Ride or Die (Saison 1, épisodes 7 et 8) : une fin qui privilégie les personnages malgré quelques facilités

Ride or Die (Saison 1, épisodes 7 et 8) : une fin qui privilégie les personnages malgré quelques facilités

Après des épisodes un peu trop chargés en complots et en embrouilles de cartels, la première saison de Ride or Die tire sa révérence. Et honnêtement, ça fait du bien de voir que la série a compris ce qui faisait son cœur : la relation entre Judith et Debbie. Ces deux derniers chapitres remettent l'humain au centre du jeu, avec une conclusion beaucoup plus intime que ce qu'on pouvait imaginer. Tout n'est pas parfait, loin de là. Le scénario prend quelques raccourcis un peu faciles sur la fin, mais l'émotion marche à fond. On sent que l'écriture a voulu privilégier l'attachement qu'on a développé pour ces deux femmes plutôt que d'en faire des caisses dans la surenchère d'action.

 

L'épisode 7 démarre sur les chapeaux de roue. Tous les groupes criminels et les protagonistes se croisent enfin autour du même sac de billets. La tension monte naturally et les masques tombent. Certains personnages choisissent enfin leur camp, d'autres révèlent ce qu'ils ont vraiment dans le ventre. Ce qui fait plaisir, c'est que l'intrigue devient enfin plus simple à lire. On arrache un peu les couches de complexité inutile qui alourdissaient le milieu de saison. Même si chacun tire la couverture à soi, on suit facilement ce qui se passe à l'écran sans avoir besoin de prendre des notes. Depuis le premier épisode, Judith traîne ses casseroles comme un boulet. 

Là, impossible de reculer : les secrets finissent par sortir de l'ombre et viennent secouer sa relation avec Debbie. La confiance en prend un sacré coup juste au moment où elles semblaient enfin soudées. Ce que j'ai trouvé très juste, c'est la façon dont le personnage réagit. Pas d'explications alambiquées ni de fausses excuses. Judith sait qu'elle a merdé et elle accepte le fait que certaines blessures mettent du temps à cicatriser. C'est brut, c'est honnête, et ça rend leur dynamique amicale encore plus crédible. Si je devais retenir une vraie réussite sur l'ensemble de la saison, ce serait l'évolution de Debbie. Elle partait de loin, parachutée au milieu d'un merdier pas possible alors qu'elle n'avait rien demandé. Dans ce final, elle devient enfin maîtresse de ses choix.

 

Mais le gros point fort des scénaristes, c'est d'avoir gardé les pieds sur terre. Debbie ne se transforme pas miraculeusement en agent secret surentraîné. Elle reste la fille ordinaire du début, mais qui a appris à encaisser et à réagir quand le danger se pointe. C'est fluide, cohérent, et tellement plus agréable à suivre que les transformations hollywoodiennes habituelles. La montée en puissance d'Ana trouve elle aussi une vraie réponse. On comprend enfin d'où vient toute cette rancœur accumulée contre Judith. Les retours en arrière disséminés au fil de la saison prennent tout leur sens et permettent de mesurer les dégâts du passé. Du coup, le face-à-face ne ressemble pas à un simple combat contre le grand méchant de l'histoire. 

On est plutôt sur deux anciennes proches broyées par les mêmes choix. On aurait peut-être aimé que tout ça soit installé un brin plus tôt dans la saison, mais le résultat final tient clairement la route. On aurait pu s'attendre à une explosion de fusillades pour boucler la saison. Ride or Die choisit une autre voie en posant le rythme. Les plus beaux moments sont ceux où Judith et Debbie se retrouvent au calme pour régler leurs comptes et parler vrai. Ces scènes rappellent la vraie force de la série : le dialogue et la complicité. On se rend compte que les histoires d'espionnage n'étaient qu'un décor pour raconter cette amitié hors du commun. Tout n'est pas irréprochable pour autant. Plusieurs sous-intrigues de personnages secondaires se règlent à la va-vite dans l'épisode 8. 

 

On sent que le temps pressait et qu'il fallait fermer des portes rapidement, parfois au détriment de la logique. Certains rebondissements tombent un peu trop bien pour être honnêtes et reposent sur des coïncidences pratiques. Rien de rédhibitoire pour gâcher le plaisir, mais ça manque parfois de finesse. Quant à la dernière scène, elle tend clairement une perche pour une saison 2, ce qui laisse un sentiment mitigé entre curiosité et envie d'une vraie fin close. 

 

Note : 6/10. En bref, Ride or Die boucle son premier chapitre de façon solide. Les méandres criminels m'ont parfois laissé tiède pendant la saison, mais la force émotionnelle du duo principal rattrape largement le coup. Si une suite voit le jour, j'espère qu'elle gardera cette simplicité et continuera de tout miser sur Judith et Debbie.

Disponible sur Amazon Prime Video

Amazon n’a pas encore renouvelé Ride or Die pour une saison 2 à l’heure où j’écris ces lignes.

 

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