Critique Ciné : Osiris (2025, direct to DVD)

Critique Ciné : Osiris (2025, direct to DVD)

Osiris // De William Kaufman. Avec Max Martini, Brianna Hildebrand et Linda Hamilton.

 

Cela faisait un moment que je n’avais pas vu un Direct to DVD de William Kaufman. Je dirais que c’est depuis Jarhead 3: Le Siège (2016) et The Marine 4: Moving Target (2015). Pour mon plus grand plaisir, le réalisateur n’a pas évolué. Osiris est tout aussi laid que mes souvenirs de ces deux Direct to DVD d’une autre époque mais ici avec un budget. Ce qui est assez étonnant pour un film destiné aux bacs à DVD des magasins Noz dans quelques temps. Osiris part d’une promesse assez simple et plutôt attirante pour les amateurs de science-fiction musclée : un commando des forces spéciales se retrouve brutalement enlevé par une entité extraterrestre et doit survivre dans un environnement inconnu, sombre et hostile. 

 

Une équipe de commandos des forces spéciales est en pleine opération lorsqu'elle est enlevée par un mystérieux vaisseau spatial. Lorsqu'ils se réveillent à bord, ils découvrent rapidement qu'ils sont poursuivis par une race extraterrestre sans pitié.

 

Le genre est balisé, presque rassurant. Des soldats, des couloirs métalliques, une menace invisible, et l’idée d’une chasse à l’homme à l’échelle cosmique. Le film de William Kaufman assume clairement ses influences, parfois jusqu’à l’excès, et tente de remettre au goût du jour une recette héritée des années 80. Dès l’ouverture, Osiris plonge dans l’action. Une mission militaire classique, des échanges de tirs, des visages fermés. Puis, sans réelle transition, l’irruption d’un vaisseau alien vient tout interrompre. Le commando est capturé et se réveille dans un lieu clos, industriel, plongé dans une pénombre quasi permanente. À partir de là, le film se transforme en huis clos spatial, où chaque couloir peut cacher une menace.

 

Le scénario repose sur une structure très connue. Des soldats désorientés explorent un environnement hostile, tentent de comprendre les règles du jeu et cherchent une sortie. L’idée d’une sonde terrienne envoyée dans l’espace des décennies plus tôt apporte un léger vernis de science-fiction classique, mais cet élément reste surtout décoratif. Osiris préfère s’appuyer sur la mécanique de la survie immédiate plutôt que sur une réflexion plus large. Le problème, c’est que le film ne parvient jamais vraiment à dépasser ce cadre. L’exploration du vaisseau alien, pourtant centrale, tourne vite en rond. Les décors sont limités à des salles embrumées, des couloirs étroits et des zones mal éclairées. 

 

L’effet claustrophobe est recherché, mais il devient rapidement monotone. La mise en scène manque de variété et peine à créer une vraie tension sur la durée. Le groupe de soldats est présenté selon une logique très scolaire. Kelly, le chef, porte le poids du commandement et pense sans cesse à sa fille restée sur Terre. Rhodie est la voix de l’expérience et de la prudence. Nash est nerveux, toujours au bord de la rupture. Jax tente de relâcher la pression avec des chansons improbables. Ces traits sont posés rapidement, puis rarement développés. Max Martini incarne Kelly avec sérieux, mais le personnage reste enfermé dans des clichés déjà vus des dizaines de fois. 

 

Le script lui offre peu de nuances, et ses dialogues semblent sortis d’un manuel du héros militaire fatigué mais droit. Brianna Hildebrand, dans le rôle de Ravi, apporte un peu plus d’énergie et de fraîcheur, mais là encore, le film n’exploite jamais vraiment son potentiel. Son personnage existe surtout pour faire avancer l’intrigue et fournir des explications. Les autres membres de l’équipe passent presque au second plan. Ils sont là pour remplir l’écran, tirer sur des cibles et disparaître quand le récit l’exige. L’attachement émotionnel ne prend jamais, ce qui affaiblit fortement les enjeux. Un choix étonnant dans Osiris réside dans la place accordée aux dialogues explicatifs. 

 

Au lieu de renforcer la peur ou le mystère, le film multiplie les scènes où les personnages commentent la situation, expliquent ce qu’ils voient ou tentent de donner un sens à l’absurde. Cette exposition ralentit le rythme et casse l’élan que le concept aurait pu offrir. Les scènes d’action, pourtant nombreuses, manquent d’impact. Les fusillades se ressemblent, souvent filmées dans les mêmes espaces étroits, avec une chorégraphie assez confuse. La menace alien, censée être centrale, apparaît de manière trop sporadique et rarement de façon marquante. Le danger est plus théorique que ressenti. Un des points les plus intéressants du film reste l’utilisation d’effets pratiques pour représenter les créatures. 

 

Les aliens sont incarnés par des costumes physiques, ce qui leur donne une présence réelle à l’écran. Cette approche rappelle un certain cinéma de genre plus artisanal, et elle fonctionne plutôt bien sur le principe. Il y a quelque chose de tangible, presque nostalgique, dans cette manière de faire. Malheureusement, la réalisation ne met pas toujours ces créatures en valeur. Entre l’éclairage trop sombre et le montage haché, il est parfois difficile de distinguer clairement leurs mouvements ou leur design. Le potentiel visuel est là, mais il reste sous-exploité. La présence de Linda Hamilton dans Osiris a largement été mise en avant, et il vaut mieux tempérer les attentes. Son personnage, Anya, n’apparaît qu’après une bonne heure de film et reste cantonné à un rôle secondaire. 

 

Elle apporte une certaine autorité naturelle, une familiarité bienvenue pour les amateurs de science-fiction, mais son temps à l’écran est limité. Son rôle sert surtout à transmettre des informations et à relancer l’intrigue, sans réel arc narratif. Cela donne l’impression d’un passage obligé, presque symbolique, plus que d’une véritable contribution au récit. Le film aurait gagné à l’intégrer davantage, ou à assumer pleinement son absence. Osiris donne souvent l’impression de prendre son concept très au sérieux, sans pour autant lui insuffler une vraie intensité. La réalisation est propre, mais sans relief. La musique accompagne les scènes sans les transcender. 

 

Le montage est fonctionnel, mais rarement inspiré. Tout est à sa place, mais rien ne dépasse. Le film évoque des thèmes intéressants, comme l’adaptation humaine face à l’inconnu ou la logique de la chasse, mais il ne les creuse jamais. Les personnages ne changent pas vraiment, les révélations tombent sans grand impact, et la conclusion laisse un goût d’inachevé. Au final, Osiris ressemble à un film de science-fiction de série B qui assume ses limites, mais qui peine à transformer ses références en quelque chose de personnel. Il y a des idées, une envie de renouer avec un certain cinéma d’action spatial, et quelques éléments appréciables, notamment les effets pratiques. Mais l’ensemble manque de rythme, de tension et de personnages mémorables.

 

Note : 4.5/10. En bref, pour les fans de survival spatial à petit budget, le film peut se laisser regarder avec des attentes modestes. Pour les autres, Osiris risque de paraître trop générique et trop fade. Un voyage spatial qui aurait gagné à être plus audacieux, et surtout plus vivant.

Sorti le 17 décembre 2025 directement en DVD

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article