17 Avril 2025
The Cleaning Lady // Saison 4. Episode 4. Suspicious Minds.
Avec cet épisode 4, The Cleaning Lady semble poursuivre sa mue tout en restant attachée à ses codes narratifs initiaux. L’histoire s’étire, les relations se tendent, les non-dits prennent plus de place que les actes, et pourtant, quelque chose semble toujours freiner l’élan de cette quatrième saison. Ce nouvel épisode en est une illustration assez parlante : riche en situations, mais avare en véritables retombées. Tout commence à Las Vegas, comme souvent, dans une ambiance de fête qui vire rapidement au macabre. Un groupe de jeunes femmes pénètre dans les toilettes des hommes pour relever un défi idiot et tombe sur un cadavre : celui de Rex Blackley.
Une entrée en matière qui aurait pu être choquante ou percutante, mais qui, dans le contexte actuel de la série, paraît presque anecdotique. Le corps n’est pas là par hasard. Il a été laissé volontairement à découvert, après le meurtre de Neto. Une décision prise par Jorge, qui semble vouloir effacer toute trace de son implication. Le problème, c’est que cette stratégie finit par attirer encore plus l’attention. L’intervention du procureur adjoint Herman introduit une tension nouvelle, mais pour l’instant, il s’agit surtout de dialogues d’intimidation et de tentatives de pression. Rien de concret ne se met encore en place, si ce n’est une énième menace au-dessus de la tête de Thony.
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Ce qui frappe dans cet épisode, c’est à quel point Thony semble fatiguée. Plus que physiquement, c’est une lassitude morale qui s’installe. Elle dort mal, hante par la décision qu’elle a dû prendre avec Rex. Ce n’est pas une simple culpabilité, c’est un mélange entre responsabilité et impuissance. Et dans cette position, chaque nouvelle exigence du cartel ou du système judiciaire la pousse un peu plus dans ses retranchements. L’ironie, c’est qu’alors qu’elle est surveillée, interrogée, presque acculée, c’est elle qui finit par proposer une solution aussi improbable que rusée : un mariage express avec Jorge. Une tentative pour bloquer toute possibilité de témoignage l’un contre l’autre.
L’idée est audacieuse, presque théâtrale, mais elle souligne surtout le désespoir dans lequel se trouve Thony. Se marier pour éviter la prison n’est pas une preuve d’amour, mais un choix stratégique. Et pourtant, dans cet échange de regards, dans ce baiser imposé, une tension s’installe. Pas romantique, mais symbolique. Thony n’est pas simplement une victime des événements, elle devient aussi l’architecte de sa propre survie. Jorge, de son côté, continue de jouer sur plusieurs tableaux. Son projet minier lui offre une couverture, un semblant de reconversion, mais tout indique que ses racines criminelles ne sont pas prêtes d’être arrachées.
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La discussion avec le chef Wovoka le montre bien : Jorge veut donner une légitimité à ses actes en invoquant des promesses faites à sa défunte épouse. Mais derrière ce discours, difficile de ne pas voir une stratégie de plus pour étendre son pouvoir sans faire trop de vagues. Face à Thony, Jorge alterne entre manipulation et protection. Il envisage de l’éliminer, sur les conseils d’El Don, puis change d’avis sans pour autant lui dire toute la vérité. Sa proposition de la cacher dans une safe house paraît plus comme un piège que comme un acte de compassion.
Et son silence lorsqu’elle l’interroge sur ses vraies intentions laisse une impression amère. Il est clair que Jorge n’est pas prêt à se compromettre pour Thony, du moins pas au-delà de ce qui peut lui servir. Fiona continue de représenter ce versant plus "réaliste" de la série. Elle ne manie ni les armes ni les secrets d’État, mais se débat avec des problèmes très concrets : le travail, les humiliations quotidiennes, l’éducation de sa fille, la précarité. Son implication dans un nettoyage de luxe vire au cauchemar quand une cliente raciste l’accuse, elle et son équipe, d’avoir volé moins de deux dollars.
