Death Valley (2025) (Saison 1, 6 épisodes) : duo d’enquêteurs pour dimanche chez mamie

Death Valley (2025) (Saison 1, 6 épisodes) : duo d’enquêteurs pour dimanche chez mamie

Il y a des séries qui donnent envie de rester scotché au canapé, qui intriguent dès les premières minutes, qui imposent un rythme et un univers où l’on a envie de plonger tête la première. Death Valley, ce n’est pas tout à fait ça. La première saison, composée de six épisodes, m’a laissé l’impression d’un long après-midi de dimanche où l’on se laisse porter, sans trop d’implication, affalé dans un rocking chair, buvant du thé Earl Grey entre deux bouchées de petits biscuits Delacre. Une série qui passe, qui se regarde, qui fait sourire parfois, mais qui ne laisse pas de trace profonde une fois l’écran éteint.

 

L'acteur retraité John Chapel et la sergente-détective Janie Mallowan s'associent pour enquêter sur des meurtres chaque semaine au Pays de Galles.

 

Dès le premier épisode, le décor est planté : un petit coin de campagne britannique, une mort suspecte qui aurait tout du suicide... mais dont tout le monde se doute qu’elle cache autre chose. Un acteur vieillissant, John Chapel, ancien héros d’une série policière à succès, se retrouve mêlé à l’enquête presque par hasard, à la faveur d’une rencontre avec DS Janie Mallowan, une policière un brin maladroite, qui peine à avancer dans ses investigations. Chapel a vu quelque chose, bien sûr – les acteurs, paraît-il, savent observer – et le voilà embarqué, un peu malgré lui, dans cette drôle de collaboration. Une actrice pleine d’énergie, un comédien grognon au fond du trou, une affaire pas si simple… le duo est en place.

 

On comprend vite que Death Valley ne cherche pas à révolutionner le genre. L’enquête est un prétexte, les personnages sont plus des archétypes que de réels individus, et la construction des épisodes suit un schéma assez prévisible. Chaque semaine, un nouveau crime, un nouveau cadre bucolique – une randonnée qui tourne mal, une querelle de voisins qui finit en drame, un promoteur immobilier assassiné… On retrouve cette mécanique familière, comme un vieux fauteuil dans lequel on se glisse sans trop réfléchir. Ce n’est pas désagréable, mais ça manque d’étincelles. Il y a tout de même un charme diffus dans ce duo improbable : Timothy Spall, dans le rôle de Chapel, a cette capacité à capter l’attention, même quand le scénario ne lui donne pas grand-chose à jouer. 

 

Sa présence apporte une certaine gravité au milieu d’un univers qui frôle parfois la caricature. Face à lui, Gwyneth Keyworth incarne DS Mallowan avec une énergie désarmante – un mélange d’enthousiasme naïf et de maladresse qui rend le personnage attachant, même quand ses répliques tombent un peu à plat. Leurs échanges sont ponctués de petites piques et de sous-entendus amusants, mais on sent bien que tout cela manque de profondeur. Chapel a perdu sa femme, Mallowan a perdu une amie, on effleure quelques thèmes plus graves… mais cela reste en surface, comme des miettes sur une nappe immaculée. C’est peut-être là que Death Valley montre ses limites : la série donne l’impression de jouer sur plusieurs tableaux sans jamais vraiment creuser. 

 

Une pincée d’humour, une once de drame, un soupçon de mystère… mais rien de bien consistant. Tout s’imbrique de manière trop lisse, trop prévisible. Les dialogues, parfois, donnent l’impression d’avoir été écrits pour meubler, sans réelle ambition de faire passer autre chose qu’un moment agréable. On sourit à quelques répliques bien senties, mais on ne s’attarde pas. C’est du divertissement léger, presque transparent. Une série qui se regarde en tricotant, en laissant l’esprit vagabonder, sans avoir peur de rater un élément essentiel de l’intrigue. L’autre problème, c’est cette impression de « déjà-vu » qui plane sur l’ensemble. Les duos improbables dans des enquêtes de village, ce n’est pas exactement une idée neuve.

