors naturels des pérégrinations insulaires de notre vampire aristocrate.
Côté son, la piste française en stéréo fait preuve d'une excellente clarté. Les dialogues loufoques portés par le trio Estéban, Pascal Tagnati et Yolène Gontrand ressortent avec une intelligibilité irréprochable. L'équilibre sonore laisse une belle place au rythme comique si propre au réalisateur, tout en conservant une dynamique très propre sur les effets de mise en scène et la bande-son. La véritable plus-value de cette édition réside dans sa section bonus. En intégrant le court-métrage Les Algues maléfiques (24 minutes), l'éditeur ne se contente pas du minimum syndical.
Ce supplément constitue un prolongement thématique et stylistique passionnant de l'univers absurde du cinéaste. Pour un prix généralement très accessible en édition standard, ce DVD d'une durée de 95 minutes s'avère être une valeur sûre à ajouter d'urgence à sa DVDthèque. Une édition technique solide et généreuse en bonus qui fait honneur à l'originalité du film.
Caractéristiques techniques
Réalisateur : Antonin Peretjatko - Acteurs : Estéban, Pascal Tagnati, Yolène Gontrand
Éditeur : Blaq Out - Édition : Standard - Durée : 95 minutes (1 h 35) - Format d'image : PAL — Couleur
Langues : Français (Stéréo) - Sous-titres : Français - Contenu : Le DVD du film
Bonus : Les Algues maléfiques, court-métrage d'Antonin Peretjatko (24 min)
Disponible le 9 septembre 2026 au prix public conseillé de 19,99€
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