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L’épisode ne s’appesantit pas trop sur cet incident, mais il dit beaucoup sur la manière dont Fiona doit constamment se justifier, se battre, s’épuiser pour quelques billets. Son conflit intérieur — entre fierté d’avoir gagné une belle somme et la frustration de se faire avoir sur le partage — accentue cette sensation de tension latente. Fiona reste l’un des rares personnages à être à la fois dans la marge et au cœur des choses. Elle n’a pas le contrôle, mais elle en ressent tous les contrecoups. L’arc de Chris, bien que secondaire, vient renforcer cette sensation d’instabilité émotionnelle propre à l’épisode.
Sa découverte de l’infidélité de Camila, son retour à Vegas, ses tentatives d’évasion par la fête et l’alcool, tout cela construit une image d’un jeune homme perdu, déçu, en quête de sens. Il n’est pas encore acteur de l’intrigue principale, mais sa trajectoire pourrait le mener à croiser des lignes qu’il ne devrait pas franchir. Ce qui pose question dans cet épisode, ce n’est pas tant ce qu’il raconte, mais plutôt comment il le raconte. Il y a beaucoup d’événements, beaucoup de pistes ouvertes, mais rien ne semble vraiment exploser. La série semble hésiter entre accélérer le rythme ou prendre le temps de tout poser.
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Et cette hésitation se ressent dans la structure même de l’épisode : un mariage précipité, une arrestation qui n’aboutit pas, une enquête du procureur qui piétine, des relations personnelles qui stagnent ou se dégradent. La série adopte parfois les codes du soap latino, ce qui n’est pas étonnant puisqu’elle adapte une telenovela argentine (La Chica que Limpia). Cela donne des intrigues qui traînent, des retournements parfois improbables, et un goût d’inachevé dans certaines séquences. C’est une signature, mais elle peut aussi lasser.
Avec cette quatrième saison, The Cleaning Lady semble chercher un nouvel équilibre, entre les enjeux personnels et les intrigues criminelles. L’introduction de nouveaux personnages, comme le procureur Herman, ou la tentative de Jorge de sortir du cartel, auraient pu offrir un nouveau souffle. Mais pour l’instant, ces éléments semblent surtout servir de toile de fond, sans que leur potentiel soit pleinement exploité. Ce qui faisait la force des débuts — ce rythme soutenu, ces choix radicaux — paraît ici dilué. L’écriture prend son temps, trop peut-être, et cela peut donner le sentiment que la série étire ses intrigues plus qu’elle ne les développe.
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Ce n’est pas forcément un défaut, mais cela oblige à s’accrocher davantage pour rester investi. La scène finale, avec l’arrestation de Thony et Jorge suivie de leur libération rapide, synthétise bien ce sentiment d’urgence contrecarrée. Tout est là pour faire monter la tension, mais la retombée est quasi immédiate. La menace du procureur, l’épée de Damoclès que représente un mariage sous de faux prétextes, tout cela est posé… puis laissé en suspens. Il n’y a pas de réelle résolution. Juste un déplacement de la menace, un glissement des enjeux. Cela crée une atmosphère intéressante, mais pas forcément satisfaisante. Il manque un déclic, quelque chose qui relancerait vraiment la machine.
Ce quatrième épisode reflète bien l’état de la série actuellement : riche en intentions, mais parfois hésitante dans leur exécution. Les personnages sont toujours là, complexes, attachants ou inquiétants, mais leurs trajectoires semblent parfois dictées par des nécessités narratives plus que par une vraie logique interne. Rien n’est fondamentalement raté dans cet épisode. Au contraire, certains moments sont très bien amenés — notamment dans la dynamique entre Thony et Jorge ou dans la manière dont Fiona doit gérer une humiliation de plus. Mais il manque une direction claire, une volonté de faire avancer les choses plutôt que de simplement les agiter.
Il reste à espérer que la suite de la saison saura tirer profit de ces tensions installées. Que le jeu du chat et de la souris entre Thony, le procureur et le cartel trouve enfin un terrain où s’exprimer pleinement. Car pour l’instant, The Cleaning Lady donne l’impression de se retenir, de ne pas vouloir tout brûler trop vite. C’est peut-être une stratégie, mais cela met à rude épreuve la patience.
Note : 5/10. En bref, ce quatrième épisode reflète bien l’état de la série actuellement : riche en intentions, mais parfois hésitante dans leur exécution. Les personnages sont toujours là, complexes, attachants ou inquiétants, mais leurs trajectoires semblent parfois dictées par des nécessités narratives plus que par une vraie logique interne.
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