Critique Ciné : Mikaela (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Mikaela (2026, direct to SVOD)

Mikaela // De Daniel Calparsoro. Avec Antonio Resines, Natalia Azahara et Roger Casamajor.

 

Daniel Calparsoro adore le cinéma d'action et les polars tendus, ce n'est pas une nouveauté. Avec son nouveau film Mikaela, le réalisateur espagnol reste pile dans sa zone de confort. Cette fois, il nous plonge dans un braquage en pleine tempête de neige, au milieu d'une autoroute complètement paralysée. L’idée de départ est franchement bonne. Transformer un énorme bouchon causé par le blizzard en un terrain d'affrontement entre flics et braqueurs, ça promettait une belle dose de suspense. Au final, on se retrouve avec un film ultra rythmé, calibré pour divertir, même si le scénario montre vite ses limites et l'empêche de devenir un classique du genre.

 

La veille de l'Épiphanie, une tempête de neige ravage l'Espagne. Au milieu du chaos d'une autoroute effondrée, un groupe de braqueurs en profite pour attaquer un fourgon blindé. Leo, un policier va tenter d'empêcher la bande de s'enfuir.

 

L’histoire démarre fort. Le blizzard paralyse des centaines de voitures sur la route. Une équipe de braqueurs profite de ce chaos total pour attaquer un fourgon blindé et tenter de s'enfuir avec le magot. C'est là qu'interviennent nos deux héros : Leo Font, un inspecteur de police fatigué et à deux doigts de prendre sa retraite, et Mikaela, une jeune garde civile encore en formation qui se retrouve là par hasard. Ce duo improbable devient rapidement le seul obstacle entre les criminels et leur liberté. Le film ne perd pas de temps avec des explications interminables. On comprend les enjeux dès les premières minutes, et la traque commence sans attendre. 

 

Cette efficacité permet de maintenir une tension constante pendant une heure et demie, sans aucun temps mort. Le vrai point fort du film, c'est clairement ses acteurs principaux. Antonio Resines joue ce flic usé par les années et les galères personnelles. C'est un profil classique du cinéma policier, mais l'acteur y apporte une vraie sincérité qui rend son personnage tout de suite attachant. En face, Natalia Azahara s'en sort très bien en jeune recrue pleine de bonne volonté mais totalement dépassée par les événements. Le contraste entre le vieux briscard désabusé et la bleue fonctionne parfaitement. Leur relation évolue de manière naturelle, sans qu’on nous serve les clichés habituels du mentor donneur de leçons. 

 

Même si leurs personnages manquent parfois d’un peu d’écriture, la complicité entre les deux acteurs donne de l'énergie au film et permet de rester accroché à l'histoire. Côté mise en scène, Daniel Calparsoro sait comment filmer une fusillade ou une course-poursuite. Les scènes d'action s'enchaînent à cent à l'heure. Le réalisateur utilise beaucoup de plans serrés et des mouvements de caméra rapides pour nous transmettre l'urgence de la situation. Le fait de coincer les personnages dans des véhicules immobiles au milieu de nulle part crée une vraie sensation de piège. La gestion de l'espace et du décor est plutôt maline. 

 

Les couleurs froides renforcent bien l’ambiance glaciale et la bande-son appuie sur l'accélérateur au bon moment sans en faire trop. Le seul bémol vient du montage, parfois un peu trop épileptique, ce qui rend certaines scènes de combat un peu dures à déchiffrer. Le principal problème de Mikaela vient pourtant de ce qui devait faire sa force : la tempête. Tout le concept repose sur ce blizzard historique censé bloquer Madrid, mais les effets spéciaux ne suivent pas toujours. Dans plusieurs scènes, on voit clairement que la neige est artificielle et que les acteurs évoluent dans un décor de studio un peu fake. Les faux flocons et la gestion de la météo à l'écran manquent cruellement de réalisme. 

 

Pour un film qui mise tout sur son ambiance immersive et étouffante, ces détails sautent aux yeux et gâchent un peu le plaisir. Si l'action fonctionne, le scénario, lui, reste très basique. On est sur une structure vue et revue des dizaines de fois au cinéma. Les méchants sont à peine développés, on ne sait pas grand-chose de leurs motivations profondes à part l'appât du gain, et ils tombent vite dans la caricature. C'est dommage, car des antagonistes plus marquants auraient donné une autre dimension à l'affrontement. De plus, le script lance plusieurs sous-intrigues personnelles autour des flics, mais ne prend jamais le temps de les terminer correctement. 

 

Le réalisateur a visiblement préféré privilégier l’efficacité et le grand spectacle plutôt que la psychologie de ses personnages. On peut aussi regretter un choix d'écriture assez maladroit concernant l'origine des criminels. Le film insiste lourdement là-dessus sans que cela n'apporte quoi que ce soit à l'intrigue, si ce n'est renforcer des clichés un peu datés que l'on retrouve trop souvent dans les productions européennes. Au bout du compte, Mikaela ne prétend pas réinventer le fil à couper le beurre. C'est une série B d’action qui assume totalement son statut et ses influences, quelque part entre le film de braquage et le huis clos en extérieur. 

 

Si l'on accepte quelques facilités scénaristiques et des incohérences visuelles, le contrat est rempli. On ne s'ennuie pas une seconde grâce à un rythme soutenu et une durée idéale. Ce ne sera sûrement pas le film le plus mémorable de la carrière de Calparsoro, mais si vous cherchez un thriller espagnol nerveux pour débrancher le cerveau après une longue journée, Mikaela fera parfaitement l'affaire.

 

Note : 5/10. En bref, Mikaela ne prétend pas réinventer le fil à couper le beurre. C'est une série B d’action qui assume totalement son statut et ses influences, quelque part entre le film de braquage et le huis clos en extérieur. Si l'on accepte quelques facilités scénaristiques et des incohérences visuelles, le contrat est rempli. 

Prochainement sur Netflix

 

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