8 Décembre 2025
Zootopie 2 // De Byron Howard et Jared Bush. Avec la voix de Marie-Eugénie Maréchal, Ginnifer Goodwin, Alexis Victor.
Neuf ans après un premier opus qui avait surpris par son humour, son rythme et son regard malin sur les préjugés, Zootopie 2 débarque enfin sur grand écran. J’avoue avoir craint que Disney loupe le coche, surtout après quelques productions récentes un peu tièdes. Mais cette suite parvient à retrouver une partie de ce qui faisait le charme de l’original, tout en élargissant l’univers animalier avec de nouvelles zones, de nouveaux personnages et un mystère qui donne envie de suivre Judy et Nick jusqu’au bout de leur investigation. Dès les premières minutes, le film plonge dans l’action. Judy Hopps et Nick Wilde sont désormais partenaires officiels au sein de la police, un duo toujours aussi déséquilibré mais terriblement efficace.
ZOOTOPIE 2 permettra de retrouver le savoureux duo de choc formé par les jeunes policiers Judy Hopps et Nick Wilde, qui, après avoir résolu la plus grande affaire criminelle de l'histoire de Zootopie, découvrent que leur collaboration n'est pas aussi solide qu'ils le pensaient lorsque le chef Bogo leur ordonne de participer à un programme de thérapie réservé aux coéquipiers en crise. Leur partenariat sera même soumis à rude épreuve lorsqu'ils devront éclaircir - sous couverture et dans des quartiers inconnus de la ville - un nouveau mystère et s’engager sur la piste sinueuse d'un serpent venimeux fraîchement arrivé dans la cité animale…
D’un côté, une lapine méthodique, enthousiaste et inflexible lorsqu’il s’agit de justice. De l’autre, un renard roublard, plus prudent – pour ne pas dire peureux –, mais doté d’un sens de l’improvisation qui tourne souvent la situation à leur avantage… ou les plonge dans un chaos monumental. Leur alchimie reste la plus grande force du film, son moteur narratif comme son ressort comique principal. L’enquête démarre après une poursuite complètement déjantée contre un van de traiteur décoré d’un jeu de mots culinaire (la marque de fabrique de Zootopie). Comme toujours, Judy fonce, Nick hésite, et les deux finissent par faire exploser les nerfs de leur chef, Bogo, qui menace de séparer le duo s’ils dérapent une nouvelle fois.
Évidemment, la menace a à peine le temps d’être formulée que les ennuis se multiplient. Et c’est précisément là que Zootopie 2 commence à dévoiler ses nouveaux enjeux. L’un des aspects les plus intéressants du film, pour moi, est l’ouverture vers des espèces jusqu’ici absentes de la ville : reptiles, amphibiens, animaux marins. La cité, présentée comme un modèle d’harmonie, n’est en réalité construite que pour les mammifères terrestres. Ce détail, glissé dans le premier film sans être vraiment abordé, devient ici un point central de l’intrigue. L’arrivée de Gary, une vipère au regard doux et à la voix étonnamment sympathique, vient bouleverser les certitudes de Judy.
Comment un serpent, censé être exclu depuis plus d’un siècle, a-t-il pu entrer dans Zootopie ? Et pourquoi personne ne parle de cette partie de l’histoire ? L’enquête s’oriente alors vers des mensonges enfouis dans les fondations de la ville, un héritage caché par une grande famille de lynx, dont un membre particulièrement maladroit et attachant apporte une touche de fraîcheur au récit. Cette exploration du passé de Zootopie permet aussi un détour par des lieux inattendus : un désert incandescent, un secteur alpin, mais surtout un bayou aux airs de Louisiane, où vit une communauté de reptiles rejetés. Ajoutez à cela un marché clandestin plein de références visuelles et un bar enfumé où les musiciens amphibies improvisent des blues moites, et le film offre un véritable festival d’ambiances.
Les animateurs se sont visiblement amusés, et l’écran déborde de détails à scruter. Le premier film avait trouvé un équilibre assez rare entre humour, satire et tendresse. Zootopie 2 reprend cette recette, mais en accentuant le côté potache et référentiel. Sur certains passages, j’ai eu l’impression que Disney cherchait à remplir chaque scène d’un gag ou d’un clin d’œil, comme si la quantité devait remplacer la finesse. Les jeux de mots animaliers fusent. Certains fonctionnent à merveille, notamment le retour très attendu d’un certain paresseux administratif, dont la scène, trop brève à mon goût, aurait mérité plus de temps. D’autres gags, en revanche, tirent un peu sur la corde.
Un passage avec des mammifères marins répétant en boucle la même phrase finit par perdre en efficacité simplement parce qu’il dure trop longtemps. Les références cinéphiles ajoutent une vraie valeur, surtout lorsque le film ose des hommages inattendus, comme celui – hilarant – à The Shining. Les spectateurs attentifs repéreront aussi un clin d’œil savoureux à Ratatouille et plusieurs traits d’humour auto-parodiques visant Disney lui-même. Au-delà de l’enquête, Zootopie 2 développe davantage la relation Judy/Nick. Le duo traverse des frictions assez crédibles, liées autant à leurs tempéraments opposés qu’à des non-dits émotionnels.
Certaines scènes de thérapie de couple professionnel – oui, c’est littéralement ça – donnent lieu à des échanges assez drôles, mais aussi à un portrait touchant de leur difficulté à se comprendre sans se blesser. Le film adopte parfois une tonalité plus douce et introspective que le premier, notamment dans le dernier tiers, où l’aventure laisse de l’espace à des moments plus posés. Cette orientation fonctionne, même si elle ralentit un peu le rythme. J’aurais aimé que le scénario creuse davantage certains personnages secondaires plutôt que de laisser quelques sous-intrigues s’égarer. Graphiquement, Zootopie 2 impressionne. Les textures, les mouvements, les couleurs : chaque biome offre un terrain de jeu visuel qui donne envie de revoir le film pour en saisir toutes les trouvailles.
La bande-son, signée Michael Giacchino, accompagne parfaitement cette énergie. Et la nouvelle chanson de Gazelle apporte une note pop que Disney maîtrise depuis longtemps. Malgré des facilités scénaristiques et des choix humoristiques parfois trop insistants, cette suite garde une âme sincère. Elle rappelle l’importance de la tolérance, sans lourdeur, en montrant comment la peur de l’autre peut façonner une société entière. Le message n’est pas nouveau chez Disney, mais il garde ici une résonance plaisante. Zootopie 2 n’a peut-être pas la même fraîcheur que le premier film, mais il propose une aventure riche, vivante et attachante.
L’univers grandit, les enjeux aussi, et même si tout n’est pas parfaitement équilibré, le plaisir de retrouver Judy et Nick reste intact. Une suite généreuse, imparfaite mais sincèrement divertissante, parfaite pour un moment en famille… ou simplement pour retourner dans une ville qui regorge toujours de surprises.
Note : 7/10. En bref, un retour animé qui mise sur l’aventure, l’émotion et une enquête plus ambitieuse. Zootopie 2 n’a peut-être pas la même fraîcheur que le premier film, mais il propose une aventure riche, vivante et attachante.
Sorti le 26 novembre 2025 au cinéma
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