12 Octobre 2026
Les six premiers épisodes naviguaient constamment entre fausses promesses et passages inutiles. Cette saison 13 d'American Horror Story commence enfin à ressembler à ce qu'on attendait de ce grand rassemblement de personnages historiques. Les épisodes 7 et 8 redonnent la priorité aux sorcières de Coven, ramènent des figures cultes à l'écran et fixent une vraie direction à une intrigue qui partait dans tous les sens. Tout n'est pas parfait pour autant. Le scénario garde un côté bancal, certains dialogues frôlent la parodie et la durée des épisodes reste trop courte.
Mais la différence avec le début de saison saute aux yeux : le plaisir du rassemblement opère enfin, et Jessica Lange n'est plus la seule à porter le show sur ses épaules. Avec l’épisode 7, l’action reprend directement après l'attaque subie par Cordelia face à James Patrick March. À l'académie Miss Robichaux, la pression monte d'un cran. Les sorcières font face à une menace concrète : une vague de tueurs revenus d'entre les morts pour les supprimer. Le retour de James Patrick March et de sa bande de criminels familiers permet à la série de retrouver ce ton absurde et macabre si particulier. Evan Peters s'en donne à cœur joie dans son jeu théâtral.
Le résultat ressemble parfois plus à une comédie noire qu'à de l'horreur pure, mais c'est justement quand elle embrasse ce second degré que la saison devient vraiment plaisante. Madison brille à nouveau par son insolence légendaire, balançant des répliques complètement hors sujet en plein chaos. L'humour fonctionne, même si l'accumulation de vannes casse parfois la tension dramatique autour de la menace du Diable. L'affrontement entre sorcières et tueurs apporte surtout un souffle d'action qui manquait cruellement. Après des épisodes passés à discuter au salon, voir la magie être utilisée au combat redonne un vrai rythme à l'histoire. Ce qui sauve cet épisode 7, c'est le retour en force du groupe composé de Madison, Queenie, Coco et Mallory.
Madison prend les devants, Queenie exploite son pouvoir à merveille et même Coco trouve une utilité au combat, malgré la bizarrerie de ses capacités liées à l'alimentation. C'est absurde, mais c'est totalement dans l'esprit Coven. Le seul problème vient de l'écriture : les pouvoirs semblent s'adapter aux besoins de la scène sans règles bien définies. De son côté, Mallory rappelle toute l'étendue de son potentiel aperçu dans Apocalypse. Son face-à-face avec Richard Ramirez montre qu'elle reste une pièce maîtresse du récit, même si la série tarde encore à clarifier ses zones d'ombre. Mais le vrai choc de l'épisode reste le retour de Fiona Goode. L'entrée de Jessica Lange dans l'académie apporte une charge émotionnelle instantanée.
Après ses apparitions en Constance Langdon puis en Elsa Mars plus tôt dans la saison, revoir Fiona fait passer un cap au récit. C'est un personnage riche, imparfait, habité par une relation toxique et fascinante avec sa fille. L'actrice retrouve immédiatement son aura autoritaire. Fiona n'est pas là pour faire de la figuration nostalgique : elle prend les choses en main, remet de l'ordre et offre aux sorcières une alliée de poids face au danger. La réapparition de Fiona relance immédiatement l'histoire complexe qu'elle partage avec Cordelia. Dans Coven, Fiona était une mère absente et cruelle, forçant Cordelia à se battre pour s'imposer comme Suprême. Un tel passé ne pouvait pas se régler d'un simple claquement de doigts.
L'épisode 8 prend heureusement le temps de poser les choses. Fiona reconnaît une partie de ses erreurs et cherche à épauler sa fille. L'évolution paraîtra un peu rapide pour certains, mais l'alchimie entre Jessica Lange et Sarah Paulson fait des merveilles. Leurs scènes apportent la profondeur dramatique qui manquait à ce début de saison. Cordelia reste malheureusement un peu en retrait. Présentée comme une Suprême ultra-puissante, elle donne trop souvent l'impression de subir les événements et de compter sur les autres. Le scénario devrait davantage mettre ses capacités en valeur plutôt que de simplement rappeler son titre. L'épisode 8 accélère la quête de réponses sur l'origine des tueurs.
Fiona et Cordelia comprennent vite que le Diable tire les ficelles. Pour débloquer la situation, elles doivent contacter Papa Legba. Ce détour par l'au-delà prépare le terrain pour un autre retour très attendu : celui de Marie Laveau. Sur le papier, l'idée de regrouper ces figures mythiques est excellente. Dans les faits, la série privilégie encore le fan service aux explications claires. Les règles régissant la mort, les résurrections et les pactes restent vagues. L'arrivée d'Angela Bassett apporte quand même une énergie folle. Sa confrontation avec Fiona fait des étincelles, même si les dialogues sentent parfois le texte écrit sur mesure pour faire réagir les fans. On aurait aimé que leur alliance s'inscrive plus logiquement dans le prolongement de Coven et Apocalypse, plutôt que de servir uniquement de prétexte à un duel d'égos.
L'un des meilleurs moments de l'épisode 8 repose sur les retrouvailles entre Queenie et Delphine LaLaurie. Le retour de Kathy Bates rappelle tout ce qui faisait le sel de Coven. L'échange avec Gabourey Sidibe fonctionne parfaitement parce qu'il s'appuie sur un passé lourd, fait de violence et d'une domination inversée. Queenie refuse de se laisser faire et impose son rythme. Contrairement à d'autres apparitions éclair de la saison, cette scène a un vrai poids narratif. Malheureusement, elle reste bien trop courte. Kathy Bates méritait tellement plus de temps d'écran. Après huit épisodes, la saison 13 redresse enfin la barre. Les débuts reposaient trop sur la nostalgie gratuite, et le milieu de saison s'éparpillait.
En remettant Coven au centre de l'intrigue, ces deux épisodes redonnent du sens au combat contre le Diable. Tout n'est pas réglé. Le rythme est parfois précipité, les morts n'ont plus vraiment d'impact à force de résurrections et l'écriture hésite toujours entre drame et comédie. On sent encore cette volonté de donner son petit moment à chaque personnage, au risque de surcharger le récit. Mais le plaisir est de retour. Jessica Lange apporte une vraie tension, Queenie retrouve sa poigne et les sorcières passent enfin à l'action. Il faudra maintenant que la suite éclaircisse le rôle de Mr. Nas, les véritables intentions derrière ces résurrections et la place de Ben, pour l'instant étrangement effacé.
Note : 6.5/10. En bref, les épisodes 7 et 8 marquent un virage prometteur. La saison prouve qu'elle peut dépasser le simple clin d'œil nostalgique, à condition de donner une vraie trajectoire à son casting cinq étoiles.
Disponible sur Disney+
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