Critique Ciné : Nobody 2 (2025)

Critique Ciné : Nobody 2 (2025)

Nobody 2 // De Timo Tjahjanto. Avec Bob Odenkirk, Connie Nielsen, Christopher Lloyd et Sharon Stone.

 

L’existence de Nobody 2 m’interroge. Le premier volet avait surpris par son concept : un père de famille banal, interprété par Bob Odenkirk, révélait une brutalité insoupçonnée dans une explosion d’action jouissive, entre second degré et exécution musclée. L’idée avait séduit par son décalage : l’avocat maladroit de Breaking Bad se transformait soudain en justicier capable de distribuer des coups dignes des meilleures figures du cinéma d’action. La surprise était totale, et c’est sans doute ce choc initial qui faisait le sel du film. Revenir avec un deuxième opus était donc un pari risqué. Autant le dire d’emblée : ce Nobody 2 ne réitère pas le miracle.

 

Quatre ans après sa malencontreuse altercation avec la mafia russe, Hutch doit toujours 30 millions de dollars à la redoutable organisation et s'efforce de rembourser en enchainant sans répits les contrats d’une liste de criminels à abattre, aussi interminable qu’internationale. Bien qu'il apprécie le caractère intense de son ‘‘travail’’, Hutch se retrouve vite surmené, tout comme sa femme Becca et ils s'éloignent inexorablement l'un de l'autre. Ils décident donc de partir avec leurs enfants pour une escapade au Wild Bill's Majestic, un parc d’attraction dans l’Arkansas, le seul et unique endroit où Hutch et son frère Harry aient jamais passé de vacances ensemble. Embarquant son père dans la foulée, Hutch et sa famille débarquent au grand complet dans la petite ville touristique de Plummerville, avec la ferme intention d’y passer du bon temps au soleil. Mais quand, à la suite d’un incident mineur avec des voyous locaux, la famille se retrouve dans la ligne de mire du directeur du parc aussi corrompu que son shérif est véreux, Hutch va attirer sur lui l’attention de l’esprit criminel peut-être le plus dérangé et le plus sanguinaire qu'il, ou qui que ce soit d’ailleurs, ait jamais rencontré.

 

Il le tente, parfois avec sincérité, mais reste souvent englué dans un schéma qui ressemble trop au premier épisode. Ce qui faisait l’originalité de l’histoire se transforme ici en formule répétée, appliquée sans véritable fraîcheur. Le scénario, confié à pas moins de quatre scénaristes, a tout du travail collectif qui ne parvient pas à trouver une ligne claire. L’histoire est d’une simplicité extrême : Hutch Mansell, alias Mr. Nobody, rêve de vacances paisibles avec sa famille. Mais la tranquillité tourne court lorsqu’il croise le chemin d’un shérif local véreux et de la “Marraine”, une criminelle délirante campée par Sharon Stone. Forcément, la situation dégénère et la violence reprend ses droits, transformant les vacances en bain de sang.

 

Sur le papier, l’idée pouvait fonctionner. Changer de décor, mêler la cellule familiale aux aventures d’un justicier fatigué… mais la mécanique tourne à vide. L’humour, discret, ne parvient pas à insuffler le décalage qui avait tant marqué le premier film. L’action se déploie, mais elle a parfois des allures de redite, comme si le film répétait inlassablement les mêmes coups de poing. La vraie force de cette suite reste son acteur principal. Bob Odenkirk reprend le rôle avec énergie et un engagement qui force le respect, surtout après ses récents problèmes de santé. Il incarne Hutch avec une intensité toujours palpable, mélange de vulnérabilité et de rage contenue. 

 

Son jeu continue de surprendre : on croit à ce père ordinaire capable de basculer dans une violence radicale. Pourtant, la mise en scène ne lui rend pas toujours justice. Là où le premier film assumait la brutalité des coups, celui-ci semble reculer, sans doute pour viser un public plus large. Beaucoup de scènes chocs sont reléguées hors-champ, comme si la caméra craignait de montrer l’impact. Résultat : la violence paraît édulcorée et perd en puissance. L’impression est frustrante, car Odenkirk méritait un écrin plus audacieux. Si Nobody 2 parvient parfois à électriser, c’est dans ses scènes musicales. La séquence du bateau, chorégraphiée sur When The Saints Go Marchin’ In, s’impose comme le sommet du film : inventive, rythmée, et surtout portée par une ironie qui redonne du souffle. 

 

D’autres tentatives fonctionnent moins bien, comme le final au parc d’attractions accompagné d’une reprise de Ring of Fire, dont l’effet est gâché par un mixage sonore mal équilibré. Les coups de feu couvrent presque entièrement la musique, annihilant l’idée de départ. Ce déséquilibre illustre bien les limites de cette suite : des intentions séduisantes, mais une exécution parfois bâclée. On devine ce que le film cherche à faire, mais il n’arrive pas toujours à transformer l’essai. Le reste du casting n’aide pas à relever la barre. Sharon Stone, en grande méchante, semble s’amuser, mais son cabotinage finit par desservir le personnage. Plutôt que d’incarner une menace crédible, elle surjoue et donne l’impression d’un rôle mal écrit. 

 

Colin Hanks, en adjoint du shérif, réussit davantage à imposer une antipathie efficace, mais reste secondaire. Quant à Christopher Lloyd, il est réduit à un rôle purement décoratif, ce qui renforce l’idée d’un film qui n’exploite pas son potentiel. Visuellement, Nobody 2 se contente du strict minimum. La mise en scène ne cherche jamais à imposer un style, et s’efface derrière des conventions vues mille fois ailleurs. Les combats, souvent filmés de façon fonctionnelle, manquent de la nervosité et de l’inventivité qui avaient marqué le premier film. Même le montage, calqué sur le schéma narratif initial – commencer par la fin avant de revenir en arrière – paraît recyclé, sans variation ni surprise.

 

Ce manque d’originalité finit par peser lourd. L’impression qui domine est celle d’un film en pilote automatique, conçu pour prolonger une franchise sans vraiment chercher à la renouveler. Le principal problème de Nobody 2 est sans doute celui-ci : il n’a plus l’effet de surprise. Le premier volet s’appuyait sur le contraste entre l’image d’un homme banal et sa transformation brutale en machine de guerre. Ici, ce contraste n’existe plus. On connaît le personnage, ses failles, son potentiel destructeur. Le film aurait dû trouver un nouvel angle, explorer une autre facette de Hutch, ou au moins impliquer davantage sa famille dans l’action. 

 

Or, cette promesse est vite abandonnée : la famille sert de prétexte narratif, sans jamais vraiment entrer dans le jeu. Faut-il pour autant jeter Nobody 2 aux oubliettes ? Pas vraiment. Le film remplit sa fonction de divertissement, avec une durée ramassée d’1h30 qui empêche l’ennui de s’installer. Certaines scènes restent efficaces, et Bob Odenkirk continue d’imposer une présence singulière dans le paysage du cinéma d’action. Mais l’ensemble laisse une impression de réchauffé, comme un plat qui aurait perdu sa saveur en repassant trop vite au micro-ondes. Pour les amateurs du premier film, cette suite peut valoir le détour, à condition d’accepter qu’elle joue sur les mêmes ressorts sans en retrouver la force. 

 

Pour les autres, elle risque de passer pour un film d’action convenu, au milieu d’une offre déjà saturée. En définitive, Nobody 2 confirme surtout une chose : Bob Odenkirk a trouvé un rôle d’action crédible, capable de tenir tête aux figures établies du genre. Mais pour que la franchise survive, il faudra plus qu’une répétition du premier épisode. Il faudra de l’audace, de la mise en scène, et un scénario qui ose sortir de l’autoroute. Sinon, Mister Nobody risque de redevenir… personne.

 

Note : 4.5/10. En bref, l’ensemble laisse une impression de réchauffé, comme un plat qui aurait perdu sa saveur en repassant trop vite au micro-ondes. 

Sorti le 13 août 2025 au cinéma

 

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delromainzika

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G
salut toi<br /> sympa pour ton article<br /> je vais aller voir ce film j'espere que je vais aimez :OP<br /> aller bisous
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