Critique Ciné : Dernière enquête (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Dernière enquête (2026, direct to SVOD)

Dernière enquête (Neglected) // De David Lipper. Avec Josh Duhamel, Dylan Sprouse et David Lipper.

 

Avec Dernière enquête (Neglected en VO), le réalisateur David Lipper essaie de raviver la flamme des thrillers poisseux des années 90. Un flic au bout du rouleau, un tueur plein d'assurance, un jeu de piste morbide et une montre qui tourne : sur le papier, la formule a fait ses preuves. Dès les premiers plans, impossible de ne pas penser à des références comme Seven. Le problème, c'est que la comparaison s'arrête là, tant la réalisation manque de hargne et de précision pour tenir la comparaison. L'histoire nous plonge aux côtés de Shaw, joué par Josh Duhamel. C'est un inspecteur sur le point d'accrocher sa plaque, usé par des années de terrain et une vie personnelle en morceaux. 

 

Le détective Shaw apprend qu'un tueur en série a enterré son fils vivant. Pour le retrouver avant qu'il ne meure, il doit résoudre trois meurtres dans un compte à rebours contre la montre où chaque indice compte.

 

Alors qu'il prépare son départ, un jeune type débarque au commissariat, les mains couvertes de sang. Il s'appelle AJ, il est joué par Dylan Sprouse, et il affirme être l'auteur de plusieurs meurtres. Sa seule condition pour parler ? N'avoir affaire qu'à Shaw. Ce tête-à-tête impromptue fait basculer la fin de carrière du flic dans un vrai cauchemar. AJ annonce la couleur : il a disséminé des indices un peu partout, et surtout, il détient le fils adolescent de Shaw. Pour espérer revoir son gamin vivant, l'inspecteur n'a pas d'autre choix que de rentrer dans ce jeu tordu et de déchiffrer les énigmes avant l'heure fatidique. L'idée de départ reste efficace. Ce vieux ressort du criminel qui garde trois coups d'avance et manipule la police de l'intérieur fonctionne toujours. 

 

Mais c'est dans l'exécution que le film s'emmêle les pinceaux, incapable d'installer une tension constante. Visuellement, David Lipper fait tout pour nous replonger dans l'esthétique des polars d'autrefois. Éclairages tamisés, décors sombres, musique pesante... La volonté de créer une atmosphère étouffante est bien là. Par moments, ce côté rétro a un vrai charme, mais cette patine ne suffit pas à masquer les faiblesses d'écriture. Côté casting, Josh Duhamel fait de son mieux dans le costume du flic épuisé, hanté par ses erreurs et prêt à tout pour sauver son fils. L'acteur a une belle présence à l'écran, mais son personnage est taillé dans un moule trop prévisible. Pire encore, l'intrigue nous donne les réponses bien avant que Shaw ne les comprenne, ce qui gâche un peu le plaisir de suivre l'enquête.

 

En face, Dylan Sprouse s'amuse nettement plus dans le rôle d'AJ. Il apporte une énergie dérangée qui fait du bien au récit. Entre regards fuyants, sourires glaçants et imprévisibilité, il essaie de composer un méchant marquant, dans la lignée des psychopathes célèbres du cinéma policier. Il est juste dommage que le scénario ne suive pas ses efforts. Le personnage d'AJ avait un potentiel intéressant, notamment à travers ses traumatismes d'enfance et ce qui pousse un homme à franchir la ligne. Malheureusement, le script ne fait qu'effleurer le sujet. Le film aborde la culpabilité, l'abandon ou la responsabilité des adultes, mais sans jamais prendre le temps d'approfondir ces pistes. Le vrai point noir du film reste sa prévisibilité. 

 

On nous promet un duel psychologique au sommet avec un tueur machiavélique, mais tout se résout beaucoup trop facilement. Les indices tombent du ciel dès que l'histoire a besoin d'avancer, sans véritable logique de déduction. Quand on veut bâtir un suspense psychologique, ces raccourcis cassent immédiatement l'immersion. Et puis, il faut accepter pas mal d'incohérences. Le scénario nous demande régulièrement de fermer les yeux sur des choix d'écriture douteux ou des décisions stupides de la part des forces de l'ordre. Ce genre de facilité passe dans un divertissement plus léger, mais dans un thriller qui se veut sombre et sérieux, ça tique un peu.

 

Sur la forme, la réalisation manque de personnalité. L'image est parfois tellement sombre qu'on peine à suivre ce qui se passe, et le montage gâche l'impact de scènes qui auraient dû être percutantes. Malgré tout, le film garde un certain attrait grâce à son point de départ et à la prestation investie de Dylan Sprouse, qui donne un coup de fouet à l'ensemble. Au final, Dernière enquête ressemble plus à un hommage appliqué qu'à une proposition vraiment marquante. David Lipper réunit tous les ingrédients (le flic tourmenté, le tueur déjanté, le compte à rebours) mais il oublie d'y injecter de l'inattendu.

 

Note : 4/10. En bref, si vous aimez les polars rétro et cherchez un petit film sans prise de tête, vous y trouverez sans doute votre compte grâce au duo d'acteurs. De mon côté, difficile d'oublier la paresse du scénario. Un thriller qui se laisse regarder, mais qui manque cruellement de coffre pour rivaliser avec ses modèles.

Prochainement en France en SVOD

 

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