Critique Ciné : Harsh Couture (2025, Amazon Prime Video)

Critique Ciné : Harsh Couture (2025, Amazon Prime Video)

Harsh Couture // De Flávia Lacerda. Avec Ingrid Guimarães, Filipe Bragança, Rafa Chalub, Michel Noher, Késia, Jonas Bloch et Cris Vianna.

 

Avec Harsh Couture, la réalisatrice brésilienne Flávia Lacerda propose une comédie familiale qui mélange influenceurs, permaculture et choc culturel en pleine Amazonie. Sur le papier, l’idée d’envoyer une égérie Instagram dans la boue et les moustiques a du potentiel. À l’écran, le film oscille entre satire légère, feel-good tropical et balade écologique plus sérieuse qu’il n’y paraît. Rien d’expérimental ici, mais un divertissement qui cherche clairement à toucher un public large… quitte à rester parfois dans un confort narratif qui limite la surprise. L’intrigue suit Paula Pratta, influenceuse mode obsédée par son image, incarnée par Ingrid Guimarães. 

 

Une influenceuse mode est invitée à participer à une campagne pour la Fête des mères avec son fils, mais ses projets tombent à l’eau lorsque le jeune homme part s’installer en Amazonie. L’influenceuse suit son fils et se lance dans un voyage qui va la transformer.

 

Il suffit de quelques scènes pour comprendre son univers : looks millimétrés, collaborations sponsorisées, rapport constant aux filtres et besoin compulsif d’être parfaite. Sa carrière commence enfin à décoller lorsqu’une grande marque lui propose d’être le visage d’une campagne spéciale “Fête des Mères”. Petit détail qui vire au drame : la campagne exige la présence de son fils Cadu. Or ce dernier a fui la vie californienne pour s’installer au cœur d’une communauté autossuffisante dans l’Amazonie, où il étudie la permaculture et milite pour une vie plus sobre. La perspective de se retrouver devant une caméra pour vendre des sacs à main ne l’emballe pas vraiment. Devant ce refus, Paula n’a pas d’autre choix que de partir elle-même en Amazonie, accompagnée de Taylor, son assistante déjantée. 

 

Cette dernière, incarnée par Rafa Chalub, apporte une énergie nerveuse, parfois un peu caricaturale, mais toujours efficace dans les scènes les plus farfelues. Le duo débarque dans la jungle avec leurs valises qu’on croirait tout droit sorties d’une fashion week. Les premières séquences rappellent un peu les comédies d’aventure classiques : confrontation avec la nature, situations absurdes, incompréhensions culturelles… Le film ne cherche pas à révolutionner le genre, mais il amuse par la sincérité de ses personnages. Le cœur du récit repose évidemment sur Paula. Ingrid Guimarães porte le film avec une assurance qui montre son expérience dans le registre comique. Sa Paula est agaçante, touchante, parfois ridicule, mais toujours crédible. 

 

Le film fonctionne surtout grâce à elle : chaque chute dans la boue, chaque remarque déplacée, chaque tentative maladroite de se réconcilier avec son fils acquiert un ton chaleureux qui donne envie de la suivre. Visuellement, Harsh Couture oppose volontairement deux mondes : la superficialité colorée des réseaux sociaux et la beauté brute de la forêt. Les premiers plans sur l’Amazonie donnent l’impression d’un décor presque touristique, mais quelques scènes parviennent à capter un vrai sentiment de dépaysement. J’ai seulement regretté que certains passages semblent plus pensés pour embellir les décors que pour servir l’histoire. La mise en scène appuie un peu trop sur le fait que la nature c’est beau, au point que quelques séquences traînent davantage qu’elles ne devraient.

 

Là où le film surprend, c’est dans sa façon de glisser progressivement vers une réflexion plus intime : comment accepter que son enfant devienne quelqu’un d’autre ? Comment lâcher cette obsession de tout contrôler ? Comment se reconnecter à ce qui compte vraiment ? Harsh Couture ne prétend pas offrir une leçon spirituelle, mais pose des questions simples sans moralisme. Cadu, joué par Filipe Bragança, incarne ce jeune adulte qui refuse les attentes familiales pour construire son propre chemin. Son conflit avec Paula pourrait facilement devenir lourd, mais le film préfère la tendresse au drame, ce qui lui va plutôt bien. Du côté des personnages secondaires, Taylor remplit son rôle de complice comique, même si son arc reste prévisible. 

 

Michel Noher apparaît brièvement dans un rôle romantique qui sert plus à booster les interactions de Paula qu’à enrichir le récit. Certains dialogues auraient gagné à être plus naturels, car la mécanique humoristique se sent parfois trop écrite. Je me suis souvent retrouvé à sourire plutôt qu’à rire franchement, faute de situations vraiment audacieuses. En termes de rythme, les 1h45 du film se ressentent dans sa seconde moitié. Une fois la surprise du choc culturel passée, l’histoire avance de manière assez linéaire, dépendant surtout des quiproquos et des disputes familiales. À plusieurs reprises, j’ai senti que le scénario voulait absolument donner de l’espace à chaque idée, ce qui ralentit l’élan comique. Rien de dramatique, mais l’ensemble aurait pu être plus dynamique.

 

Malgré ces limites, Harsh Couture reste un bon choix pour une soirée tranquille. Le film ne cherche jamais à être plus que ce qu’il annonce : un récit feel-good qui mélange humour, amour propre et réconciliation familiale. Ingrid Guimarães donne assez d’énergie pour porter l’émotion, même lorsque le scénario emprunte des chemins déjà vus. Sa présence transforme ce qui aurait pu être une comédie banale en un moment chaleureux, imparfait mais attachant. Je ne peux pas dire que le film brille par son originalité. Certaines scènes semblent sorties tout droit d’autres comédies du même genre, qu’elles soient brésiliennes ou américaines. Mais je dois reconnaître qu’il assume complètement sa nature de divertissement accessible. 

 

Si l’idée de voir une influenceuse glamour se perdre dans la jungle vous amuse, vous y trouverez votre compte. Si vous cherchez un film qui bouscule les codes de la comédie, celui-ci risque de vous laisser un peu sur votre faim. En résumé, Harsh Couture offre une comédie tropicale douce-amère qui mise sur le cœur plutôt que sur les grands éclats. Ingrid Guimarães y démontre une fois encore qu’elle sait captiver, même quand le scénario reste sage. Ce n’est pas un film qui marque durablement, mais il remplit bien son rôle : faire sourire, faire réfléchir sans insister, et proposer un voyage dépaysant aux couleurs du Brésil. Une parenthèse légère, pensée pour le grand public, qui trouve sa force dans son humanité plus que dans sa fantaisie.

 

Note : 5.5/10. En bref, Harsh Couture offre une comédie tropicale douce-amère qui mise sur le cœur plutôt que sur les grands éclats. Ingrid Guimarães y démontre une fois encore qu’elle sait captiver, même quand le scénario reste sage.

Sorti le 28 novembre 2025 directement sur Amazon Prime Video

 

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