Critiques Séries : Lanterns. Saison 1. Episode 1.

Critiques Séries : Lanterns. Saison 1. Episode 1.

Lanterns // Saison 1. Episode 1. Pilot.

 

J’attendais la série au tournant et le résultat intrigue d'emblée. La nouvelle production HBO plonge directement dans l'univers DC avec une approche bien particulière. On y retrouve Kyle Chandler dans le costume de Hal Jordan et Aaron Pierre sous les traits de John Stewart. Plutôt que de miser uniquement sur des effets spéciaux à grande échelle, ce premier épisode choisit de l'ancrer dans une vraie trame policière. Le mélange fonctionne sur plusieurs points, même si tout n'est pas encore parfaitement fluide. Le récit s'ouvre en 1996. Un jeune John Stewart regarde Hal Jordan à la télévision. À cette époque, le Green Lantern est interviewé comme un flic de l'espace parmi d'autres, chargé de maintenir l'ordre dans son secteur. 

 

Les policiers intergalactiques John Stewart et Hal Jordan découvrent un sombre mystère.

C'est simple, mais cela pose immédiatement le personnage de Hal et le prestige qui l'entoure aux yeux du jeune garçon. La scène qui suit avec le père de John marque davantage les esprits. Après avoir écouté Hal déclarer que la peur guide le choix d'un anneau, le père de John place une pomme sur la tête de son fils avant de viser avec une arme. La tension est là, et le moment pose des bases troublantes sur le passé du futur héros. Qu'est-ce que ce père savait exactement à ce moment-là ? L'histoire saute ensuite en 2016. John a grandi et fait ses premiers pas auprès de son mentor. Le contraste entre les deux hommes saute aux yeux. Hal est un vétéran usé, cynique et provocateur. 

 

John, à l'inverse, avance de manière très cadrée et disciplinée. Kyle Chandler s'en donne à cœur joie : son Hal Jordan a dépassé depuis longtemps le stade du jeune héros émerveillé. Pour lui, porter l'anneau ressemble presque à un boulot de bureau un peu pesant. C'est sans doute le point qui demande le plus d'ajustements. La dynamique du vieux briscard qui pousse son élève à bout reste très classique. Hal cherche constamment les limites de John, quitte à créer des situations artificiellement dangereuses. La scène du crash en est le parfait exemple : il met son apprenti en péril pour le forcer à réagir. L'utilisation de l'anneau dans cette séquence reste visuellement sympa, mais le procédé ralentit un peu l'évolution de John.

La suite gagne en intérêt grâce à une sauvegarde holographique de la conscience de Hal. Cet hologramme ne comprend pas les choix récents de son double réel et transmet une information étrange : un phénomène suspect touche la ville de Rushville, dans le Nebraska. C'est précisément là que la série trouve sa véritable identité. L'arrivée à Rushville modifie complètement le ton. Le terrain de football du lycée local se transforme en scène de crime étrange avec plusieurs victimes. Hal suspecte immédiatement une piste extraterrestre, tandis que la shérif locale, Kerry Kane, tente de garder la main sur son territoire. Kelly Macdonald incarne cette shérif avec beaucoup de justesse. Kerry ne se laisse absolument pas impressionner par le statut de Hal ni par son anneau. 

 

Cet affrontement donne des dialogues plus spontanés et plus vivants. Pour John, c'est aussi l'occasion d'apprendre le métier sous un autre angle : être un Green Lantern implique autant de savoir observer et écouter que de distribuer des coups d'énergie. Dès qu'elle resserre son intrigue autour de cette enquête locale, la série gagne nettement en efficacité. Elle préfère s'attarder sur l'impact des événements plutôt que de multiplier les démonstrations de force useless. Hal Jordan repousse souvent les limites de la sympathie, mais l'épisode prend soin de ne pas en faire une simple caricature d'ancien arrogant. Son expérience du terrain reste indiscutable. Il repère ce que les autres manquent et prend des décisions à la seconde.

Son côté impulsif pose néanmoins problème, notamment lors d'un interrogatoire musclé avec un certain Waylon Sanders. Persuadé de faire face à une menace venue d'ailleurs, Hal pousse le suspect dans ses retranchements jusqu'à faire déraper la situation. C'est là que le rôle de John prend tout son sens. Il ne sert pas juste de doublure, il devient le garde-fou indispensable pour éviter que Hal ne parte en vrille. Aaron Pierre livre une prestation très juste, tout en retenue mais avec une vraie présence à l'écran. Le dernier saut temporel vers 2026 apporte le vrai coup de théâtre du pilote. Après avoir passé l'essentiel de l'épisode en 2016, le récit revient dans le présent. 

 

John retourne à Rushville et y retrouve le corps sans vie de Hal Jordan, abandonné sur les gradins du stade. L'anneau a disparu. Cette fin relance totalement l'intérêt. Tout ce qui s'est déroulé en 2016 prend une valeur différente. L'enjeu ne se limite plus à résoudre une affaire locale dix ans plus tôt, il faut désormais comprendre ce qui a conduit à la mort du mentor. Ce démarrage n'est pas exempt de défauts. La mise en place de la relation entre les deux personnages manque parfois de naturel et les multiples sauts dans le temps demandent un temps d'adaptation. Pourtant, ce pilote pose des bases solides. 

La série évite le piège du récit d'origine académique pour proposer une intrigue plus mûre, ancrée dans une atmosphère de petite ville américaine très réussie. Le meurtre de Hal, le rôle de la shérif et les mystères entourant les suspects locaux donnent clairement envie de voir la suite. Malgré quelques lourdeurs au démarrage, la série installe assez de questions captivantes pour donner envie de lancer l'épisode 2 sans hésiter.

 

Note : 7/10. En bref, porté par un duo Kyle Chandler / Aaron Pierre convaincant, ce pilote réussit à dépoussiérer l'imagerie des Green Lantern en ancrant son récit dans une poisseuse enquête policière rurale. Malgré une mise en place temporelle parfois poussive et des relations encore téléphonées, le final percutant pose des enjeux captivants pour la suite.

Disponible sur HBO max

 

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