All’s Fair (Saison 1, épisodes 8 et 9) : un final chaotique où le cabinet implose plus vite que les intrigues ne se construisent

All’s Fair (Saison 1, épisodes 8 et 9) : un final chaotique où le cabinet implose plus vite que les intrigues ne se construisent

Carrington - « … or Beyoncé and Jay-Z and, fuck you really hard for this, my beloved Taylor Swift being Illuminati leaders »

 

Les épisodes 8 et 9 d’All’s Fair ferment la saison avec la délicatesse d’un bulldozer. Deux chapitres qui tentent de faire décoller un ensemble d’intrigues éclatées, tout en laissant une impression persistante : la série se perd dans ce qu’elle croit être de la provocation alors qu’elle ne maîtrise plus vraiment son sujet. Ces deux épisodes n’offrent pas un grand frisson, mais plutôt une succession de décisions étranges qui résument bien la saison : beaucoup de bruit, beaucoup de tensions internes… et un cabinet d’avocates qui finit par exploser sous sa propre folie. Impossible de passer à côté de Carrington, qui occupe presque tout l’espace dramatique du final. 

La série a toujours présenté son personnage comme le maillon instable du groupe, mais ces deux épisodes franchissent un cap : elle assume désormais son désir de détruire Allura, Liberty et Emerald, et en parle à sa thérapeute avec une sérénité qui ressemble plus à un aveu prémédité qu’à un appel à l’aide. Son rapport aux autres frôle désormais la mise en scène clinique. Entre les manipulations, les mensonges, et ce besoin d’humilier Everyone à la moindre occasion, Carrington agit comme si elle écrivait sa propre fanfiction vengeresse. Sa jalousie envers le trio – un fil rouge de la saison – devient ici un moteur narratif totalement décomplexé, même si cette obsessions tourne en rond. 

 

Carrington - « You have watery cum, anyway. And ass acne » 

 

Et puisque la série adore les décisions douteuses, ces épisodes réveillent une intrigue que la saison avait déjà du mal à soutenir : la liaison avec Chase. Le dialogue sexuel entre eux se veut sans filtre, mais il tombe à plat. L’idée est de montrer deux personnes en pleine fuite en avant ; le résultat ressemble surtout à une distraction qui cannibalise l’espace narratif. La fin de saison tente de remettre de l’ordre dans la hiérarchie du cabinet… pour mieux le désintégrer. Dina aurait pu rejoindre officiellement les partenaires, mais préfère rester dans un rôle d’ombre, un choix cohérent avec son parcours récent et la façon dont elle gère son deuil. Dina apparaît toujours comme la figure la plus stable du groupe, et pourtant c’est précisément elle qui se fait prendre dans le piège de Carrington.

Le vote pour intégrer Carrington comme associée tourne évidemment au désastre. Deux voix contre, deux voix indéterminées, chacun soupçonne l’autre, tout le monde se crispe. Ce chaos final traduit parfaitement ce que la série raconte depuis le début : ces femmes sont puissantes, brillantes… mais incapables de cohabiter sans rivalités internes. Dina incarne l’exemple le plus parlant. Face à Carrington, elle tente de faire preuve de lucidité, mais leurs échanges dégénèrent rapidement. Ce moment donne à Dina un relief émotionnel que la série lui avait rarement accordé, surtout lorsqu’elle avoue n’avoir jamais ressenti de l’amour pour Carrington, seulement de la pitié. 

 

Un aveu brutal, qui sert d’allumette finale à la folie vengeresse déjà bien installée. Les affaires sentimentales ne sont jamais simples dans All’s Fair, mais l’arc de Liberty atteint ici une forme de chaos maîtrisé – volontaire ou non. Son mariage tourne court après la découverte des dettes de Reggie. L’argument financier n’est pas le problème : c’est le mensonge qui la brise. Ce détail la renvoie à toutes les affaires conjugales qu’elle défend au tribunal, et lui donne une cohérence émotionnelle que Liberty n’avait pas toujours affichée cette saison. Le plus ironique dans tout cela ? Carrington s’infiltre dans cette crise comme une conseillère attentive, alors qu’elle manipule Liberty depuis le début. 

Encore une fois, All’s Fair montre comment les liens affectifs deviennent des armes, surtout quand Carrington décide de détourner les insécurités des autres pour renforcer sa liste de vengeance. La scène finale résume parfaitement ce que cette série provoque épisode après épisode : un mélange d’ambiguïté, d’accusations tordues et d’alliances temporaires. Dina se fait arrêter pour un meurtre lié à l’agression de Emerald, un retournement qui met un terme brutal à toute tentative de cohésion. Le cabinet perd sa figure la plus sensée au moment où il en avait le plus besoin. Carrington, évidemment, jubile en silence. Une simple croix dans un carnet, et le message est clair : ce n’est qu’un début.

 

Pour une série qui a passé la saison à s’auto-saboter, terminer sur cet effondrement parait presque logique. Ces deux épisodes clôturent une saison inégale, pleine d’expérimentations narratives et d’excès assumés. Le résultat est bancal, parfois déroutant, parfois amusant malgré lui. Carrington sort gagnante de ce chaos simplement parce que la série la laisse incendier tout ce qu’elle touche. Dina, elle, hérite d’un cliffhanger qui promet une saison 2 encore plus désordonnée. Ce final n’a pas transformé All’s Fair. Il l’a simplement révélée pour ce qu’elle est devenue : un cabinet d’avocates secoué par ses propres contradictions, où chaque victoire laisse un goût amer.

 

Note : 5.5/10. En bref, ces deux épisodes clôturent une saison inégale, pleine d’expérimentations narratives et d’excès assumés. Le résultat est bancal, parfois déroutant, parfois amusant malgré lui. Carrington sort gagnante de ce chaos simplement parce que la série la laisse incendier tout ce qu’elle touche. 

Disponible sur Disney+

Hulu a renouvelé All’s Fair pour une saison 2. 

 

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