15 Mai 2025
Tom Cruise sur le tapis rouge, présentant Mission Impossible The Final Reckoning (2025) - Tous droits réservés
Par un soleil insolent et des flashs qui crépitent à en rendre jaloux les étoiles, la deuxième journée du Festival de Cannes 2025 s’est jouée comme un film à rebondissements. Entre glamour assumé, hommages poignants et prises de parole engagées, le 14 mai a prouvé que le cinéma peut être autant un miroir qu’un projecteur.
Si la Croisette avait un moteur ce mercredi, c’était clairement Tom Cruise. Et pas n’importe comment. L’acteur est arrivé en conquérant, avec toute l’équipe de Mission : Impossible – The Final Reckoning et... une fanfare. Oui, une fanfare live sur le tapis rouge, reprenant le mythique thème de la saga. À Cannes, on ne fait jamais dans la demi-mesure.
Cruise, 62 ans et toujours aussi increvable, a multiplié les sourires et les cascades... sur grand écran. Dans cet ultime opus présenté hors compétition, on le retrouve pendu à un avion, puis plongé dans les abysses. De la pure adrénaline hollywoodienne, servie sur tapis rouge. Un show à l’américaine qui a mis tout le monde d’accord, même les plus snobs.
Le glamour, c’est le langage de Cannes. Et mercredi soir, il a été parlé couramment. Bella Hadid, sculpturale dans une robe qui défie les lois de l’apesanteur, a fait sensation. Eva Longoria, entre chic californien et élégance française, n’a pas raté son entrée.
Mais celle qui a vraiment crevé l’écran (et les cœurs), c’est Juliette Binoche. Présidente du jury 2025, elle a foulé les marches dans une sublime robe Dior ivoire, confectionnée à la main en 200 heures. Mais c’est surtout son discours qui a marqué les esprits : un hommage vibrant à Fatma Hassouna, journaliste palestinienne tuée à Gaza. “Le cinéma doit aussi raconter les silences du monde”, a-t-elle déclaré, yeux humides, voix droite. Cannes a alors cessé de briller un instant... pour écouter.
Pendant que certains regardaient l’avenir, Cannes s’est aussi offert un saut dans le passé, version grandiose. Le festival célébrait le centenaire de “La Ruée vers l’or” de Chaplin. Mais ici encore, pas de nostalgie poussiéreuse : Kiera Chaplin, petite-fille de Charlot, est venue présenter une version restaurée du chef-d’œuvre. Des larmes dans les yeux, des applaudissements dans la salle – le cinéma muet a encore crié très fort.
Puis est venu Robert De Niro, Palme d’honneur entre les mains, mais surtout, colère dans la voix. L’acteur a dénoncé les dérives autoritaires aux États-Unis, dans un discours aussi tranchant que ses rôles dans Taxi Driver ou Les Affranchis. Cannes a toujours aimé les coups de poing poétiques. Là, il en a pris un, en pleine conscience.
Il y a des jours où Cannes se contente de briller. Et il y a des jours comme ce mercredi 14 mai, où elle inspire, fait réfléchir, provoque des frissons qu’aucun projecteur ne peut produire. C’est pour ça qu’on aime ce festival : parce qu’il mélange les larmes au mascara, les éclats de rire aux flashs, les hommages aux selfies.
Sur la plage comme dans les salles, la magie opérait. Des conversations passionnées sur les escaliers du Palais, des débats sans fin sur la Palme à venir, des regards complices entre stars et anonymes, des claps sincères.
Et c’est ça, la recette secrète du Festival : un mélange de grand spectacle et d’humanité brute. Ce 14 mai 2025 restera comme une journée où le cinéma s’est rappelé qu’il est à la fois art, arme et refuge. Et tant que la Croisette portera ces trois casquettes, elle brillera plus fort que toutes les avant-premières du monde.
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