8 Novembre 2025
Matlock // Saison 2. Episode 5. Mousetrap.
Avec cet épisode 5 de la saison 2, Matlock continue d’explorer les zones grises de la loyauté, mais au risque de s’y perdre elle-même. Après l’intensité émotionnelle de l’épisode précédent, “Mousetrap” prend une tournure plus retorse, presque étouffante, en s’attardant sur le trio Matty–Olympia–Julian. Et si la série garde sa finesse dans l’étude des relations humaines, elle s’enlise ici dans un réseau d’intrigues trop complexes pour son propre bien. Dès les premières minutes, j’ai eu la sensation d’être happé dans une partie d’échecs dont on aurait perdu les règles.
Olympia, Matty et Julian se livrent à un affrontement psychologique autour du dossier Wellbrexa, mais plus personne ne semble vraiment savoir qui manipule qui. L’épisode reprend là où le précédent nous avait laissés : Julian a compris que Matty avait collaboré avec Belvin et cherche à la coincer. Matty, fidèle à son instinct de survie, s’emploie à brouiller les pistes. Jusque-là, rien d’anormal pour Matlock. Mais là où la série excelle d’ordinaire dans la subtilité, elle se perd ici dans la confusion. J’ai eu beau suivre attentivement, certaines motivations restent floues. Olympia, notamment, devient presque insaisissable : veut-elle protéger Julian, Matty, ou simplement sauver la face ?
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Ce flou pourrait être passionnant s’il n’était pas aussi désorientant. Julian devient le pivot de cet épisode, mais pas forcément pour les bonnes raisons. Sa paranoïa prend toute la place, au point de rendre chaque scène plus tendue qu’elle ne devrait l’être. On sent bien que la série veut en faire un homme pris dans ses contradictions, lucide et aveugle à la fois. Mais le résultat manque de nuance. Son obsession à prouver que Matty et Belvin sont complices vire à la caricature, même si, ironiquement, il n’a pas tort. On comprend qu’il sert de miroir aux deux femmes : lui aussi se débat dans le mensonge, dans la peur d’être trahi, dans le besoin d’avoir raison.
Ce glissement vers la paranoïa aurait pu être un formidable moteur dramatique… s’il n’avait pas pris autant de place au détriment de l’intrigue principale. Olympia, de son côté, reste ce personnage partagé entre l’intégrité et la fidélité. Depuis le début de la saison, elle avance sur un fil, incapable de choisir un camp. Cet épisode le confirme, mais sans lui offrir de véritable évolution. Elle cache encore des documents à Matty, tout en feignant la coopération. Elle protège Julian, alors qu’elle sait pertinemment qu’il a contribué à bien des drames. Ce double jeu, qui faisait la richesse du personnage, commence à s’épuiser.
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À force d’hésiter, Olympia perd en densité. J’aurais aimé la voir franchir un cap, oser une décision claire, quitte à en payer le prix. La série semble craindre de la faire basculer, alors qu’elle gagnerait à l’assumer pleinement. Comme souvent dans Matlock, un dossier judiciaire vient servir de miroir aux intrigues personnelles. Cette semaine, il s’agit de Daniel, un jeune homme accusé d’avoir poussé son père adoptif violent dans les escaliers. Le cas est intéressant, d’autant plus qu’il aborde la question de la mémoire, de la culpabilité intériorisée, et de la manière dont on finit par croire à ses propres mensonges.
Mais malheureusement, ce cas de la semaine est relégué au second plan. On devine qu’il pourrait faire écho à la situation de Matty et Olympia, elles aussi enfermées dans leurs récits déformés. Pourtant, la série ne prend pas le temps d’explorer ce parallèle. Tout est expédié, presque bâclé. Le verdict tombe sans émotion, comme un simple prétexte pour souligner la morale de l’épisode : les histoires qu’on se raconte finissent par devenir notre vérité. Kathy Bates continue d’incarner une Matty à la fois coriace et fragile. Ici, elle franchit une nouvelle ligne en manipulant la réalité numérique : avec l’aide d’un technicien douteux, elle modifie ses anciens échanges avec Belvin pour fabriquer un mensonge crédible.
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Ce passage, à la fois triste et révélateur, montre combien Matty est prisonnière de ses propres justifications. Quand Olympia la confronte, la scène retrouve enfin la force émotionnelle qu’on aime dans Matlock. Ce cinquième épisode confirme que le lien entre Matty et Olympia n’est plus celui d’une amitié, mais d’une dépendance mutuelle. Elles ont besoin l’une de l’autre pour mener à bien leur croisade contre Senior, mais leur confiance s’est irrémédiablement fissurée. Même leurs éclats de complicité semblent forcés, comme si chacune savait que la trahison n’est jamais loin. La dernière scène, où Olympia questionne la véracité d’une histoire que Matty lui a racontée, est particulièrement marquante.
Lorsqu’elle lui demande si cette anecdote sur son père était vraie et que Matty avoue l’avoir inventée, tout s’effondre. À cet instant, Olympia réalise qu’elle ne peut plus croire à rien, pas même aux souvenirs partagés. Cet épisode de Matlock illustre bien les dérives d’une série qui, à force de complexifier son intrigue, perd un peu de la clarté émotionnelle qui faisait sa force. Le scénario tourne en rond autour du même triangle, oubliant de faire respirer les autres personnages, notamment Sarah et Billy, réduits à des rôles accessoires.
Pourtant, derrière ce désordre narratif, il reste une idée forte : celle de la mémoire comme instrument de survie. Matty, Olympia et Julian racontent chacun leur propre version de la vérité pour pouvoir continuer à avancer. Et peut-être que Matlock, en répétant inlassablement ses thèmes — culpabilité, justice, vérité — cherche à nous dire que ces obsessions sont le cœur même de la condition humaine.
Note : 5/10. En bref, cet épisode de Matlock illustre bien les dérives d’une série qui, à force de complexifier son intrigue, perd un peu de la clarté émotionnelle qui faisait sa force.
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