 

La figure du « détective amateur », du comédien reconverti en enquêteur, du policier dépassé qui accepte l’aide d’un outsider… tout cela a déjà été fait, souvent, et parfois en mieux. Death Valley ne cherche pas à se démarquer ; elle s’inscrit dans cette tradition des « cosy crime dramas » britanniques, ces séries où le crime est presque un prétexte à des décors pittoresques et des personnages excentriques. Mais là où certaines réussissent à se démarquer par une ambiance particulière, un humour grinçant ou des personnages vraiment incarnés, Death Valley reste coincée dans une sorte de grisaille tranquille. Ça ronronne, ça ne grince jamais.

 

Ce n’est pas non plus désagréable – on ne va pas prétendre que c’est insupportable à regarder. Il y a une certaine tendresse dans la manière dont la série présente ses personnages : Chapel, avec son air bourru et ses manies d’acteur à la retraite, son chat Alan en guise de seul confident, Mallowan et son enthousiasme un peu naïf, son supérieur hiérarchique qui ne rêve que de classer les affaires le plus vite possible… Il y a des petites touches d’humanité qui affleurent, mais elles sont trop timides, trop effacées pour réellement faire vibrer quelque chose. On sent que la série voudrait nous dire des choses sur le deuil, la solitude, le temps qui passe, mais tout est dilué dans des intrigues qui peinent à captiver. 

 

Même les crimes, censés être le cœur de l’histoire, manquent de relief : des querelles de voisinage, des secrets de famille, des jalousies qui tournent mal… Rien qui ne donne vraiment envie de s’accrocher. La réalisation, elle, reste sobre, presque fade. Les plans sont propres, les décors soignés, mais rien ne retient vraiment l’œil. C’est du service minimum, de la télévision qui fait son boulot sans chercher à bousculer le spectateur. La musique d’ambiance, discrète, accompagne sans jamais vraiment marquer. On est dans une sorte de zone de confort, où tout est fait pour ne pas heurter, ne pas surprendre, ne pas déplaire. 

 

Une série qui s’efface presque derrière son propre décor, qui donne l’impression d’être là pour remplir un créneau horaire plus que pour raconter quelque chose. En fin de compte, Death Valley donne l’impression d’un projet qui aurait pu être plus ambitieux, mais qui s’est contenté du strict nécessaire. Il y a du talent au casting – Spall, évidemment, mais aussi Keyworth, qui fait de son mieux avec ce qu’on lui donne. Il y a des situations qui auraient pu être plus mordantes, des personnages qui auraient pu être plus complexes. Mais tout cela reste à l’état d’ébauche. On regarde, on sourit de temps en temps, mais on oublie vite. 

 

Une fois les six épisodes terminés, difficile de se souvenir d’un moment marquant, d’une réplique qui resterait en tête, d’un personnage qui aurait laissé une empreinte. Regarder Death Valley, c’est un peu comme s’installer dans un vieux rocking-chair avec une tasse de thé et quelques biscuits. C’est confortable, ça tient chaud, mais ça ne bouscule pas. La série donne cette sensation de ronron tranquille, d’une histoire qui se déroule sans accroc, mais qui n’éveille pas grand-chose. Elle se regarde sans peine, mais elle ne se vit pas. C’est un programme du dimanche après-midi, de ceux que l’on regarde en pointillés, en attendant que la journée passe.

 

En conclusion, Death Valley, saison 1, n’est ni un naufrage, ni une révélation. C’est un produit honnête, sans grandes ambitions, qui fait ce qu’on attend de lui, mais sans chercher à aller plus loin. Un divertissement policier qui s’installe dans le paysage sans vraiment s’y ancrer. Peut-être que cela suffit, parfois, à occuper un moment. Mais cela ne suffit pas à marquer. Une série à regarder distraitement, en grignotant des biscuits Delacre, mais qu’on oublie aussitôt la tasse de thé terminée.

 

Note : 4/10. En bref, un produit honnête, sans grandes ambitions, qui fait ce qu’on attend de lui, mais sans chercher à aller plus loin. A regarder avec mamie un dimanche après-midi, accompagné d’un thé et de petits biscuits. 

Prochainement sur france.tv

Disponible sur BBC iPlayer, accessible via un VPN

 

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