12 Octobre 2026
Imaginait-on un jour Woody Harrelson et Matthew McConaughey découvrir qu'ils sont peut-être vraiment frères ? C’est sur cette rumeur folle que repose Brothers, la comédie signée Apple TV+. Entre amitié historique, frictions de famille et situations poussées à l'extrême, les deux compères s'amusent avec leur propre image. La série ne vise pas la révolution du genre, elle veut juste divertir. Après deux épisodes, le contrat est rempli, surtout grâce à un deuxième chapitre bien plus musclé. Brothers prend sa source dans une anecdote bien réelle. Depuis des années, le bruit court que la mère de Matthew, Ma Mac, aurait croisé la route du père de Woody, le fameux Charles Harrelson.
Woody Harrelson et Matthew McConaughey jouent leurs propres rôles, ou du moins une version fictive d’eux-mêmes. Leur amitié est bouleversée lorsqu’ils découvrent qu'ils pourraient être frères. Alors que le mariage de la fille de Woody tombe à l’eau, il embarque sa famille pour un séjour dans le ranch de Matthew à Austin. Mais ce qui commence comme un moment d'apaisement dégénère lorsque la mère de Matthew, Ma Mac, laisse échapper par accident un vieux secret : les deux amis pourraient en réalité être frères. Alors que Woody met le ranch sens dessus dessous pour trouver la vérité, Matthew traverse une toute autre crise existentielle : la possibilité de se présenter comme Gouverneur du Texas.
Il n'en fallait pas plus pour alimenter les fantasmes d'une filiation cachée. Plutôt que de lancer une enquête austère, la série imagine les dégâts si l'histoire s’avérait vraie. Les deux stars incarnent des versions amplifiées d'elles-mêmes, entourées de familles de fiction, le tout dans un joyeux bazar entre comédie de mœurs et mystère loufoque. Ce parti pris fonctionne. L'alchimie entre les deux hommes coule de source. Pas besoin de lourdes explications pour installer leur amitié : elle saute aux yeux dans chaque regard, chaque engueulade, chaque provocation. La frontière entre fiction et réalité reste floue, ce qui pimente le visionnage, même si ce type d'humour décalé ne plaira pas forcément à tout le monde.
Le premier épisode pose le décor et introduit les deux univers. Woody Harrelson joue un type ultra connecté à la nature, défenseur des animaux, accro à sa tranquillité. Mais cette philosophie bienveillante lui sert surtout d'écran de fumée dès qu'un problème familial pointe le bout de son nez. Quand sa fille se fait larguer, il préfère fuir. Derrière le sage baba cool se cache un père débordé qui sèche face aux réalités du quotidien. En face, Matthew McConaughey est aux antipodes. Il tente de rédiger un discours en l'honneur de son père pour une cérémonie au lycée. Sauf que son manque d'inspiration et son obsession du cadre parfait tournent à la manie comique. L'arrivée de Woody avec sa tribu et son énorme bus écologique vient évidemment briser ses rêves de calme.
Le choc des cultures fait tourner le moteur de ce début de saison. L'un esquive les ennuis, l'autre veut foncer tête baissée sans calculer les conséquences. Ajoutez à cela les familles respectives, et vous obtenez une réunion de famille qui part en vrille. Ce premier contact est plaisant, malgré quelques lenteurs nécessaires pour caler les personnages. La contradiction permanente chez Woody apporte d’emblée un capital sympathie au bonhomme. Le deuxième épisode passe la vitesse supérieure. Les bases étant fixées, l'histoire s'ouvre à des quiproquos plus poussés et déroule ses trames secondaires. D'un côté, Woody enquête en douce sur le passé de sa mère.
De l'autre, Matthew décide brusquement de viser le poste de gouverneur du Texas et lance sa campagne. C'est là qu'intervient Gwen Hillcrest Barnes-Davies, jouée par une Lisa Gilroy survoltée. Embauchée pour juger si la candidature tient la route, elle débarque en patronne. Son franc-parler décapant et sa totale absence de filtre font des étincelles, en particulier lors de ses tacles appuyés à la femme de Matthew, Valentina. Lisa Gilroy amène un souffle frais, et son personnage sans pitié mérite de garder une grande place dans la suite. L’autre gros morceau concerne la partie de chasse. Matthew souhaite transmettre cette tradition texane à son fils Wyatt pour ses 16 ans, mais le gamin n'accroche pas du tout. Tout dérape quand les filles de Woody, élevées dans l'amour pur des animaux, s’incrustent dans la sortie.
Le choc parental devient inévitable. Matthew s'accroche à ses traditions, Woody refuse de voir ses filles associées à la moindre goutte de sang. Au-delà des gags, cette confrontation amène Matthew à comprendre qu'un rite de passage personnel n'a pas à être imposé aux autres. C'est la force de Brothers : sous leurs airs ridicules ou agaçants, les personnages conservent une vraie touche d'humanité. Pendant ce temps, la quête de Woody prend un virage inattendu. Un détour par un bar louche fréquenté autrefois par son père le met face à TJ et Carl Travis, deux figures inquiétantes venues réclamer une dette ancienne. Porté par Jeff Kober et Barry Corbin, ce duo apporte une saveur de polar texan absurde.
Leur calme face à des exigences improbables rend la scène savoureuse, transformant temporairement le show en comédie de truands. Puis Ma Mac entre en scène. Campée par Holland Taylor, elle surgit pour sortir Woody du pétrin, prouvant au passage qu'elle en sait beaucoup plus qu'elle ne le prétend. La question de la paternité gagne en intérêt, mais la série a le bon goût de ne pas tout miser là-dessus. Le mystère sert surtout de prétexte pour enrichir l'univers et amener des figures secondaires truculentes. Au bout de ces deux épisodes, Brothers s'impose comme un divertissement simple, fluide et totalement assumé. On n'est pas devant un drame psychologique complexe, mais face à une comédie qui s'amuse des clichés de ses têtes d'affiche.
Woody brille par sa vulnérabilité maladroite, Matthew excelle en figure paternelle pleine de certitudes excessives, et les seconds rôles prennent progressivement de la bouteille. Si le pilote pose les jalons avec efficacité, la suite confirme le potentiel grâce à un rythme mieux géré et des intrigues prometteuses. Le mélange d'humour grinçant, de moments de famille et de petit polar déjanté fonctionne très bien. Ces débuts donnent franchement envie de voir jusqu'où cette fausse fraternité va les mener.
Note : 7.5/10. En bref, portée par l'alchimie naturelle et le jeu d'auto-dérision de Woody Harrelson et Matthew McConaughey, Brothers transforme une rumeur d'héritage improbable en une comédie familiale décalée et très divertissante. Si le premier épisode pose gentiment les bases, le second monte nettement en puissance grâce à des situations absurdes réjouissantes et des seconds rôles particulièrement réussis.
Disponible sur Apple TV
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog