15 Septembre 2025
Quand j’ai commencé Twelve, mini-série sud-coréenne de huit épisodes diffusée sur Disney+, j’étais intrigué par son mélange d’action, de fantastique et de mythologie. L’idée de mettre en scène douze anges liés aux animaux du zodiaque avait de quoi attirer l’attention. Avec un casting aussi prestigieux et une sortie très attendue, difficile de ne pas s’attendre à une série marquante. Pourtant, après avoir visionné l’intégralité des épisodes, mon ressenti reste partagé : il y a une base intéressante, mais l’exécution laisse trop de zones d’ombre et de frustration pour parler d’une réussite.
L’histoire démarre sur un univers où les anges, chacun lié à un animal zodiacal, vivent parmi les humains. Leur mission est claire : protéger la Corée contre le retour des esprits maléfiques. Le leader Tae-san, incarné par Ma Dong-seok, tente de rassembler ses pairs pour contrer O-gwi, l’ennemi principal, interprété par Park Hyung-sik. Ce dernier incarne un esprit sombre qui cherche à semer le chaos. Les premiers épisodes posent bien le décor. On découvre l’existence des anges, leurs pouvoirs, leur rôle face aux menaces qui planent. Le mélange entre leur quotidien presque banal et leur mission divine crée un contraste intéressant. Mais rapidement, la narration commence à s’essouffler.
Le format court de huit épisodes, d’une heure environ chacun, limite la profondeur des arcs narratifs. Résultat : beaucoup de personnages ne dépassent jamais leur fonction initiale et semblent rester en arrière-plan. Là où la série aurait pu développer les relations entre les douze anges, approfondir leur passé ou montrer la complexité de leurs dilemmes, elle se contente trop souvent de scènes explicatives ou de séquences qui ralentissent inutilement le rythme. Le plus grand atout de Twelve, c’est sans doute son casting. Voir Ma Dong-seok dans un rôle de leader charismatique donne immédiatement du poids à l’histoire. Son jeu, fidèle à son image d’acteur solide et protecteur, apporte une certaine crédibilité à Tae-san.
Mais au fil des épisodes, son personnage finit par tourner en rond. Il répète les mêmes postures, les mêmes dialogues, et sa puissance semble trop souvent utilisée comme un raccourci narratif pour régler les situations. À l’inverse, Park Hyung-sik en antagoniste apporte une vraie intensité. O-gwi est sombre, intriguant, et ses apparitions ont une énergie différente. Pourtant, même ce personnage, qui aurait pu devenir la figure centrale de la série, n’échappe pas à un traitement un peu superficiel. Ses motivations sont esquissées, jamais pleinement explorées. Cela empêche de créer une réelle connexion émotionnelle avec lui. D’autres acteurs comme Seo In-guk, Lee Joo-bin ou Sung Dong-il ajoutent des touches intéressantes, parfois comiques, parfois dramatiques.
Mais là encore, la série peine à leur donner de la consistance. On passe trop vite d’un personnage à un autre, sans leur laisser l’espace nécessaire pour exister pleinement. Au final, beaucoup de ces anges se résument à leur archétype initial : le sage, le comique, la guérisseuse… Il faut le reconnaître, Twelve propose de belles séquences visuelles. Les transformations zodiacales sont travaillées, les portails infernaux apportent une vraie dimension fantastique, et certains décors plongent efficacement dans une atmosphère surnaturelle. Les inspirations issues de la mythologie donnent une couleur particulière à l’ensemble, avec des symboles et des détails qui enrichissent l’univers.
Cependant, tout n’est pas au même niveau. Certaines scènes de combat manquent de dynamisme. Elles paraissent chorégraphiées de manière trop mécanique, sans cette fluidité qu’on peut attendre d’un drama d’action. Les effets spéciaux, bien que parfois réussis, montrent aussi leurs limites. Dans les moments plus ambitieux, les CGI paraissent datés et romptent l’immersion. La bande originale, en revanche, joue bien son rôle. Les musiques soutiennent l’atmosphère mystique, et certaines chansons marquent par leur intensité. C’est un aspect qui contribue réellement à maintenir l’attention, même quand l’intrigue ralentit. Le point le plus frustrant de Twelve reste son rythme.
Les deux premiers épisodes intriguent, surtout grâce à la présentation des personnages et de l’univers. Mais rapidement, le scénario se disperse. Les épisodes du milieu souffrent de longueurs inutiles : repas interminables, dialogues trop explicatifs, flashbacks peu pertinents. Plutôt que de renforcer les enjeux, ces séquences affaiblissent la tension. L’affrontement entre les anges et O-gwi, qui devrait constituer le cœur de la série, semble parfois relégué au second plan. On attend que l’action reprenne, mais elle se fait attendre. Quand les combats surviennent, ils manquent souvent d’impact. La fin, quant à elle, accélère brutalement. Là où il aurait fallu développer les choix des personnages, expliquer davantage certains retournements, la série se contente de boucler rapidement.
Ce contraste entre lenteur excessive et conclusion précipitée laisse un goût amer. Twelve aborde des thèmes intéressants : le sacrifice, la rédemption, la loyauté, la lutte entre la lumière et les ténèbres. Pourtant, ces idées restent à l’état d’ébauche. Elles apparaissent dans les dialogues, dans les gestes des personnages, mais ne trouvent jamais la profondeur nécessaire pour marquer. Le lien entre les anges et leur animal zodiacal, par exemple, aurait pu être un fil rouge passionnant. Comment ces pouvoirs influencent-ils leur personnalité ? Quelle relation entretiennent-ils avec l’animal qu’ils représentent ? La série n’explore que partiellement ces questions, préférant s’attarder sur des scènes répétitives qui n’apportent pas grand-chose.
Regarder Twelve a été une expérience contrastée. J’ai apprécié découvrir cet univers, reconnaître la mythologie dans les symboles et suivre certains acteurs que j’apprécie particulièrement. Mais plus les épisodes avançaient, plus la déception s’installait. Je ne dirais pas que c’est une série ratée, car elle possède des qualités. Mais elle ne parvient jamais à exploiter pleinement son potentiel. Les personnages auraient pu devenir inoubliables, les combats spectaculaires, les thèmes bouleversants. Au lieu de cela, on se retrouve avec une série qui oscille entre moments prometteurs et séquences fades. Faut-il regarder Twelve ? Tout dépend de ce que l’on recherche.
Pour les fans inconditionnels de certains acteurs, il y a du plaisir à prendre dans leurs prestations, même si les rôles manquent parfois de profondeur. Pour ceux qui aiment la mythologie coréenne et l’idée d’un affrontement surnaturel entre anges et esprits, l’univers visuel peut valoir le détour. En revanche, si l’attente concerne une intrigue solide, des combats mémorables et une tension dramatique constante, le risque de déception est élevé. Twelve illustre bien ce décalage qui existe parfois entre un concept séduisant et une réalisation qui ne suit pas. L’idée de départ avait tout pour captiver : un groupe d’anges inspirés du zodiaque, des combats épiques contre les forces du mal, un casting talentueux.
Mais les faiblesses d’écriture, le rythme inégal et les combats en demi-teinte empêchent la série de tenir ses promesses. Au final, je garde l’impression d’un rendez-vous manqué. Pas une perte de temps totale, mais une expérience frustrante, où chaque moment fort est rattrapé par une séquence bancale. Peut-être qu’une suite, mieux structurée, pourrait redonner vie à cet univers. Mais pour l’instant, Twelve reste pour moi une mini-série qui attire par son concept mais déçoit par son exécution.
Note : 4.5/10. En bref, je garde l’impression d’un rendez-vous manqué. Pas une perte de temps totale, mais une expérience frustrante, où chaque moment fort est rattrapé par une séquence bancale.
Disponible sur Disney+
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