Critiques Séries : Watson. Saison 2. Episode 10 (mid-season finale)

Critiques Séries : Watson. Saison 2. Episode 10 (mid-season finale)

Watson // Saison 2. Episode 10. Never Been CRISPR’d.

MID-SEASON FINALE

 

L’épisode 10 de la saison 2 de Watson, intitulé « Never Been CRISPR’d », marque une pause avant plusieurs mois d’absence. En tant que final de mi-saison, l’attente était donc naturellement plus élevée. Pas nécessairement en termes de spectacle ou de choc permanent, mais au moins sur la sensation que la série avançait vers quelque chose de structurant. Or cet épisode donne surtout l’impression d’un chapitre interchangeable, comme s’il pouvait être placé presque n’importe où dans la saison sans que cela ne change grand-chose. Ce constat est d’autant plus frustrant que Watson a déjà prouvé par le passé qu’elle savait prendre des risques. 

 

La première saison n’hésitait pas à pousser ses personnages dans des situations extrêmes, parfois maladroites mais rarement tièdes. Même plus tôt dans cette saison 2, certaines intrigues jouaient avec une vraie tension dramatique. Ici, rien ne semble réellement décoller, malgré l’empilement de fils narratifs. L’intrigue médicale autour de la modification génétique et du biohacking sert de moteur principal à l’épisode. Sur le papier, le sujet est intéressant et ancré dans des débats contemporains bien réels. L’idée que des individus cherchent à réécrire leur propre corps soulève des questions éthiques pertinentes. Pourtant, dans cet épisode, la technologie CRISPR ressemble davantage à un prétexte qu’à un véritable enjeu narratif. 

Le cas est étrange, parfois presque absurde, et peine à susciter un véritable investissement émotionnel. La série se contente de résoudre le problème de manière méthodique, fidèle à l’approche clinique de Watson, mais sans donner à cette histoire un poids durable. Ce manque d’impact est accentué par la dispersion des intrigues secondaires. Plusieurs arcs sont relancés ou brièvement évoqués, sans qu’aucun ne bénéficie d’un véritable développement. La situation autour d’Ingrid, de son thérapeute et de Sasha continue de s’assombrir, avec des signaux inquiétants qui s’accumulent. Le problème n’est pas tant la direction prise que la façon dont elle est traitée : les scènes donnent l’impression de préparer quelque chose de plus conséquent, sans offrir la moindre satisfaction immédiate. 

 

Pour un final de mi-saison, l’effet reste trop timide. Du côté de Watson lui-même, l’épisode tente de faire avancer le triangle amoureux qui traîne depuis longtemps. La prise de conscience de ses sentiments arrive enfin, mais son timing et sa mise en scène manquent de force. Voir Mary déjà engagée ailleurs aurait pu constituer un moment charnière, mais l’impact est amoindri par la confusion sentimentale installée depuis des épisodes. La série semble hésiter entre regarder vers le passé et assumer une nouvelle dynamique, sans réellement trancher. Cette indécision rend difficile l’attachement à l’enjeu émotionnel proposé. Le retour de Sherlock Holmes aurait pu, à lui seul, justifier le statut d’épisode charnière. 

Pourtant, là encore, la série choisit la frustration plutôt que la clarté. Holmes apparaît affaibli, possiblement malade, puis disparaît à nouveau. L’idée est intrigante, mais son exécution laisse à distance. Le personnage n’est pas suffisamment présent dans la série pour que cette menace ait un réel poids émotionnel. À force de le faire surgir puis disparaître, Watson finit par transformer Holmes en élément perturbateur plus qu’en pilier dramatique. Ce qui ressort surtout de « Never Been CRISPR’d », c’est une impression de saison morcelée. L’épisode donne le sentiment que certains éléments ont été déplacés ou réorganisés sans logique évidente. Les transitions émotionnelles sont abruptes, certains personnages disparaissent pendant plusieurs épisodes avant de revenir comme si de rien n’était, et les enjeux peinent à s’inscrire dans une trajectoire cohérente.

 

Cela ne signifie pas que Watson soit devenue une mauvaise série. L’attachement aux personnages demeure, et certaines dynamiques continuent de fonctionner, notamment dans les échanges plus intimistes. Mais cet épisode 10 ne remplit pas le rôle qu’un final de mi-saison est censé jouer : créer un manque, provoquer une attente, donner envie de noter la date de retour. À l’issue de l’épisode, la curiosité existe encore, mais elle est tiède. Avec une pause annoncée particulièrement longue, Watson aurait gagné à resserrer son propos et à assumer des choix plus marqués. La série est capable de mieux que ce rendez-vous hésitant. Reste à voir, lors de la reprise, si ces fils épars finiront par converger vers quelque chose de plus affirmé — ou s’ils resteront le symbole d’une saison qui avance sans véritable boussole.

 

Note : 4.5/10. En bref, un final de mi-saison qui manque de relief.

Prochainement en France

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article