12 Juin 2025
Tyler Perry’s Divorced Sistas // Saison 1. Episode 1. The Pretty Lady.
BET+ s’est enrichie d’un nouveau venu dans l’univers de Tyler Perry, avec l’arrivée de Divorced Sistas, un spin-off qui entend capitaliser sur le succès relatif de Sistas. La série promettait une plongée dans les réalités de la vie après le mariage, en suivant le quotidien de cinq femmes fraîchement divorcées. Sur le papier, l’idée avait de quoi intriguer : explorer les blessures, les solidarités et les renaissances qui peuvent naître après une séparation. Mais dans les faits, ce premier épisode laisse une impression de déjà-vu fatigué. Intitulé « The Pretty Lady », ce pilote ne brille ni par son originalité ni par sa capacité à capter l’attention durablement. On a même du mal à ne pas décrocher en cours de route, tant l’épisode peine à trouver son rythme ou à poser une réelle tension dramatique.
Cinq amies - Rasheda, Geneva, Naomi, Tiffany et Bridgette - se soutiennent à travers le divorce, le mariage, les rencontres, la guérison et les luttes de l'amitié, tandis que leur loyauté et leurs liens de sororité sont mis à l'épreuve.
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L’idée de suivre cinq femmes noires confrontées à la fin de leur mariage était, il faut le reconnaître, pleine de potentiel. Ce qui aurait pu être une belle galerie de portraits autour de la résilience féminine s’apparente finalement à un recyclage de schémas déjà usés chez Perry : ex-maris infidèles, tensions de surface, confrontations théâtrales et dialogues trop appuyés. Les cinq protagonistes – Rasheda, Geneva, Naomi, Tiffany et Bridgette – sont introduites assez rapidement, sans que l’on ait vraiment le temps de s’attacher ou de ressentir la moindre empathie pour leurs parcours. C’est comme si les personnages étaient là pour cocher des cases narratives plutôt que pour exister pleinement à l’écran.
Là où Sistas avait, malgré ses limites, réussi à instaurer une certaine alchimie entre ses personnages féminins, Divorced Sistas semble peiner à faire naître cette cohésion. Les échanges manquent de naturel, les liens entre les personnages ne sont jamais vraiment crédibles, et l’on se demande presque comment ces femmes sont censées être amies. Même les tentatives de comédie tombent à plat. Il y a bien quelques moments légèrement amusants, notamment grâce au personnage de Naomi, mais l’humour semble souvent plaqué, presque forcé. On sent que l’écriture veut provoquer le rire ou l’émotion, mais rien n’y fait : l’ensemble reste terne.
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Vous regardez les séries de Tyler Perry ? Ce décor ne vous dit rien ? Ce lieu est également utilisé dans She the People, série créée par Tyler Perry pour Netflix.
Tyler Perry a souvent été critiqué pour sa plume un peu lourde, et ce pilote confirme la tendance. Les dialogues sont explicatifs, les situations prévisibles, et les conflits paraissent fabriqués plutôt que vécus. C’est un théâtre de façade où les personnages parlent plus qu’ils n’agissent, où l’on explique les émotions au lieu de les faire ressentir. Il y a une scène autour d’un banquet d’église, censée cristalliser les tensions du groupe. Ce passage aurait pu être un moment de grâce, de dévoilement subtil des blessures cachées, mais il tourne à la caricature : trahisons soudaines, règlements de compte mal amenés et une mise en scène sans souffle. Perry utilise ici ses recettes habituelles, mais l’effet est émoussé. On connaît les mécaniques, on devine les ressorts, et ce manque de surprise tue tout suspense.
On n’attend rien du prochain rebondissement, car on sait déjà à quoi s’attendre : le mari infidèle, l’ex qui revient au mauvais moment, la sœur qui cache un secret. Visuellement, la série ne tente rien. Les décors sont plats, les transitions maladroites, et le montage haché empêche toute montée en intensité. On a parfois l’impression de regarder une pièce de théâtre filmée à la va-vite. Le lieu principal de l’épisode – une église – aurait pu être chargé de symbolisme, jouer un rôle plus important dans la narration, mais il reste cantonné à un rôle décoratif. Rien ne s’imprime vraiment à l’écran. On oublie ce qu’on voit dès que l’on passe à la scène suivante. Côté casting, LeToya Luckett fait ce qu’elle peut avec le rôle de Rasheda, cette femme tiraillée entre ses responsabilités religieuses et ses besoins personnels.
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Elle n’est pas mauvaise, au contraire, mais elle est desservie par un scénario qui ne lui permet pas de nuancer son jeu. Les autres actrices – notamment Porscha Coleman dans le rôle de Naomi – parviennent par moments à insuffler un peu de vie à l’ensemble. On sent qu’elles essaient de donner de la chair à des personnages qui manquent cruellement de profondeur. Mais elles ne peuvent pas tout faire seules : sans une écriture solide derrière, l’interprétation a vite ses limites. Ce qui dérange peut-être le plus dans ce premier épisode, c’est cette impression persistante que la série n’existe pas par nécessité artistique, mais par opportunisme. On sent que Divorced Sistas a été conçu pour prolonger artificiellement la marque Sistas, en espérant capitaliser sur une audience déjà acquise.
Mais une série ne peut pas se contenter d’être une extension commerciale. Elle doit avoir quelque chose à dire, une voix propre. Et c’est ce qui manque cruellement ici. On ne ressent pas de vision d’auteur, pas de volonté de proposer autre chose. On a juste droit à une répétition des mêmes ficelles, dans un emballage légèrement différent. Soyons honnêtes : dans la filmographie télévisuelle de Tyler Perry, il y a bien pire. Divorced Sistas, malgré ses défauts criants, reste regardable. On ne parlera pas de plaisir, mais au moins de tolérance. Certains dialogues font sourire, certaines scènes passent sans trop d’ennui. C’est médiocre, oui, mais c’est du Perry. Ceux qui ont l’habitude de son univers retrouveront leurs repères : le ton tantôt dramatique, tantôt absurde, les relations surjouées, les trahisons surgies de nulle part.
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Ce n’est pas une série qui cherche à se réinventer – juste à tenir debout sur les piliers fragiles d’un succès passé. Après un pilote aussi peu engageant, la question est légitime. Est-ce que Divorced Sistas mérite qu’on lui laisse une chance ? Difficile à dire. Ceux qui ont apprécié Sistas y trouveront peut-être un intérêt, à condition d’être indulgents. Les autres risquent fort de décrocher rapidement, faute d’un scénario convaincant ou de personnages vraiment attachants. Le premier épisode de Tyler Perry’s Divorced Sistas donne l’impression d’une série faite pour exister, et non pour raconter quelque chose de nouveau. Malgré quelques scènes plus vivantes et un casting qui ne démérite pas, l’ensemble reste trop faible pour véritablement accrocher.
Ce n’est pas une catastrophe, mais c’est loin d’être inspirant. Pour une série qui parle de renaissance après le divorce, on aurait aimé ressentir plus d’énergie, plus de rage de vivre, plus de sincérité. Ce n’est pas le cas. On est face à une œuvre qui aligne les clichés et les scènes convenues, dans une ambiance fade et sans grand relief. Il y aura peut-être mieux par la suite, mais rien dans ce premier épisode ne donne vraiment envie de rester pour le vérifier.
Note : 4.5/10. En bref, apprécieront ceux qui ont apprécié Sistas. Pour les autres, passez votre tour.
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Tyler Perry’s Divorced Sistas est un spin off de la comédie Sistas diffusée sur BET et également créée par Tyler Perry qui a connu 6 saisons entre 2019 et 2023.
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